vendredi 31 juillet 2009

Chryseia 2007, ou petite balade dans le Douro...


Avez-vous déjà eu l'occasion de pencher votre nez au-dessus d'un verre de Chryseia? Si non, je vous recommande le voyage, ça vaut le détour!
Chryseia est un vin rouge portugais, issu du Douro, cette superbe région productrice des non moins sublimes Portos. Chryseia, ce sont donc les senteurs du Douro, son terroir de schistes et d'ardoises, ses terrasses installées sur les pentes abruptes qui bordent le Douro, son climat méditerranéen, ses paysages grandioses et somptueux... Chryseia, dont le nom signifie "doré" en grec (comme "douro" en portugais) c'est l'aventure de deux grandes familles dans le monde du vin:
  • La famille Symington d'une part, famille anglaise installée dans le Douro depuis 1882, et productrice des célèbres Portos Warre, Graham, Dow (excusez moi du peu!).
  • La famille Prats, anciennement propriétaire du fameux Grand Cru Classé médocain Cos d'Estournel, que Bruno Prats, oenologue réputé, dirigea pendant 30 ans.
P+S comme indiqué sur l'étiquette... Prats + Symington, ou l'union de deux familles, l'union de la connaissance d'un terroir exceptionnel, et du savoir-faire des Grands Crus médocains...
Chryseia, c'est l'assemblage de trois cépages, vendangés manuellement à l'apogée de leur maturité, et vinifiés séparément:
  • Le Touriga Nacional, LE cépage du Porto, cépage peu productif et précoce, qui apporte une grande finesse aromatique et des tanins soyeux.
  • Le Touriga Francesa, cépage très complet, qui apporte charpente et structure tannique
  • et dans une moindre mesure, le Tinto Roriz, (proche du Tempranillo espagnol), qui intervient ponctuellement pour sa note poivrée.
Ces trois cépages sont vinifiés séparément, dans un style "bordelais" (par opposition à "portugais"), c'est-à-dire de macération longue, afin d'obtenir des tanins soyeux, fins et élégants, en maintenant le fruit extraordinaire des grands Portos. Après assemblage, les vins sont élevés en barriques neuves de 400 litres, dans un caveau souterrain, durant 8 à 12 mois.
Le résultat est surprenant. Le nez est élégant et subtil, un nez pur, à la fois floral et fruité, aves des arômes très marqués de cerise. La bouche est ronde, ample et gourmande, l'équilibre superbe. Un très très beau vin, remarquablement bien fait, dans le respect de son terroir.
Pour plus de détails, je vous invite à vous rendre sur le site, très bien fait, avec toutes les explications que vous souhaitez. Je ne sais pas vous, mais moi, ça me donne des envies de voyage... C'est aussi ça la magie du vin!
Voici quelques images, pour s'imprégner des lieux...





Et pour changer, je vous laisse sur cette douce musique de Madredeus, groupe portugais mélangeant le fado, le folk, le classique et la musique populaire brésilienne.... Parce que c'est beau, et que ça fait du bien...
A la vôtre!


mardi 28 juillet 2009

Le temps des bulles...

Voilà bien longtemps que je n'ai pas trouvé le temps de pianoter sur le clavier, prise dans le tourbillon des préparatifs d'un mariage très important à mes yeux. J'avais la tête au pays des cigales et des falaises, là-bas, dans cet endroit magique. Il faut savoir donner le temps nécessaire aux choses. Quand il s'agit de bonheur, de partage, d'amitié, le temps s'arrête. Et pourtant, il passe, il court même, et souvent trop vite.
A propos de temps, retour au temps-saison: l'été... L'été, le temps des mariages, le temps des anniversaires fêtés, le temps des retrouvailles... Même si le rosé reste LE vin de l'été, le vin des copains, le vin frais et désaltérant, l'été c'est aussi, grâce à toutes ces occasions précédemment citées, le temps des bulles! (Ah, enfin les bulles, me diront certains qui me reprochent de n'en avoir pas encore parlé une seule fois!)
Donc voici pour vous ma petite sélection en vrac, des champagnes que j'aime... en toute subjectivité! (Sélection de champagnes à moins de 40€, donc je ne vous parlerai pas des Bollinger RD et autres Salons... pas cette fois!)


Thiénot Brut Millésimé (34€): parce que c'est fin et élégant, que l'équilibre est beau et bon. Un très bon rapport qualité-prix.

Roederer Brut Premier (35,90€): Parce que c'est Roederer, et que Roederer est une référence en matière de Champagne! Un classique indétrônable!

Bollinger Spécial Cuvée (37€): pour son côté très brut et très vineux. Une dominante de Pinot Noir qui lui apporte toute sa virilité et sa puissance. Mon préféré dans le style!

Drappier Brut Nature "Zéro Dosage" (22€): Parce que c'est un Blanc de Noir (100% Pinot Noir) comme j'aime, parce que c'est un extra brut, et parce que c'est un excellent rapport qualité prix. Moins connu que les autres, mais à goûter absolument!

Thiénot Brut Rosé (26€): Une bonne alternative pour les amateurs de Billecart-Salmon rosé (le top des champagnes rosés pour moi), et qui rentrait dans ma fourchette de prix! Parce que ce champagne rosé est fin et délicat, et qu'un peu de douceur dans ce monde de "Bruts"(!) fait tout son effet.

mardi 14 juillet 2009

La sommellerie moléculaire


Vous aviez sans doute déjà entendu parler de "cuisine moléculaire", concept initié par le chimiste Hervé This et suivi par de nombreux grands chefs comme Pierre Gagnaire, Thierry Marx ou Ferran Adrià. (L'idée de cette cuisine est de comprendre les réactions physico-chimiques pour limiter le risque d'échec et améliorer les résultats.) Mais vous ne connaissiez peut-être pas la "sommellerie moléculaire"? La sommellerie moléculaire est un concept assez récent, dont François Chartier, célèbre sommelier québécois est à l'origine. L'idée peut sembler un peu complexe, voire limite "pompeuse" au premier abord, alors que le concept est finalement assez simple à la base. Le principe de la sommellerie moléculaire est donc de trouver des parentés moléculaires entre un vin et un aliment. La présence dans les deux d'une molécule particulière pourra ainsi créer une certaine harmonie, qui embellira le tout ("le total devient plus que la somme des deux parties".) Pour expliquer ce concept, un livre: Papilles et Molécules, de François Chartier, destiné à l'apprentissage de base de la sommellerie moléculaire. Ce livre n'est pas encore disponible en France, mais vous pouvez néanmoins vous le procurer sur le site de François Chartier.
Pour ma part, je trouve le concept intéressant. N'ayant jamais été passionnée par les accords mets et vins, sauf quand ils sont vraiment rédhibitoires comme les fromages au goût marqué avec du vin rouge (au secours!), je trouve l'exercice amusant. D'autant plus qu'il permet des accords bien inattendus, comme du Fino (vin blanc espagnol très sec) avec des figues sèches (donc très sucrées), ou du Riesling allemand avec du romarin méditerranéen...
J'ai déjà fait un petit essai avec un crumble pêche-abricot et un Jurançon "Vent Balagùer" de Clos Lapeyre (pour le côté abricot!)... Drôlement bon! (D'ailleurs, il faudra que je vous en parle, de ce Clos Lapeyre... Une prochaine fois!) Pour faire l'exercice jusqu'au bout, il faudrait essayer plusieurs combinaisons: même vin avec des plats différents, ou même plat avec des vins différents... En tout cas si ça vous amuse vous aussi, voilà donc une bonne idée pour les vacances!

jeudi 9 juillet 2009

De la Nature, et des Hommes...


J'aurais pu appeler ce post "De la vigne, des fleurs et de la technique" (cf photo) ... Ou encore "Le bon, la brute et le truand", (en vous laissant chercher qui est le truand).
J'ai retrouvé ce petit texte, écrit par Jean Orliac à l'occasion de la nouvelle année 2007, qui remet un peu certaines idées en place. A l'heure où se fait un grand retour en arrière, à l'heure où les agriculteurs sont devenus des empoisonneurs, voire des criminels, je trouve que ça fait du bien de lire des choses comme ça. Juste un peu de bon sens... Moi même, je me sens fervent défenseur du développement durable, n'en déplaise à certaines personnes qui pensent que développement et durable ne peuvent pas coexister. Oui, j'ai le sentiment de vivre avec mon temps, mais en revenant sur des choses basiques, qui ne sont finalement que du bon sens. Acheter du bio, qui vient d'Espagne, de Guadeloupe ou que sais-je encore, alors qu'on trouve les mêmes produits dans sa région, pas bio mais avec un bien meilleur bilan carbone, j'ai tendance à trouver ça hypocrite, à la limite du nombrilisme. Cultiver ses vignes en "bio", mais traiter à grands coup d'hélicoptères encore pire. C'est pour cela que l'agriculture "raisonnée" existe bel et bien. Et non, ce n'est pas juste pour se donner bonne conscience, c'est une réalité. Je connais un grand nombre de viticulteurs qui sont de vrais amoureux de la nature (les Orliac en font partie), qui savent "réfléchir", "raisonner", "se remettre en question". Et si on leur faisait un peu confiance?
Je vous laisse avec ce joli texte, à méditer...

FAUT-IL TIRER SUR LA TECHNIQUE ?
"Aujourd'hui le discours dominant sur la "défense du vin" s'accompagne toujours d'un rejet de la technique. On oppose ainsi le vin "technologique" forcément "industriel" au vin authentique forcément "naturel". Celui-ci deviendrait un îlot de résistance dans un monde dominé par le monstre proliférant de la technique, monstre froid de la compétition se nourrissant de la destruction de toutes les diversités tant biologiques que culturelles.
Dans cette conception une seule voie s'offrirait à nous pour ré-enchanter le monde, mettre la Nature au centre (voire le Cosmos), s'effacer devant "Elle" en renonçant à nos oripeaux techniques, remettre l'homme à sa vraie place qui est marginale dans l'univers. L'essentiel pour le vigneron et l'homme en général ne serait plus d'élaborer un corpus de connaissances rationnelles visant à mieux comprendre ses pratiques pour les améliorer mais de se fondre dans le cosmos en pratiquant ce qu'il faut bien appeler le culte de la nature.
Au fond l'amour du monde passerait obligatoirement par la détestation des hommes, du moins de ceux d'aujourd'hui coupables de sacrifier à leur appétit de jouissance et à leur volonté de puissance.
Nous avons ici une sorte de constat qui, s'il met bien l'accent sur une des tentations des sociétés d'aujourd'hui, est aussi et surtout une position philosophique (c'est-à-dire pour faire vite, une théorie de la place de l'homme dans l'univers, une éthique, une doctrine de salut).
Cette position philosophique nous ne la partageons pas sans doute à cause des valeurs transmises par nos parents et grands-parents (c'est fondamental pour nous vignerons qui travaillons sur plusieurs générations) mais aussi parce que nous pensons autrement tout simplement.
Nous adhérons à une autre conception de l'homme qui, si elle admet qu'il se trouve dans la nature, le dote d'une liberté qui le fait échapper - au moins pour partie - à ses déterminations et le fait créateur de son histoire. La science par exemple est une tentative grandiose de se hisser à la hauteur de l'univers, tentative déjà perceptible dans l'invention des premiers outils comme elle l'est dans les religions, le langage et toutes les formes d'art.
Dans cette conception, la culture n'est pas un sous produit somme tout périphérique de la nature, mais une authentique création dialoguant avec elle.
Une création qu'il nous est impossible d'ignorer pour le meilleur ou, peut-être pour le pire, sauf à renoncer à notre condition d'homme.
Prenons l'éthymologie du mot "agriculture", "culture du sol", soit la transformation du sol à l'aide d'une visée culturelle, ou, dit autrement la production d'un écosystème nouveau dont l'équilibre n'est maintenu que par une action compréhensive (intelligente). Ce qui signifie, que pour nous le vin "naturel" n'existe pas, ou ce qui est équivalent, que tous les vins le sont, au sens où leur existence ne relève pas d'un miracle mais du domaine du possible défini par les lois de la physique, de la chimie et de la biologie, tous les vins sont naturels comme tous les objets fabriqués ou non, présents dans l'univers. Par contre il existe des vins plus ou moins culturels, ou pour le dire plus justement des vins dont la culture a présidé à leur élaboration est plus ou moins complexe ou sophistiquée. Il existe des vins de haute culture comme des vins de basse culture, les vins dit "industriels" appartiennent manifestement à cette deuxième catégorie.
Les cultures véritables qu'elles soient scientifiques, artistiques sont des produits de l'histoire, un phénomène d'accumulation constituant une tradition mais aussi une émergence de nouveautés radicales, ces nouveautés ne prenant véritablement leur sens que parce qu'elles entrent en résonance avec la tradition et qu'elles deviennent capables de devenir la tradition de demain.
Dans notre métier de vigneron nous sommes libres à toutes les étapes de l'élaboration de notre produit. Notre responsabilité est de choisir dans les innovations techniques celles que nous souhaitons transmettre à nos enfants. Cette responsabilité implique bien sûr la possibilité de se tromper, dans ce cas ce sera à nos successeurs de remettre l'ouvrage sur le métier, voire à nous-mêmes si notre vie est assez longue pour cela.
Nous espérons donc que pour cette année 2007 nous saurons, en exerçant notre liberté, faire évoluer nos savoir-faire dans un sens digne de l'histoire de ces objets infiniments naturels et infiniment humains que sont nos vignobles et les vins que vous aimez."
Jean ORLIAC
www.vignobles-orliac.com

mercredi 8 juillet 2009

Bordeaux, Apéro, Apéro-Bordeaux...


Je vous ai parlé, il y a quelques temps, de notre Apéritif n°1, celui dont on ne se lasse jamais. Il faudra que j'étende la sélection avec un top ten des apéros, car même si Dourthe n°1 est notre incontournable, on varie toutefois les plaisirs!
Alors, pourquoi pas en découvrir d'autres dans notre belle région bordelaise? C'est l'idée même du concept "Apéro Bordeaux", que j'ai découvert un peu par hasard sur le blog Papilles et Pupilles de la célèbre bordelaise Anne Lataillade. Le principe est simple: il suffit de s'inscrire sur cette page, et chaque mois, 15 internautes sélectionnés parmi les inscrits recevront un "kit de dégustation", composé de 3 bouteilles. Vous devez alors vous engager à déguster ces vins entre amis (gros effort!), et renvoyer vos commentaires de dégustation ainsi que le classement des vins dégustés par ordre de préférence.
A l'origine de cette initiative, le Syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieurs. Ce syndicat dynamique et novateur cherche en effet depuis plusieurs années à développer les vins de Bordeaux auprès des jeunes, à afficher une image fraîche et moderne, à montrer que Bordeaux ne rime pas forcément avec aristo...
Je trouve personnellement l'idée assez géniale. C'est très original, complètement ludique, et à la fois pédagogique. Je ne sais pas vous, mais moi ça me plaît beaucoup!

mercredi 1 juillet 2009

Retour au Domaine Bonneau du Martray


Après cette petite virée en Languedoc, je reviens à cet ancien post, dans lequel je vous parlais du Corton Charlemagne du Domaine Bonneau du Martray 1995, et qui a été le point de départ d'un petit décryptage de la Bourgogne.
Le Corton Charlemagne de Bonneau du Martray est pour moi l'image même du grand vin blanc dans toute sa splendeur. Le nez très pur révèle des notes minérales, mais aussi un fruité gourmand, et un léger beurré, juste comme il faut. La bouche est fraîche et vive, d'une belle longueur. Un de ces vins purs et droits, comme je les aime.
Le Domaine Bonneau du Martray est implanté sur la colline de Corton. Située à la limite Nord de la Côte de Beaune, la colline de Corton est un peu une zone de transition entre la Côte de Beaune (les très grands blancs) et la Côte de Nuits (les très grands rouges). Trois communes se partagent la colline de Corton: Pernand-Vergelesses, Aloxe-Corton, et Ladoix-Serrigny. Cette petite colline isolée, coiffée d'un bois éponyme en son sommet, est assez particulière du fait que les vignes qui la recouvrent sont exposées à l'Est, au Sud ou à l'Ouest, alors que généralement les vignes de la Côte de Beaune sont plutôt exposées au Sud ou au Sud-Est. En particulier les vignes du Domaine Bonneau du Martray sont situées du côté froid de la colline, c'est à dire exposées à l'Ouest. C'est sans doute ce qui donne au vin ce côté très droit, voire légèrement austère (attention, ce n'est pas un défaut!). Elles sont en plein coeur de l'aire d'appellation Corton-Charlemagne (Grand Cru). En réalité cette aire d'appellation couvre deux Grands Crus:
  • Corton-Charlemagne pour les blancs, en haut de la colline, sur des sols marneux avec éboulis de calcaire, convenant parfaitement au Chardonnay.
  • Corton pour les rouges, en bas de la colline, où les sols argilo-calcaires sont parfaits pour le Pinot Noir. Corton est le seul Grand Cru de rouge de la Côte de Beaune.
Le Domaine Bonneau du Martray produit du vin dans les deux appellations: Corton-Charlemagne et Corton. Son vin emblématique, celui qui a fait sa renommée, reste toutefois le Corton-Charlemagne, qui représente d'ailleurs 9,5 hectares sur les 11 hectares du domaine. Le domaine Bonneau du Martray peut ainsi s'enorgueillir d'être aujourd'hui le seul domaine de Bourgogne à ne produire que des Grands Crus.
Pour la petite histoire, le domaine Bonneau du Martray est une propriété familiale. Le célèbre empereur Charlemagne en fut le premier propriétaire, comme l'ensemble de l'appellation (d'où le nom du vignoble...), avant d'en faire don à l'abbaye de Saulieu en 775. Après la révolution, les biens nationaux furent vendus, et c'est ainsi que la famille Bonneau-Véry fit l'acquisition du domaine. Pour l'anecdote, les Bonneau-Véry étaient des descendants de Nicolas Rolin, fondateur des Hospices de Beaune en 1443. Personne dans la famille ne vouait un intérêt particulier à ce vignoble, jusqu'à ce que René Bonneau du Martray, né en 1886, décide de s'en occuper. Il était très attaché au domaine, et le conserva tel qu'il est encore aujourd'hui. La production du domaine était alors entièrement vendue au Négoce. N'ayant pas d'héritier, René Bonneau du Martray légua la propriété à sa nièce, la Comtesse Alice Le Bault de la Morinière. C'est alors le Comte Jean Le Bault de la Morinière, son époux, qui prit les rênes de la propriété en 1969. Il contribua beaucoup au développement et à la renommée du domaine, en décidant dès 1972 de vendre son vin sous son nom de domaine plutôt qu'au Négoce. En 1994, c'est leur fils, le Comte Jean-Charles Le Bault de la Morinière, qui reprend la propriété familiale, quittant Paris où il exerçait le métier d'architecte.
La tradition demeure, bien que chaque génération apporte un peu sa touche personnelle. Ainsi, alors que son père envisageait l'arrachage des Pinots Noirs servant à l'élaboration de leur Corton, en vue de planter du Chardonnay, le Comte Jean-Charles le Bault de la Morinière décida, au contraire, de garder ses vieilles vignes de Pinot noir, et se donna comme challenge de réhausser la qualité de son Corton (qui était déjà bon, mais pas au niveau de leur Corton-Charlemagne). Pour ses blancs, il veille à un apport maîtrisé du bois, dont il se méfie (élevage avec 30% de bois neuf).
C'est après plusieurs années de vieillissement que les vins du Domaine Bonneau du Martray expriment toute leur noblesse.