jeudi 24 septembre 2009

Une journée avec Sylvie Courselle, du Château Thieuley

Sylvie Courselle a repris avec sa soeur Marie la propriété familiale, le Château Thieuley, AOC Bordeaux Supérieur. Alors que Marie, 33 ans, gère la production depuis 2002, c'est Sylvie, 31 ans, qui en assure la commercialisation depuis 2005, avec une énergie débordante. Car Sylvie ne s'essouffle jamais, n'a peur de rien, ne recule pas devant l'imprévu. Sylvie se défonce, s'éclate, croque la vie à pleine dent!

Avec Sylvie, rien n'est jamais conformiste. Bien qu'elle assure la commercialisation du Château Thieuley, situé à La Sauve dans le vignoble de Bordeaux, et malgré son attachement extrême à la propriété familiale, Sylvie a choisi de faire sa vie au pied des falaises de l'Hortus, dans les Coteaux du Languedoc, où elle a rejoint son mari François Orliac. Sylvie et François se sont connus durant leurs études à l'Ecole d'ingénieur en Agriculture de Purpan. Cependant, de par son activité professionnelle, Sylvie partage ses journées entre l'Hortus, Thieuley, et les nombreux voyages qu'elle effectue pour vendre son vin... Les emplois du temps de Sylvie n'ont donc rien de routinier.
La journée de Sylvie commence en général de très bonne heure, comme l'a décidé sa petite fille de 20 mois. A croire que l'énergie se transmettrait chez les Courselle de mère en fille... Quand on connaît Marie-Joëlle Courselle, la maman de Sylvie, il n'y a plus de doute. Dès le matin, la pression monte. Sylvie a toujours un planning très chargé, le temps doit être optimisé au maximum. Ce souci d'organisation et de planification est sans doute lié à son passé de joueuse de tennis à haut niveau. Malgré des entraînements quotidiens intenses, Sylvie a poursuivi une scolarité normale, ce qui l'obligeait à être très organisée dans sa gestion du temps. C'est à 18 ans qu'elle a fait le choix d'arrêter le tennis, pour se consacrer à ses études. Elle a alors intégré son école d'ingénieur, puis complété sa formation par un diplôme d'oenologue obtenu à la faculté d'oenologie de Bordeaux.
Quand elle est à l'Hortus, Sylvie travaille depuis chez elle. L'organisation de ses voyages lui prend beaucoup de temps, puisqu'elle parcourt le monde entier pour vendre ses vins et promouvoir le Château Thieuley. Elle visite ainsi régulièrement ses clients, et prospecte de nouveaux marchés. Au total, Sylvie passe plus de deux mois par an à voyager. Le reste de son temps, elle répond à des "appels d'offre", autrement dit des demandes de vins émises par des négociants, elle s'occupe d'une bonne partie de l'administratif, prépare les opérations commerciales (comme les Journées Portes Ouvertes, un EVENEMENT à ne pas manquer à Thieuley!), organise le traitement des commandes, réalise les fiches techniques, les plaquettes commerciales, newsletters et autres, répond aux journalistes, organise des visites de la propriété ...
Elle rejoint en général François, pour un déjeuner en famille, autour d'une grande tablée, au Domaine de l'Hortus. Là elle peut discuter avec les frères et soeurs de François, travaillant tous sur la propriété familiale, de différentes techniques de production, différentes stratégies commerciales. Sylvie s'en inspire, ou s'y oppose. Car avec son caractère fort, sans aucun doute hérité de son père, Sylvie est parfois dans l'opposition... C'est aussi ça Sylvie! Malgré tout, Sylvie s'enrichit toujours de ce qu'elle apprend au contact des autres. Ses différentes expériences professionnelles atypiques pour une bordelaise pure souche témoigne d'une grande ouverture d'esprit: vinifications à Chalk Hill en Californie (Sonoma Valley), chez Chivite en Navarre, à La Gardine en Châteauneuf-du-Pape, puis oenologue conseil dans le Languedoc pendant deux ans. De là à dire que Sylvie n'est pas chauvine, il y a un pas... Partout en France et dans le monde, Sylvie est fervente défenseuse de Bordeaux ("Il n'est pas bon mon Thieuley?"), et à Bordeaux des Coteaux-du-Languedoc.
Sylvie délaisse parfois la table familiale pour se rendre à son cours de Pilates, car pour Sylvie, le sport est essentiel. Plus qu'un mode de vie, c'est une passion, qu'elle partage avec François. Tous deux aiment le sport: les sports extrêmes, les sports d'endurance et de montagne, le tennis bien sûr, et le rugby pour Sylvie en plus, en bonne purpanaise.
Lorsqu'elle est à Thieuley, les journées de Sylvie sont plus polyvalentes. Là, plus de rôle bien défini. Préparer les commandes, charger les camions, livrer les restaurants et caves, apporter des échantillons à droite à gauche, déguster différents lots en vue d'un assemblage, recevoir pour un déjeuner ou dîner arrosé au Thieuley. Bien entendu, tout cela décrit une journée hors vendange. Pendant les vendanges, Sylvie est au chai, remonte les vins, pige, entonne, soutire, déguste et redéguste... Il faut dire qu'à Thieuley, les dégustations peuvent être agitées.
Entre Francis, le père, et ses deux filles, les avis sont parfois divers. Pas évident, pour Sylvie et Marie, d'apporter leur touche personnelle, quand on marche derrière les traces d'un père qui a tout bâti lui-même, et construit une forte renommée autour de son vin. Pourtant, Sylvie et Marie ont fait le choix de reprendre la propriété, avec le désir de faire aussi bien que leur père. Dans un contexte difficile comme aujourd'hui, elles y arrivent remarquablement bien. Sylvie sait se battre.
Le soir, Sylvie reprend son rôle de maman pour s'occuper de sa petite fille. Souvent en déplacement, elle en profite un maximum quand elle est avec elle.
Les soirées chez Sylvie débutent obligatoirement par un bon apéritif, Thieuley ou Bergerie de l'Hortus, le choix est difficile. Sylvie et François se partagent les fourneaux, avec chacun leurs spécialités, aux saveurs différentes, à l'image de leurs vins. Ils aiment recevoir, ouvrir de bonnes bouteilles, souvent à l'aveugle, pour partager quelques instants de bonheur avec leurs amis. Ses plus beaux souvenirs en matière de vin sont une Côte Rotie La Mouline 82 de chez Guigal, bue en famille lors d'un repas de Noël, et un Haut-Brion 89 bu pour le mariage civil d'amis très proches. Car pour Sylvie l'émotion autour d'un vin est lié au vin en lui-même, mais aussi beaucoup au moment où la bouteille est bue.
Durant cette soirée avec Sylvie, comme tout au long de la journée, on entend des éclats... Des coups de gueule parfois (fort caractère oblige), mais surtout, surtout, des éclats de rire. Car Sylvie aime rire et faire rire. Sylvie sourit à la vie, et la vie lui sourit.

2 commentaires:

youn a dit…

c'est vrai , il est bon leur vin .

Rouge Blanc Bulles a dit…

J'ai bu le Thieuley blanc "classique" 2007 dernièrement. Excellent! Plutôt sur des notes d'agrumes, avec une belle acidité. En fait, contrairement à d'autres Bordeaux blancs, élaborés majoritairement à partir de Sauvignon blanc, les vins blancs de Thieuley, y compris le classique (sans élevage en barriques, contrairement à la cuvée Francis Courselle), gagnent à patienter un peu en bouteilles, du fait de la proportion importante de Sémillon dans l'assemblage. Le 2007 est aujourd'hui prêt à boire.

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