lundi 21 novembre 2011

Dijon - Bordeaux

Dijon - Bordeaux au foot, ça donne 2-0. C'est ballot ça, pfff.
Dijon - Bordeaux chez nous, la veille, c'était match nul... enfin nul... façon de parler ! Ex aequo on va dire. Deux vins excellentissimes. Pourquoi a-t-on toujours tendance à comparer Bordeaux et la Bourgogne, alors que les types de vins sont tellement différents? Complémentaires même. En tout cas moi j'aime les deux. Et quand je goûte deux grands vins comme ça, je me dis: "Ca, c'est la France. Et c'est bon, c'est drôlement bon". A ce moment là, je me sens envahie d'une immense fierté. Chauvine moi? Oh nooooooonnnnnn !!!
Alors ces vins: Côté Bourgogne, un Chambertin Clos de Bèze Grand Cru 2001 du Domaine Armand Rousseau (excusez du peu...). Nous sommes en Côtes de Nuits, à la pointe septentrionale de la Côte D'or, paradis du Pinot Noir. Plus précisément autour de Gevrey Chambertin. Là, différents grands crus de renom se côtoient, parmi lesquels le Clos de Bèze. Le Domaine Armand Rousseau, aujourd'hui géré par Eric Rousseau (il a une super bouille, et en plus il paraît qu'il est vachement sympa !) possède sur ce Clos 1 ha 42 (le domaine fait 14 ha 10 au total). Son vin est fin, très fin, avec en même temps une matière bien présente, et une très belle longueur en bouche. La richesse du velours avec la pureté du cristal. Un grand Bourgogne, racé, très chic. J'aime, j'aime, j'aime.
Pour Bordeaux, Château Troplong Mondot, Saint Emilion Grand Cru 1989. Saint-Emilion donc, paradis du Merlot cette fois. 90% de merlot pour ce Troplong Mondot, un peu de cabernets franc et sauvignon pour compléter l'assemblage (une des grandes différences entre Bordeaux et la Bourgogne: les bourgognes sont des monocépages, alors qu'à Bordeaux on joue presque toujours sur l'assemblage de plusieurs cépages). Tout près du village historique, une côte mythique: la côte Pavie. Troplong Mondot se trouve tout en haut de cette côte, en un seul bloc. C'est marrant, parce que j'ai toujours trouvé ce vin très viril. D'ailleurs, je l'ai souvent pris pour un Médoc. Et si je trouve cela amusant, c'est parce que non seulement nous sommes à Saint-Emilion (le merlot donne des vins supposés plus féminins pour faire un raccourci un peu rapide, je vous l'accorde), mais en plus c'est une femme qui a fait ce vin, et qui a longtemps incarné l'image de la propriété: Christine Pariente (aujourd'hui elle et son mari Xavier Pariente dirigent tous deux le domaine). Et ce Troplong Mondot 89, avec son côté solide, ancré, charnu, ses petits arômes de sous bois, son bouquet de fruits rouges, sa longueur incroyable, je trouve ça juste sublime. Donc j'aime, j'aime, j'aime... aussi!
Résultat des courses: 1 partout (et 2 bouteilles pliées... hips). Ou 100 partout. Ex aequo. Vive la Bourgogne, vive Bordeaux... Ben vive la France quoi!

vendredi 7 octobre 2011

Je veux du Meursault... de Roulot !

Mardi 27 septembre (piou, déjà !), 17h30, je monte dans ma voiture. Une demi-heure de trajet, j'allume la radio. France Inter, Le Grand Entretien. La chaleur de cette journée de septembre (pourtant) m'a fatiguée, j'écoute d'une oreille (très) peu attentive. Blablabla bio. Ah tiens, ça parle d'agriculture, je me concentre un peu plus. Blablabla terroir. Je parie toute seule (j'aime bien) que c'est un vigneron. Gagné, chouette, j'ai bien fait d'allumer la radio. Bourgogne, j'en étais sûre. Là je me concentre vraiment, j'écoute, que dis-je je bois les paroles du vigneron. Mais phénomène étrange, plus je bois (ses paroles), plus j'ai soif, allez comprendre... L'homme raconte, avec beaucoup de modestie, d'humilité, de simplicité, son histoire, son point de vue, son approche du bio, de la dégustation. Et puis sa vie d'acteur aussi. Car, chose rare, il est à la fois vigneron et acteur (dans cet ordre, précise-t-il). Je suis en fait en compagnie de Jean-Marc Roulot, grand vigneron de Meursault, également à l'affiche dans le dernier film de Jonathan Nossiter Rio Sex Comedy donc. J'adore l'écouter, parce qu'il parle lentement, posément, timidement j'ai envie de dire. J'adore ces gens qui restent simples et accessibles, ces gens qui, malgré le succès, continuent à douter. L'émission se termine, j'arrive à destination avec à ce moment là une seule idée en tête: boire du Meursault... de Roulot!
"Impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront", René Char. Deux jours et 3 heures après avoir quitté Jean-Marc Roulot sur France Inter, je vais dîner au Bonheur du Palais. Le risque n'était pas énorme, ça je vous l'accorde. Au Bonheur du Palais est ZE super resto chinois de Bordeaux, avec des plats exquis, mais aussi une carte des vins phénoménale (sans doute une des plus belles de Bordeaux). Le bonheur est donc bien là. La chance? Oui, la chance de voir écrit Meursault Les Meix Chavaux 2008 Domaine Roulot (cette carte des vins est géniale, je vous le dis). Ouf, on y est ! Après avoir eu à me battre pour imposer mon choix (ma chance?), (Roulot versus Coche-Dury. J'adore Coche Dury, mais là, à peine idée fixe, je voulais du Domaine Roulot, un point c'est tout), je regarde, limite tremblante, la bouteille arriver. Yaouh !
Une jolie couleur d'un jaune lumineux. Un nez d'une pureté de fruit incroyable, une petite touche minérale comme j'aime, un boisé fondu hyper discret, une bouche ciselée, fine, et pleine de fraîcheur. Un vin qui prend peu à peu de l'ampleur en bouche, mais dont la précision le rend très droit. Beaucoup de finesse. Que du bonheur, que du bonheur. Merci Jean-Marc Roulot, merci merci merci !

L'homme: Jean-Marc Roulot, du Domaine Roulot
Le vin: Meursault les Meix Chavaux Domaine Roulot 2008
L'émission: Le Grand Entretien, de François Busnel, à écouter ou réécouter ici.

mercredi 7 septembre 2011

Ce soir, mon coeur est à Calon

" Je fais du vin à Lafite et Latour, mais mon coeur est à Calon."
Il y a dans le Médoc de superbes propriétés. Elles appartiennent de plus en plus à de grands groupes. L'âme du vin demeure, grâce au gérant, au directeur de la propriété. Mais le charme de la propriété familiale, avec sa dimension humaine, disparaît un peu. Pourtant selon Denis Dubourdieu, "un terroir c'est un terrain avec un bonhomme dessus". Parfois même, c'est une bonne femme.
Jeudi dernier, le vignoble de Saint-Estephe était frappé par la grêle. Deux jours plus tard, Madame Gasqueton, propriétaire de Calon-Ségur, s'éteignait.
Calon-Ségur, c'est une magnifique propriété de Saint-Estèphe, un clos de 55 hectares de graves entourés d'un mur, à la bourguignonne. Un charme fou.
Calon-Ségur, c'est cette étiquette avec un coeur dans lequel est inscrit le nom du château (tellement romantique!). Ce coeur, parce que l'un des propriétaires du château, au milieu du XVIIIe siècle, le marquis de Ségur, également propriétaire de Lafite et Latour avait déclaré " je fais du vin à Lafite et Latour, mais mon coeur est à Calon". Pour la petite histoire, la propriété appartenait en réalité à son épouse... Le coeur sera repris sur l'étiquette en 1894, année du rachat de la propriété par la famille Capbern-Gasqueton.
Calon-Ségur pour moi, c'est un superbe Calon-Ségur 82, dégusté un peu par hasard lors d'une soirée improvisée, mais particulière. Un 82 plein d'épices, fin, subtil, soyeux, bon, drôlement bon.
Calon-Ségur c'est Saint-Estèphe, c'est une belle croupe de graves, c'est une forte proportion de cabernet sauvignon, c'est le médoc, le classique, le vrai, celui que j'aime.
Et puis sur ce terroir, il y avait à Calon-Ségur non pas un bonhomme, mais une bonne femme, depuis 95, année de décès de son mari. Denise Gasqueton. En entendant ce nom (oui oui dans ma tête), je souris. Parce que Denise Gasqueton, quand j'en entendais parler, c'était toujours pour de savoureuses anecdotes. Une sacrée bonne femme comme on dit. Une sacrée bonne femme qui a fait beaucoup pour la propriété. Une sacrée bonne femme qui n'avait pas oublié d'avoir le sens du commerce non plus (et pour faire vivre une propriété, c'est important!). Une sacrée bonne femme que j'aurais aimé entendre raconter le Médoc. Désormais, c'est le Médoc qui la racontera.
Ce soir je suis triste pour Calon. Je suis triste pour le Médoc. Et j'ai envie de boire un verre de Calon. En espérant très fort que le "terrain" de Calon trouvera un chouette "bonhomme"...

mercredi 31 août 2011

Tu seras mon fils... mouais c'est ça ouais!

Hop-là, hop-là, un mois de vacances, ça ne se fait pas? Et ben si, je l'ai fait. Avec une bonne déconnexion en prime, vous ne m'en voudrez pas?
Alors voilà, les vacances sont terminées, on s'est bien reposés, ressourcés, on est complètement reboostés, youpi c'est la rentrée! Ah tiens, et si on allait au ciné...
Tu seras mon fils... Tu seras mon fils, un film de Gilles Legrand, sorti il y a tout juste une semaine. Deux acteurs principaux, Niels Arestrup et Lorànt Deutsch. Un sujet: la transmission d'une propriété viticole d'un père à son fils. Ca se passe à Saint-Emilion, à Clos Fourtet précisément. On se dit joli décor, forcément (superbe vignoble, propriété absolument charmante), un film sur le vin (tout de même!), mais un sujet qu'instinctivement, entre nous, je sentais un peu bateau. Mais voilà, sans les avoir lues dans le détail, les critiques sont très bonnes. Alors pourquoi pas? Et puis zut, ça se passe quand même dans le vignoble bordelais, si ça se trouve c'est super chouette pour Bordeaux! (euh... oui mais non)
Je suis donc allée voir ce film, à reculons certes, mais vous le savez quand on va voir un film à reculons, il arrive souvent que l'on soit agréablement surpris. Et bien, comment dire... Oui mais non! Aucune agréable surprise donc, bien au contraire. De jolis paysages (à Saint-Emilion, ça aurait quand même été un comble de ne pas avoir de belles images), un jeu d'acteurs plutôt correct (je ne suis pas non plus complètement emballée, mais j'ai tendance à me dire que ce n'est pas tellement de leur faute...), et donc, ceci expliquant cela, un scénario... calamiteux. Franchement nul, sans intérêt, exagéré, hyper exagéré même, lourd. Très lourd. Pesant même. Pénible. Au fur et à mesure que le film avance, on s'ennuie terriblement, et on se demande comment il va pouvoir s'en sortir avec une fin correcte. Ben... il ne s'en sort pas en fait. C'est nul jusqu'au bout.
Et le vin dans tout ça? Un milieu bordelais présenté comme arriéré, une caricature d'il y a cinquante ans peut être. Ca mettra bien de l'eau dans le moulin des détracteurs de la région. Dommage pour tous ces jeunes bordelais qui se donnent bien du mal pour montrer que Bordeaux, c'est fun aussi, et qu'il faut un peu arrêter les idées reçues. Certaines pratiques débilissimes (comme ça on pourra bien imaginer qu'on peut mettre n'importe quoi dans le vin, au cas où ce n'était pas déjà assez confus dans la tête des gens). Et enfin, le pompon, une approche de la dégustation qui est tout ce que je déteste. Moi qui cherche (tant bien que mal) à décomplexer le vin, à le rendre plus accessible, à le rapprocher de l'homme aussi, on comprend à travers ce film que la dégustation est un art réservé aux initiés, aux professionnels, qu'il faut avoir un bon nez et beaucoup d'entraînement pour apprécier le vin. On décrypte les arômes (et c'est tout d'ailleurs) un peu à la façon des gouttes de Dieu. Sauf que les gouttes de Dieu, ça donne soif. Là non. Pas du tout.
Enfin si, en sortant on a quand même envie de boire un petit verre pour noyer tout ça. Hop, un bon petit rosé de Provence, piou ça fait du bien.
Tu seras mon fils n'est pas un film sur la transmission père-fils. C'est un "téléfilm" sur fond de haine dans un cadre doré. Et c'est moche.
Surtout ne gardez pas cette image du vin. Il y en a tellement de plus belles à côté. Et moi j'ai encore plein d'histoires à vous raconter. Ca tombe bien, c'est la rentrée!

jeudi 21 juillet 2011

En rébellion... Vite, direction la Part des Anges!

En rébellion. Oui, en rébellion. En rébellion contre les commerçants qui ne devraient pas en être. Ceux qui feraient mieux de rester dans leur bureau (voire placard...) plutôt que de déballer leurs théories sur les touristes, ou leurs pseudo-analyses des gens, à la limite du fascisme. En rébellion contre les cons, donc, on peut le dire.
Oh, comme j'étais en colère en sortant de ce beau magasin d'ameublement de Pont-Aven. "L'idée d'un éclectisme culturel", lit-on, sur le site du magasin. Eclectisme culturel, oui peut-être, mais pas ouvert à tous... En voilà une drôle d'idée...
Pont-Aven, c'est cette jolie bourgade du finistère sud, où Gauguin, tombé sous le charme de la ville, fonda l'école de Pont-Aven. Mouvement dans lequel il entraîna de nombreux impressionnistes, à l'exception de Van Gogh, mais ça, c'est une autre histoire... Alors depuis, Pont-Aven, c'est la ville des galeries de peinture. On trouve autant de galeries que de vendeurs de babouches dans le souk de Marrakech, c'est vous dire. Bon, c'est aussi la ville des galettes: les Traou Mad, ou galettes... de Pont-Aven, un délice! Bref, Pont-Aven est devenu un peu une ville musée, et comme beaucoup de villes musées on a tendance à y aller les jours de mauvais temps (ça arrive, parfois, même en Bretagne... :) ). Alors forcément, les jours de mauvais temps, à Pont-Aven, il y a foule!
Hormis ces nombreuses galeries, et la biscuiterie Traou Mad, il y a à Pont Aven un beau magasin d'ameublement. Enfin il y avait. Bon non, il y a toujours, mais maintenant, c'est décidé, je n'y mettrai plus les pieds. Parce qu'entendre le discours du propriétaire des lieux ( qui fait aujourd'hui surtout office de vigile, posté à l'entrée, dévisageant chaque nouvel arrivant en se demandant si oui ou non le tiroir caisse est susceptible de faire gling) décrire son analyse des gens autour, pour expliquer pourquoi seul le bas du magasin est désormais ouvert aux visites, et que pour le reste il faut montrer patte blanche. Et de nous expliquer que depuis qu'il applique sa "méthode" son chiffre d'affaires n'a pas baissé. Et de faire ses commentaires sur les gens avec des sacs à dos, les femmes qui entre elles n'achètent jamais rien, qui oublient de mettre leur parapluie dans le porte parapluie etc. Quand je pense que j'ai vu ce magasin évoluer, grandir, à mesure que moi aussi je grandissais. Petite, j'y achetais de petits objets, quand ce n'était encore qu'un tout petit magasin qui vendait des cadeaux (des gommes, des bibelots, des savons, etc). Plus grande, j'y achetais des meubles (rien que ça) bien que, de toute évidence, je n'aie pas la tête de la cliente type. Ah, comme ce genre d'attitude me désole... Ne jamais oublier d'où l'on vient...
... Mais savoir aussi où l'on va! Alors, forts de cette dernière résolution, nous, petits "touristes" en Jean baskets, nous en sommes allés silencieusement. L'un pensif, limite amusé par la bêtise humaine. L'autre excédée. Mais silencieusement quand même. Direction cette petite cave toute mignonne qui se trouve un peu plus loin, et que nous avions repérée à Noël déjà, La Part des Anges. Charles, avec son accent british comme on aime, nous avait accueillis la bouille en large. Sophie n'était pas là. Cette fois, si, et nous avons pu avoir la confirmation de ce que Charles nous avait dit de l'ancienne journaliste, regrettant son absence le jour de notre première visite : une caviste vivante et passionnée, enthousiaste, amoureuse du vin, respectueuse des hommes. Une femme pleine de charme en plus. Un couple super. Ouf! On en oublie les vieux schnocks. Que la vie peut paraitre plus belle avec des gens comme ça!
Une bien jolie sélection dans cette cave où il fait bon vivre. Des vins racontés avec énergie et passion (tout donne envie!), patience aussi, dans une boutique chaleureuse à l'ambiance cosy (sans doute ces jolies étagères en bois), un accueil tip top. De vrais commerçants, qui aiment les gens, qui s'intéressent aux autres, qui aiment leur métier aussi. Ca fait vraiment plaisir.
En rébellion, c'était le nom d'un vin, un 100% pinot noir fait dans le Languedoc par Bernard Alias. D'après Sophie c'est très chouette, c'était tentant comme ça, mais on aime tellement le pinot noir en Bourgogne... Bon, on goûtera le prochaine, fois, car le nom m'a beaucoup plu, vous l'aurez peut être remarqué! :) En attendant, on a craqué sur d'autres bouteilles. De toute façon, on y retournera, c'est certain.
A la Part des Anges, on voyage de bouteilles en bouteilles, en contemplant la sélection, en discutant avec Charles ou Sophie. De temps en temps, quelques inscriptions sur les bouteilles, quelques mots, qui parlent. On y resterait des heures dans cette cave. Ca tombe bien... il pleut! Yec'hed mat!
La part des Anges, 10 rue des Abbés Tanguy, 29 930 Pont Aven.

vendredi 1 juillet 2011

Les Chamois du Paradis. Sans chamois, mais au paradis.

Vous êtes dans le fin fond de la campagne, dans un endroit paumé, à l'abri du monde, assez loin de la civilisation, on peut le dire.
Il est 20 heures passées, et il fait encore 30°C à l'ombre. Vous fondez derrière les derniers rayons de soleil. Brûlants.
Vous contemplez ce vieux chêne pluricentenaire que vous aimez tant, et le magnifique paysage qui s'ouvre à vos yeux. Nature, sauvage, vrai, authentique. Vert. Un peu jaune à certains endroits. Un paysage du mois d'août, mais nous sommes en juin (ne soyez pas étonnés, j'écris toujours en décalage).
Vous entendez les oiseaux (j'aime), parfois les guêpes ou les mouches (j'aime pas), et puis encore les oiseaux, et même les grillons (j'adore). Et si vous tendez bien l'oreille, vous entendez (à peine) le doux murmure d'un souffle d'air discret dans les arbres. Oh, zut, un avion qui passe, à croire qu'on n'est pas seuls au monde finalement.
Vous grignotez du melon, du jambon (espagnol!), du chorizo. Et puis un vieux Comté aussi.
Parce que vous savourez un Côtes du Jura, Les Chamois du Paradis, de Jean-François Ganevat, 2004. De délicates notes de citron, de tilleul, de noisettes. Une toute fine touche de curry, quand même, mais très très fine, sans masquer le reste. Une bouche très fraîche, citronnée, pure, droite. Une belle minéralité, au nez comme en bouche. Une très belle structure, élancée, ciselée. Un délice.
Vous pensez à votre ami Christian, si attentionné, qui vous a offert cette bouteille. Merci Christian. "Les Chamois du Paradis", et si c'était un peu ça, le paradis?
Vous savez que demain, il fera encore plus chaud, et que ça risque même d'être intenable.
Mais là, comme ça, tout de suite maintenant, vous souriez, et vous vous dites que la vie est belle.
Santé!
Le Domaine Ganevat, dont j'ai déjà eu l'occasion de parler ici, se situe à Rotalier, dans le Jura. Jean-François Ganevat s'y est installé en 1998, et y cultive ses 8,5 hectares en biodynamie. Les Chamois du Paradis est une cuvée produite en 2004, de Chardonnay sur un terroir de schistes et d'argiles, sur la commune de Grusse. Cette cuvée, vinifiée traditionnellement, a été élevée 5 ans en demi-muid, avec ouillages réguliers. Un joli texte sur ce domaine ici, et sur ce vin (par Christian himself). Et maintenant, à vous de goûter!

mercredi 1 juin 2011

Le Domaine Hauvette, c'est pas pour les mauviettes

Un petit pique nique entre filles, même quand il fait un peu gris, rien de tel pour s'aérer l'esprit. Ouf, le soleil revient... Mais, qu'est ce qu'on boit? On se demande bien... Ah, mais un Domaine Hauvette 2004 rouge pardi, parce que comme dirait quelqu'un (elle se reconnaîtra :) ) "Le Domaine Hauvette, c'est pas pour les mauviettes!". Et toc pouet!

Le Domaine Hauvette 2004, AOC Les Baux de Provence, ça c'est du vin (rouge!) comme j'aime (vraiment) bien. Parce que c'est frais, mais en même temps ça sent bon la garrigue, les épices, c'est droit, avec une trame assez serrée. C'est fin, c'est élégant, c'est bon, c'est même très bon. C'est bon comme du Trévallon par exemple, pour ceux qui connaissent. En tout cas moi, dans l'esprit, ça m'y fait penser.

Le Domaine Hauvette, c'est un vin élaboré par une femme: Dominique Hauvette. Elle crée son domaine en 1988 (décidément!), sur ces coteaux argilo-calcaires de la commune de Saint Rémy de Provence, dont elle est tombée sous le charme. Là, sur ces pentes adossées au nord du massif des Alpilles, les vignes, cultivées en biodynamie depuis 2003 (déjà en agriculture biologique auparavant), se gorgent de soleil. Grenache, syrah, cabernet sauvignon, cinsault, carignan, ou encore clairette, marsanne et roussane pour les blancs, autant de cépages qui cohabitent, sur les 15 hectares pierreux du domaine, attendant sagement, dans une plénitude ambiante, l'heure d'être ramassés. Tous les soins sont portés sur la vigne, alors qu'un interventionnisme minimum au chai permettra d'exprimer le mieux possible ce terroir sudiste. A noter que malgré cet interventionnsime minimum, on sent un doigté de précision dans le choix des vinifications, en particulier de l'extraction, pour obtenir cette matière très fine, qui donne au vin toute son élégance. Un très joli vin.

Le Domaine Hauvette rouge se compose de 50% de grenache, 30% de syrah, et 20% de cabernet sauvignon (ah, le cabernet sauvignon!), et est élevé en foudres bois durant 24 mois. La cuvée Améthyste, que je n'ai pas (encore) goûtée, est composée quant à elle d'une dominante de cinsault, complété de carignan et grenache, élevés dans des cuves béton ovoïdes (aïe mince, ça y est, j'ai soif à nouveau, c'est malin).

Bon, c'est franchement super bon, et je trouve que c'est un vin qui va bien avec cette saison. A goûter absolument donc. Alors santé, et pour les chanceux qui font le pont, bon week-end!

Domaine Hauvette 2004 rouge, Dominique Hauvette, Saint-Rémy de Provence