mardi 30 juin 2009

Nouvelle échappée en Languedoc avec un Mas Jullien Carlan 2006


Et voilà, pas encore fini de vous parler de la Bourgogne (et non, il en reste des choses à dire!) que nous voilà repartis, le temps d'une soirée, dans le Languedoc, avec un Mas Jullien "Carlan" 2006. L'appel du soleil, de la garrigue, de la gourmandise des cépages du Sud, l'appel des falaises, de la rocaille, l'appel d'un bon Coteaux du Languedoc, fin et gourmand, avec juste ce qu'il faut de chaleur. Le vin était parfait pour accompagner ma Parmiggiana, l'un de mes plats favoris. 
On connaissait le Mas Jullien, Carlan était une découverte. Encore une valeur sûre du Languedoc, un pionnier du renouveau de cette région sublime, comme eux, ou encore eux
Mas Jullien est une propriété d'une quinzaine d'hectares, appartenant à Olivier Jullien. C'est le genre de propriété en constante évolution. Evolution en raison de l'achat régulier de parcelles de vieilles vignes, dans des endroits un peu oubliés, comme les derniers coteaux de vieux Grenaches qui entrent justement dans la composition de la cuvée Carlan. Evolution en raison de la remise en question permanente d'Olivier Jullien, qui cherche toujours à obtenir le meilleur de son terroir. Un terroir qu'il protège, car enfant du pays il se sent héritier de cette terre. C'est pourquoi, sans revendiquer aucune certification (ni bio, ni biodynamie), son mode de culture se base sur "l'écoute de ses vignes". Pas de marketing, pas de beau discours, mais une vraie philosophie. 
Ainsi, les vignes de Mas Jullien sont dispersées autour de la commune de Jonquières, où sont vinifiés les vins. Elles s'étalent sur une vingtaine de km d'Est en Ouest, et 25km du Nord au Sud. Les sols sont principalement argilo-calcaires à cailloutis, mais certains sont davantage composés de silice et grès. 
Olivier Jullien produit plusieurs cuvées sur son domaine: 
  • Mas Jullien Blanc, Vin de Pays de l'Hérault. Goûté il y a quelques années, j'en ai un excellent souvenir. Ce blanc est composé principalement de Grenache blanc et Carignan blanc, cépages locaux. Mais on trouve également chenin, viognier, clairette et roussanne. 
  • Mas Jullien La Méjanne, Vin de table blanc Liquoreux, composé de Chenin, Viognier et Grenache blanc.
  • Mas Jullien Carthagène, Vin de Liqueur, 100% Cinsault.
  • Etats d'âme de Mas Jullien, Coteaux du Languedoc. Cette cuvée est composée principalement de Grenache, et élevées un an en 1/2 muids.
  • Mas Jullien Carlan, Coteaux du Languedoc. Cuvée à base de vieilles vignes de Grenache, j'y reviens plus bas!
  • Mas Jullien, Coteaux du Languedoc. Le top de Mas Jullien. Il existait jusqu'au millésime 1996 deux cuvées, Cailloutis et Depierre, qui ont été réunies en un seul et même vin en 1997. Ce vin est composé en proportions équivalentes de Syrah, Mourvèdre et Carignan, avec un tout petit peu de Grenache, dont la proportion a diminué au fur et à mesure des années, jusqu'à disparaître. 
J'ai trouvé cette cuvée Carlan absolument délicieuse. J'aime le Grenache, mais je lui trouve parfois une certaine lourdeur, un manque de finesse. Là pas du tout. Au contraire. Ce vin est très fin, très frais, très équilibré. Son nez révèle beaucoup de fruits (rouges), mais également des notes florales, et même un peu minérales. Les vignes de vieux grenaches qui entrent à 70% dans la composition de ce vin sont situées sur des terrasses de schistes et grès, exposées à l'Est, à entre 200 et 400 mètres d'altitude, sur la commune de Saint-Privat. Les cépages Cinsault et Carignan complètent la cuvée Carlan. Le vin est élevé un an en foudres neufs de 20hl.
Voilà ce que je peux vous dire de ce vin, que je vous recommande vivement. Je crois que vraiment plus ça va, plus cette région me passionne!

jeudi 25 juin 2009

La Bourgogne, Terre de 2 grands cépages, Acte III

Nous nous sommes quittés, la dernière fois, sur des terres argilo-calcaires, plus ou moins calcaires, plus ou moins argileuses ou plus ou moins marneuses. Sur ce merveilleux terroir bourguignon, extrêmement découpé, morcelé, autrement dit sur cette mosaïque de "climats", s'épanouissent pleinement les deux grands cépages de la région: Le Pinot Noir pour les rouges, et le Chardonnay pour les blancs.

Les cépages autorisés
En réalité, il existe en Bourgogne une dizaine de cépages autorisés. On peut dire qu'il y a deux cépages secondaires:
  • Le Gamay: C'est le grand cépage du Beaujolais, mais également des vins rouges du Mâconnais. Assemblé avec le Pinot noir, il donne le Bourgogne Passe-tout-grain.
  • L'Aligoté: C'est le cépage de l'appellation Bourgogne Aligoté. A l'exception de l'appellation Bouzeron, les vins produits à partir d'aligoté ne peuvent pas porter d'appellation communale. Ce cépage entre également dans la composition du crémant de Bourgogne.
Mais on peut également trouver:
  • Le Sauvignon blanc: C'est le cépage des VQPRD "Sauvignon de Saint-Bris"
  • Le César: pour l'appellation Irancy, où il est alors associé au Pinot Noir.
  • Le Pinot Blanc, le Pinot Beurot, le Melon, le Sacy...
Bien que l'utilisation de ces cépages reste anecdotique, je me devais de vous préciser qu'ils étaient susceptibles de se retrouver en Bourgogne. Maintenez que vous le savez, retenez qu'il y a deux grands cépages en Bourgogne: Le Pinot Noir, et le Chardonnay.

Le Pinot Noir
Le Pinot Noir est LE cépage des grands vins rouges de Bourgogne. De nombreux pays ont essayé d'obtenir de ce cépage des vins aussi grands que dans sa région de prédilection, en vain... Le Pinot Noir est un cépage précoce, très résistant au froid. Il apprécie les terrains calcaires, bien drainés, sous un climat tempéré. Selon la proportion de calcaires, il donnera un vin rouge léger et élégant, ou un vin puissant et corsé. C'est sur la Côte de Nuits que le Pinot Noir donne les plus grands vins rouges, à l'image de la Romanée-Conti.
Sa couleur n'est jamais intense. Il peut donner des notes fruitées de cerise griotte.
Pour l'anecdote, le Pinot Noir est le cépage qui contient le plus de resvératrol, composé de la famille des polyphénols, ayant des effets bénéfiques sur la santé.

Le Chardonnay
Le Chardonnay est le cépage le plus cultivé en France. Son origine semble toutefois être bourguignonne, puisqu'il existe dans le Mâconnais, dans le canton de Lugny, une petite commune nommée Chardonnay, en raison de l'abondance de chardons à cet endroit autrefois. Le Chardonnay se plaît particulièrement sur les terrains marno-calcaires assez argileux, où il développe son élégance et la finesse de ses arômes. Il révèle des notes très minérales sur les calcaires kimméridgiens de Chablis, et des notes plus beurrées sur la Côte de Beaune. C'est sur ce dernier terroir qu'il donne les plus grands vins blancs de Bourgogne, voire du monde entier, comme le Montrachet.

Avec ces quelques explications supplémentaires, vous avez les clés pour appréhender les grands vins de Bourgogne. Car évidemment, c'est par la dégustation que l'on peut réellement comprendre un vin. Autant vous dire qu'avec la Bourgogne, il y a beaucoup beaucoup de choses à déguster...


lundi 22 juin 2009

La Bourgogne, Décryptage d'un terroir, Acte II


Situation géographique
La Bourgogne est une vaste région du Centre Est de la France. Elle s'étend sur 250 km de long, sur 4 départements: l'Yonne, la Nièvre, la Côte d'Or et la Saône et Loire. Le climat est continental, avec des hivers froids, des étés chauds, des Automnes pluvieux, et courts. Les températures particulièrement basses de la Bourgogne en font la limite septentrionale pour la production de grands vins rouges.
La Bourgogne se découpe en 5 sous-régions viticoles, différentes les unes des autres, avec du Nord au Sud:
  • Chablis. Grande région de l'Yonne, productrice de vins blancs du même nom.
  • La Côte de Nuits, qui tient son nom de la commune Nuits-Saint-Georges. C'est la région qui produit les plus grands vins rouges.
  • La Côte de Beaune, du nom du village de Beaune, connu pour ses hospices. Bien qu'également productrice de grands vins rouges, la Côte de Beaune est surtout réputée pour ses vins blancs exceptionnels.
  • La Côte Chalonnaise, grande région productrice en volume, bien que ses vins soient d'appellations moins reconnues. C'est également la région du crémant de Bourgogne.
  • Le Mâconnais, qui représente la plus grosse production en volume de vin blanc.
Bien qu'elle soit officiellement et légalement rattachée à la Bourgogne, je ferai abstraction de la région du Beaujolais, dont le terroir très distinct et le style de vin produit bien particulier en fait pour moi une région à part entière.

Le terroir bourguignon
Du Nord au Sud, la Bourgogne possède une certaine unité pédologique et géologique: ses sols argilo-calcaires. Ils ont pour origine l'altération de couches sédimentaires marines qui se sont accumulées à différentes époques géologiques. En effet, durant la période du Jurassique (-195 à-135 millions d'années) la France est recouverte par la mer, sous un climat tropical chaud et humide. D'importants dépôts sédimentaires se sont alors formés, et accumulés au fond de la mer, différents selon l'époque:
  • durant le Jurassique inférieur: des argiles
  • durant le Jurassique moyen: des calcaires
  • durant le Jurassique supérieur: argiles, calcaires, et marnes.
Ainsi, par exemple, les plus grands terroirs de la Côte de Nuits sont constitués de calcaires du Jurassique moyen, alors que ceux de la Côte de Beaune contiennent davantage de marnes. De plus, il existe encore des différences dans les types de calcaires, selon la période à laquelle ils se sont déposés (donc selon les conditions du milieu, comme le climat, la profondeur de la mer, la vie marine...). Les meilleurs calcaires sont par exemple les calcaires kimméridgiens (Jurassique supérieur) de Chablis, ou les oolithiques (Jurassique moyen) de la Côte de Nuits. Jusque là ça va? Alors on continue.
Si le terroir de Bourgogne s'arrêtait à cela, les choses seraient très simples. Peut-être trop banales finalement... Mais si le terroir de Bourgogne est décrit comme une mosaïque, c'est que grands nombres d'autres facteurs modifient les données. Ce sont d'une part des facteurs naturels comme l'altitude, la profondeur des sols, leur drainage, l'exposition des parcelles, l'humidité relative, la direction des vents... Mais ce sont d'autre part des facteurs humains, à savoir le choix des cépages (dans le temps), les méthodes culturales... Ainsi, on peut trouver des différences énormes entre deux parcelles situées l'une à côté de l'autre. C'est pourquoi, depuis plus de 1000 ans, les bourguignons ont entrepris un travail d'identification de ces micro-terroirs à travers les vins produits. Au Xème siècle, les moines, qui étaient alors propriétaires des vignobles, ont créé la notion de "climat". Un "climat", terme spécifique à la Bourgogne, désigne une zone viticole produisant un vin aux caractéristiques particulières. Au milieu du siècle dernier, ce concept a pris forme officiellement avec la création des Appellations d'Origine Contrôles (AOC). En réalité, de nombreuses études ont été réalisées pour comprendre exactement les différences d'un climat à un autre. Aucune corrélation concluante n'a été établie. "Y a -t-il des questions auxquelles aucune science ne peut répondre?". Peut-être bien celle-là. Et c'est ça, la magie de la Bourgogne.
Au total, la Bourgogne compte donc près de 100 appellations contrôlées, ces dernières se référant à des zones géographiques ou des climats donnés. Ces appellations sont hiérarchisées, à travers la notion de "crus" (grands crus, et premiers crus). Ainsi, on distingue 4 classes de vins, dont chacune a des conditions de production spécifique. Ces 4 classes sont, par ordre croissant de qualité:
  1. L'appellation régionale générique (65% de la production en volume). Ce sont les appellation Bourgogne, Mâcon, Hautes Côtes-de-Nuits et Côtes-de-Beaune.
  2. Les appellations communales, ou "villages" (23% de la production). Ex: Meursault village, Chablis, Gevrey-Chambertin.
  3. Les Premiers Crus (11% de la production). Les vins portent le nom de la commune suivi du nom du vignoble, ou de la mention "Premier Cru" s'il s'agit d'un assemblage de plusieurs climats de premier cru. Ex: Chambolle-Musigny Les Charmes, ou Chambolle-Musigny Pemier Cru.
  4. Les Grands Crus (1% de la production). Les vins portent le nom du vignoble de grand cru, parfois précédé de "le". Ex: Musigny, Corton. Il existe 34 Grands Crus.
Malgré cette hiérarchisation, le facteur humain est encore une fois à prendre en compte. Sur une même appellation, les qualités des vins peuvent malheureusement être très différentes. En effet, au delà du morcellement des appellations, ou plus exactement des "climats", il existe un morcellement des propriétés. Ainsi, une même parcelle peut appartenir à 6 ou 7 viticulteurs, et même le plus petit producteur a des vignes dans différents climats. Ainsi par exemple, le célèbre "Clos de Vougeot", qui représente 50 hectares, est partagé entre 80 viticulteurs. Il est d'ailleurs important de préciser que la taille moyenne d'une propriété viticole en Bourgogne ne dépasse pas 6 hectares.
Ce morcellement des propriétés explique également la place prépondérante du Négoce dans l'histoire des vins de Bourgogne. En effet, l'intérêt du négoce est de pouvoir acheter et assembler suffisamment de vin d'une même appellation afin de le proposer en quantité équilibrée sur le marché. Même si depuis les années 70, la tendance chez les producteurs est de mettre eux-mêmes leurs vins en bouteilles, ce sont les négociants qui ont fait la réputation de la Bourgogne.

Sur ces terres argilo-calcaires, deux grands cépages rois: le Pinot Noir pour les rouges, et le Chardonnay pour les blancs. Mais ça, je vous le réserve pour une prochaine fois, je vous laisse digérer tranquillement le terroir bourguignon.

A suivre...

mercredi 17 juin 2009

La Bourgogne Acte I


Bien que chaleur et soleil inspirent grillades, salades et rosé bien frais, il y a toujours de la place, lorsque la température descend, la nuit tombante, pour de grandes et belles bouteilles. 
Deux magnifiques bouteilles m'ont interpellée, m'ont donné envie de vous parler de leur région d'origine:
  • Un Corton-Charlemagne Grand Cru, du Domaine Bonneau Du Martray, 1995
  • Un Musigny "Vieilles Vignes", du Domaine Comte Georges de Vogüé, 2000
Un blanc, un rouge. Un Chardonnay, un Pinot noir. Un Côte de Beaune, un Côte de Nuits. Deux Grands Crus. Une même région, la Bourgogne...
La Bourgogne, c'est cette vaste région du Centre Est de la France qui produit parmi les plus grands vins du monde. 
La Bourgogne, c'est la simplicité même à travers ses vignerons. Les Bourguignons sont des gens simples, authentiques, qui reçoivent tout le monde à la même enseigne. Ici pas de Châteaux, pas de grandes demeures, seulement des "Domaines". La Bourgogne c'est l'image de la France comme on l'aime, la France de l'art de vivre et du plaisir à l'état pur.
Et pourtant, la Bourgogne c'est également une certaine complexité. Complexité d'une palette extraordinaire de terroirs, ici appelés "climats". Complexité d'un morcellement incroyable du vignoble, qui rend chaque bouteille unique, et imprévisible. Complexité d'une richesse, et richesse d'une complexité...
Oui, l'approche des vins de Bourgogne est difficile. C'est pourquoi j'ai envie de vous emmener faire un tour, pour mieux comprendre, et apprécier. Je crois que ça en vaut vraiment la peine!

A suivre...

dimanche 14 juin 2009

L'apéritif N°1...


De même que chaque cuisinier ou cuisinière a son plat incontournable, ou son dessert incontournable, chaque maison devrait avoir son apéritif incontournable. Chez nous, c'est Dourthe N°1.
Certains diront que je ne suis pas objective. A tort ou à raison. (Certains rigolent déjà je crois.) Qui peut prétendre être réellement objectif en matière de vin? Je crois que l'objectivité absolue n'existe pas dans ce domaine. Même chez les critiques les plus célèbres et les plus influents. Et je trouve cela tout à fait normal. Je pense qu'on ne peut pas être objectif lorsqu'il s'agit d'hommes, et de sensibilité. Or, derrière chaque vin il y a un homme, un esprit, une âme. On y est sensible, ou pas. Mais il y a toujours de l'affectif. Même en dégustant "à l'aveugle" , on est influencé par un tas de conditions extérieures (les personnes, le lieu, le climat, le cadre...). Donc non, je ne suis pas complètement objective. Mais étant très exigeante, et ce d'autant plus avec les gens proches, j'ai tendance à penser que je le suis quand même un peu. Donc je l'affirme, Dourthe N°1 blanc 2008, c'est dé-li-cieux!
Dourthe N°1 est la création d'un passionné, Jean-Marie Chadronnier, qui aura fortement marqué la Maison Dourthe qu'il dirigea pendant plus de vingt ans. On reconnaît dans Dourthe N°1, deux des traits de caractère du personnage:
  • Le perfectionnisme, ou du moins l'extrême exigence. Il faut dire que ce vin est d'une pureté aromatique rare, d'une grande élégance et d'une qualité épatante.
  • le culot. L'histoire raconte que le vin produit pour la première fois par la Maison Dourthe en 1988 (pour le millésime 1987) mais pas encore baptisé, se goûtait toujours mieux que ses principaux concurrents... Il fallait alors avoir l'audace d'appeler son vin "Numéro 1"!
Dourthe n°1 c'est aussi le talent de Thomas Drouineau, l'actuel oenologue et directeur de production de la Maison Dourthe, en poste depuis plus de 10 ans. Perfectionniste également (et c'est peu dire!), c'est aux côtés de Jean-Marie Chadronnier qu'il a petit à petit affirmé le style de ce vin, aidé par Denis Dubourdieu (célèbre oenologue conseil, le "pape" des blancs à Bordeaux) et son équipe. L'homme réussit avec brio, car chaque millésime de Dourthe n°1 est différent, mais le style de la maison demeure, et la qualité ne cesse de surprendre.
Dourthe n°1 c'est le Sauvignon blanc dans toute sa splendeur, avec ses arômes très marqués d'agrumes, sa finesse, son élégance, et sa grande fraîcheur en bouche. C'est simple et c'est pur. C'est bon. C'est vraiment bon. Voilà pourquoi c'est notre apéritif incontournable, celui dont on ne se lasse jamais.

mardi 9 juin 2009

Rosé de coupage... Acte final.

La Commission européenne a finalement décidé de renoncer au vin rosé fabriqué en mélangeant du vin rouge avec du vin blanc. La tradition l'emporte, à la grande satisfaction des producteurs.
L'affaire est close. Et maintenant vous savez tout sur le rosé...

vendredi 5 juin 2009

Couper c'est tricher... Les français font de la résistance.

Fin Janvier 2009, les 27 états membres de l'Union Européenne , dont la France, se sont réunis pour adopter un projet de règlement autorisant le mélange de vin blanc et de vin rouge (ou "coupage"), pour l'élaboration de vin rosé. 
Cette méthode, qui était jusqu'alors strictement interdite en Europe, est largement pratiquée dans d'autres pays producteurs, comme l'Afrique du Sud ou l'Australie. C'est d'ailleurs sans aucun doute afin de rendre l'Europe plus compétitive face aux producteurs du Nouveau Monde, que ce projet a été émis. Il est important de préciser qu'en Europe, nous sommes soumis à des règles très strictes de production, alors qu'en dehors de l'Europe, les producteurs font pour ainsi dire ce qu'ils veulent.
Cependant, les producteurs de rosé français, en particulier de Provence (première région productrice française de rosé), se sont vivement opposés à ce projet de nouveau règlement. Pour eux, cette pratique est une "hérésie", elle équivaut à de la "contrefaçon", et mène à une "standardisation" du rosé, contraire à leur "typicité". 
Face à la protestation de la France, et suite au report de décision de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) concernant la concordance avec ses propres règles, la décision de Bruxelles a été repoussée au 19 Juin. Entre temps, réagissant aux inquiétudes des vignerons français, la Communauté Européenne a proposé la possibilité d'apposer deux nouvelles mentions sur les étiquettes: "rosé traditionnel" et "rosé de coupage".
Ce compromis ne semble toutefois pas satisfaire les vignerons français. Si vous aussi, vous êtes contre ce projet de règlement, vous pouvez signer la pétition "Couper n'est pas rosé".
Quant à savoir ce que j'en pense...
Pourquoi les vignerons français spécifiquement s'opposent à ce projet? Sans doute parce que la France est le premier producteur mondial de rosés, avec 5,9 millions d'hectolitres produits par an. Elle est talonnée par l'Italie et l'Espagne, qui produisent environ 4 millions d'hectolitres. Derrière arrivent les Etats-Unis. Les rosés de Provence, qui représentent 20% de la production nationale de rosés, constituent donc à eux seuls 9% de la production mondiale. C'est beaucoup. Pourtant, il est important de noter la faiblesse des échanges internationaux pour ce type de vin. A titre d'exemple, 90% des rosés de Provence sont vendus en France... Ainsi, le leader mondial qu'est la Provence n'exporte que 10% de ses vins. Et oui, la consommation de rosés est restée très locale. Elle connaît depuis quelques années une progression vertigineuse, puisqu'en 15 ans la part des rosés dans la consommation de vins est passée de 8 à 21%. La France, qui consomme environ 7 millions d'hectolitres par an est donc, malgré sa place de premier producteur mondial, importatrice de rosés.  
D'autre part, cette réglementation concerne uniquement les vins de table. Or, 75% des rosés de Provence bénéficient de l'AOC. 
Avez vous déjà essayé de couper un vin blanc avec un vin rouge? Essayez... Et comparez. Avec un bon rosé de Provence si possible. Personnellement, je sais ce que je préfère, sans aucune hésitation.
Oui, je crois à notre savoir-faire, et surtout à notre terroir. Peut-être que c'est de la naïveté. Dans ce cas je préfère rester naïve. La vie est plus belle comme ça. Je crois que les rosés de Provence n'ont rien à craindre des rosés de coupage. Je crois qu'au final, c'est toujours le consommateur qui décide, et je crois au goût des consommateurs. On le lit sans cesse, aujourd'hui on boit moins, mais mieux. 
Je crois aussi que c'est bien que l'Europe revoit ses règles. Nous français, sommes les premiers à critiquer ces normes strictes que nous sommes obligés de suivre, et qui nous pénalisent sur un marché mondial de plus en plus concurrentiel. Mais nous sommes également les premiers à avoir peur du moindre assouplissement, vu alors comme une menace. 
Oui nous vivons dans un monde concurrentiel, et nous devons parfois nous battre pour exister. Ca c'est la vie. Ca fait avancer. Et c'est bien mieux de pouvoir se battre à armes égales. Mais oui nous avons un énorme atout par rapport à d'autres: notre pays.  Du savoir-faire il en faut, certes. Il faut également savoir se remettre en question, c'est un fait. Mais la richesse de notre terroir, elle, ne peut être remise en question. A nous de nous accrocher à ça. En allant toujours plus haut.

jeudi 4 juin 2009

Au fait, le rosé, c'est fait comment?

Et oui, finalement, c'est quoi le rosé? 
Pour l'oenologue, le rosé est un vin élaboré à partir de "raisins noirs vinifiés en blanc". On reproche souvent aux oenologues de parler avec des mots compliqués. Cette fois la phrase est simple, et pourtant pas si évidente à comprendre.
Alors commençons par le début. Des raisins noirs... Les raisins noirs sont les raisins qui servent à l'élaboration de vin rouge. Ce sont en fait des raisins noirs à jus blanc. A savoir que la pulpe des baies est blanche. C'est dans la pellicule des baies que se trouvent d'une part les composés phénoliques (les anthocyanes, responsables de la couleur, et les tanins, qui donnent de la structure), mais aussi des précurseurs d'arômes (ces arômes se révèleront au cours de la vinification). La macération, autrement dit le contact plus ou moins long entre la pulpe (le jus) et la peau (le marc) permet la libération des ces composés précieux vers le jus. Pour obtenir un vin rosé, une légère macération du jus avec les pellicules est nécessaire, afin d'obtenir une délicate teinte rosée. De là, deux possibilités:
  • Le rosé à pressurage direct
Cette technique consiste à pressurer directement les raisins noirs, comme pour des blancs. Le peu de temps de macération dans le pressoir suffit à apporter cette légère couleur rosée au moût, et à libérer les précurseurs d'arômes contenus dans les pellicules. Le jus est ensuite vinifié comme un blanc, à basse température afin de préserver les arômes. C'est l'application même de la vinification en blanc, avec des raisins noirs. 
  • Le rosé de saignée
C'est la plus ancienne méthode d'élaboration de vin. Les raisins sont mis en cuve après avoir été foulés. Après 6 à 36h de macération, selon l'intensité de couleur souhaitée, on effectue une "saignée", c'est à dire qu'on soutire une partie ou la totalité du jus déjà obtenu. Il est alors vinifié comme un vin blanc, c'est à dire à basse température afin de préserver les arômes fruités des raisins. 
Bien qu'il s'agisse d'une méthode de vinification à part entière, cette méthode est aujourd'hui controversée car elle peut faire apparaître le rosé comme un "sous produit" de vinification. En effet, la technique de "saignée" sert également à concentrer les vins rouges en augmentant la proportion de marc par rapport au moût, et donc la teneur potentielle en anthocyanes et tanins. 

Voilà pour la partie technique. C'est ce qui explique qu'un bon rosé est un vin aussi délicat à produire qu'un bon vin blanc. En France, en dehors de la Provence, qui produit principalement du rosé, les bons producteurs de rosés sont souvent des producteurs de blancs, puisque le rosé fait appel aux mêmes équipements que le blanc, et à la même sensibilité de vinification.
Sans vouloir entrer dans la polémique, je ne peux pas ne pas vous parler du projet de nouvelle réglementation européenne visant à autoriser le mélange de vin blanc et de vin rouge pour l'élaboration de vin rosé... Je le ferai dans mon prochain post... A suivre...

mercredi 3 juin 2009

Boire la vie en...


Avant d'écrire mon prochain post, qui risque d'être un peu long et complexe, une petite pause fraîcheur s'imposait... Histoire de remettre les papilles en éveil... Il fait beau, il fait (trop) chaud, qu'est-ce qu'on boit? Rouge, blanc, bulles...? Perdu! Du rosé bien sûr!!! Parce que le rosé c'est le vin de l'été, le vin des salades et de la cuisine méditerranéenne, le vin désaltérant et rafraîchissant, et surtout, surtout, le vin des copains. 
Alors voici ma petite sélection (micro-sélection) pour l'été:
  • Rimauresq, Cru Classé, AOC Côtes de Provence, 2008, 11,40€ sur 1855. Certains trouveront un peu cher pour du rosé, mais ça c'est vraiment du très bon rosé, très fin et élégant. Une référence!
  • Château Reillanne Grande Réserve, AOC Côtes de Provence, 2008, environ 5,50€ chez Leclerc. Surtout faire abstraction de l'étiquette et du style de la bouteille, c'est du super rapport qualité-prix!
  • Bergerie de l'Hortus, AOC Coteaux du Languedoc, 2008, 7,50€ la bouteille sur leur site. Là en revanche, rien que pour le look de l'étiquette, ça vaut le coût, mais en plus le vin est vraiment bon.
  • Château Thieuley, AOC Bordeaux rosé, 2008, environ 6€ la bouteille à la propriété. Quand on est une référence à Bordeaux pour les blancs, comme l'est le château Thieuley, on ne peut que maîtriser le rosé. Une valeur sûre!
  • Dourthe n°1, Bordeaux rosé, 2008, 7€ la bouteille, en vente chez les cavistes. Comme pour le Château Thieuley, on reconnaît dans ce rosé le style du blanc de la maison Dourthe. Très belle expression aromatique, et grande finesse. Une valeur sûre également.
Deux petits conseils: 
  1. Toujours faire très attention au millésime lorsqu'on achète une bouteille. Pour le rosé, le meilleur est toujours le dernier!
  2. Avoir toujours pendant l'été une voire plusieurs bouteilles au frais, au cas où, pour un apéritif improvisé...
Bonnes dégustations!