vendredi 5 juin 2009

Couper c'est tricher... Les français font de la résistance.

Fin Janvier 2009, les 27 états membres de l'Union Européenne , dont la France, se sont réunis pour adopter un projet de règlement autorisant le mélange de vin blanc et de vin rouge (ou "coupage"), pour l'élaboration de vin rosé. 
Cette méthode, qui était jusqu'alors strictement interdite en Europe, est largement pratiquée dans d'autres pays producteurs, comme l'Afrique du Sud ou l'Australie. C'est d'ailleurs sans aucun doute afin de rendre l'Europe plus compétitive face aux producteurs du Nouveau Monde, que ce projet a été émis. Il est important de préciser qu'en Europe, nous sommes soumis à des règles très strictes de production, alors qu'en dehors de l'Europe, les producteurs font pour ainsi dire ce qu'ils veulent.
Cependant, les producteurs de rosé français, en particulier de Provence (première région productrice française de rosé), se sont vivement opposés à ce projet de nouveau règlement. Pour eux, cette pratique est une "hérésie", elle équivaut à de la "contrefaçon", et mène à une "standardisation" du rosé, contraire à leur "typicité". 
Face à la protestation de la France, et suite au report de décision de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) concernant la concordance avec ses propres règles, la décision de Bruxelles a été repoussée au 19 Juin. Entre temps, réagissant aux inquiétudes des vignerons français, la Communauté Européenne a proposé la possibilité d'apposer deux nouvelles mentions sur les étiquettes: "rosé traditionnel" et "rosé de coupage".
Ce compromis ne semble toutefois pas satisfaire les vignerons français. Si vous aussi, vous êtes contre ce projet de règlement, vous pouvez signer la pétition "Couper n'est pas rosé".
Quant à savoir ce que j'en pense...
Pourquoi les vignerons français spécifiquement s'opposent à ce projet? Sans doute parce que la France est le premier producteur mondial de rosés, avec 5,9 millions d'hectolitres produits par an. Elle est talonnée par l'Italie et l'Espagne, qui produisent environ 4 millions d'hectolitres. Derrière arrivent les Etats-Unis. Les rosés de Provence, qui représentent 20% de la production nationale de rosés, constituent donc à eux seuls 9% de la production mondiale. C'est beaucoup. Pourtant, il est important de noter la faiblesse des échanges internationaux pour ce type de vin. A titre d'exemple, 90% des rosés de Provence sont vendus en France... Ainsi, le leader mondial qu'est la Provence n'exporte que 10% de ses vins. Et oui, la consommation de rosés est restée très locale. Elle connaît depuis quelques années une progression vertigineuse, puisqu'en 15 ans la part des rosés dans la consommation de vins est passée de 8 à 21%. La France, qui consomme environ 7 millions d'hectolitres par an est donc, malgré sa place de premier producteur mondial, importatrice de rosés.  
D'autre part, cette réglementation concerne uniquement les vins de table. Or, 75% des rosés de Provence bénéficient de l'AOC. 
Avez vous déjà essayé de couper un vin blanc avec un vin rouge? Essayez... Et comparez. Avec un bon rosé de Provence si possible. Personnellement, je sais ce que je préfère, sans aucune hésitation.
Oui, je crois à notre savoir-faire, et surtout à notre terroir. Peut-être que c'est de la naïveté. Dans ce cas je préfère rester naïve. La vie est plus belle comme ça. Je crois que les rosés de Provence n'ont rien à craindre des rosés de coupage. Je crois qu'au final, c'est toujours le consommateur qui décide, et je crois au goût des consommateurs. On le lit sans cesse, aujourd'hui on boit moins, mais mieux. 
Je crois aussi que c'est bien que l'Europe revoit ses règles. Nous français, sommes les premiers à critiquer ces normes strictes que nous sommes obligés de suivre, et qui nous pénalisent sur un marché mondial de plus en plus concurrentiel. Mais nous sommes également les premiers à avoir peur du moindre assouplissement, vu alors comme une menace. 
Oui nous vivons dans un monde concurrentiel, et nous devons parfois nous battre pour exister. Ca c'est la vie. Ca fait avancer. Et c'est bien mieux de pouvoir se battre à armes égales. Mais oui nous avons un énorme atout par rapport à d'autres: notre pays.  Du savoir-faire il en faut, certes. Il faut également savoir se remettre en question, c'est un fait. Mais la richesse de notre terroir, elle, ne peut être remise en question. A nous de nous accrocher à ça. En allant toujours plus haut.

1 commentaires:

Loufranssou a dit…

- Chuis pô d'accord !
- Ben, pourquoi ?
- PASSQUE !!!

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