vendredi 4 septembre 2009

Après la pluie le beau temps... Dans l'autre sens ça marche aussi.

Oups, il pleut, j'en connais qui vont être contents! Les vignes bordelaises ont soif, très très soif... Je sais, en bon français on dit toujours que la vigne doit souffrir pour donner le meilleur d'elle même. C'est vrai, mais il y a des limites. Un stress hydrique trop important peut également bloquer la maturité des raisins... La vigne est tout de même une plante, et elle a donc besoin d'eau. Pas évident de déterminer le juste équilibre, comme pour tout. Mais en France, c'est la nature qui décide (l'irrigation est interdite), c'est peut être mieux ainsi. Encore une fois les différences de terroir vont se révéler. Affaire à suivre...
Toujours est-il qu'il pleut, et dans notre petit foyer composé à 50% de bretons, quand il pleut, on dit que c'est un temps à manger des crêpes! Et qu'est ce qu'on boit avec les crêpes? Du cidre, évidemment ! (des bulles Emilie, des bulles!)

Le meilleur cidre que je connaisse, c'est le Sidre Brut, d'Eric Bordelet (et croyez moi, pourtant, j'aurais préféré que ce soit du cidre breton... N'est ce pas Emilie?). Cet ancien sommelier, qui a acquis une belle expérience auprès de grands noms de la restauration, comme L'Arpège (le grand Alain Passard, j'adore!), a repris le domaine familial en 1992, avec pour objectif de faire un cidre "haute couture". Situé sur la commune de Charchigné, aux confins de l'Orne et de la Mayenne, sur les coteaux du Massif Armoricain, terroir complexe composé de vieux schistes, le domaine compte 19 hectares de pommiers et poiriers (pour le poiré) multi-centenaires. Le Sidre Brut est composé d'une trentaine de variétés de pommes différentes, douces, amères, aigres... Quelques noms de variétés, comme ça, juste pour le plaisir: Kermerien (Ah, vous voyez qu'on retrouve la Bretagne!), Douce Moène, Fréquin Rouge, Damelot, Sang de boeuf, Petit Moussette, Saint Martin, Moulin à vent, Groseille, Tête de Brebis, Gros cul, Juliana... Il faut préciser que pour l'élaboration du cidre, la diversité de terroirs et de variétés crée la complexité, la finesse. Les pommes sont récoltées manuellement, en cagettes, de Septembre à Décembre selon la variété. Elles sont alors entreposées plusieurs jours, en vue d'une déshydratation du fruit, et donc une concentration naturelle. Puis les différentes variétés sont assemblées, légèrement broyées, et délicatement pressurées. Après débourbage, la fermentation se fait de manière traditionnelle, en cuves ou en fûts. Eric Bordelet, qui a choisi un mode de culture biologique pour l'exploitation de ses vergers, n'ajoute aucun sucre durant la fermentation (autrement dit pas de chaptalisation), pour un cidre 100% naturel.
Ce cidre aux bulles délicates est d'une très belle pureté aromatique, et d'une grande finesse. Je vous recommande également son Poiré, excellent, et toujours surprenant quand on ne connaît pas.
Avec 5,5% d'alcool, on pourrait presque en abuser. D'ailleurs, pour mon fidèle anonyme qui fait référence à un célèbre navigateur breton dans un autre post, petite citation de lui, juste comme ça: "Je suis étonné que la justice se contente d'un alcootest qui donne le nombre de grammes d'alcool dans le sang sans indiquer le cépage et le millésime. Que fait la police?" O. De Kersauson
En vente chez les cavistes, à environ 7€. (Les bordelais peuvent en trouver chez Badie par exemple).
Allez, bonnes crêpes!

3 commentaires:

Emilie a dit…

Si c'est un cidre normand, il est forcément excellent!!!

Bravo chère amie bretonne pour ton ouverture d'esprit!

Emilie a dit…

Et concernant les problèmes de sécheresse, j'aimerais rajouter qu'il n'y a pas de grand millésime sans stress hydrique. Alors 2009 sera surement grand...

Rouge Blanc Bulles a dit…

Mais "tant que le raisin n'est pas dans les cuves... c'est qu'il n'est pas ramassé!" (la phrase fétiche de mon meilleur vigneron médocain, souvenir souvenir! On aura bien ri, quand même...)

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