mercredi 30 septembre 2009

Un Kabinett de chez Fritz Haag pour un dimanche plein de soleil


Dans la série des apéritifs incontournables, je suis de plus en plus amatrice des Rieslings allemands. Pour un Dimanche chaud et ensoleillé comme nous avions le week-end dernier, un de ces dimanches entre amis comme je les aime, le Fritz Haag Brauneberger Kabinett 2008 était l'apéritif idéal. Frais et pur, avec un très faible taux d'alcool (8% vol.). Une robe très pâle, limpide et cristalline, aux légers reflets verts. Un nez fruité (pêche blanche) et très minéral, d'une belle intensité aromatique, et surtout, surtout, d'une pureté absolue (et plus ça va, plus j'aime les vins PURS). Une bouche légèrement perlante, renforçant la sensation de fraîcheur procurée par une forte acidité. Quelques sucres résiduels, pour contrebalancer cette acidité, dans un juste équilibre. Un vin droit, et à la fois gourmand. Un régal!
Vous vous souvenez, avec Egon Muller, on s'était déjà un peu promenés en Allemagne, dans le vignoble de Moselle-Sarre-Ruwer... On avait déjà évoqué la classification des vins allemands, et les 6 échelons des QmP, parmi lesquels le fameux Kabinett.

Comme Egon Muller, Fritz Haag est lui aussi un nom important du vignoble de Moselle, ayant contribué à la notoriété des grands Rieslings allemands. Le Domaine Fritz Haag se situe en Moselle moyenne, là où la rivière serpente en boucles sinueuses. Autour de la Moselle, se sont construits de nombreux petits villages, dont celui de Brauneberg, commune sur laquelle se trouve le domaine Fritz Haag. En réalité, le village de Brauneberg (braun=marron, berg=montagne, la montagne marron...) s'appelait autrefois Dusemond, du latin "dulcis mons" ou montagne sucrée, au temps des romains. Le nom était assez évocateur... C'est donc face au petit village de Brauneberg, sur la colline de Dusemond (le nom est resté!), que se trouve le vignoble du domaine Fritz Haag. En réalité, les vignes de Fritz Haag se situent toutes plus précisément sur une unité de terroir, une sorte de "climat" à l'instar des bourguignons, un petit vignoble bien délimité appelé Juffer. En effet, il faut savoir que, depuis très longtemps, dans les années 1800, les allemands ont découpé leur vignoble en unités de terroirs, correspondant à des "Einzellage". Pour la petite anecdote, le nom Juffer, qui signifiait dans le patois local "vieille fille", provient du fait que ce vignoble appartenait autrefois, au 18ème siècle, à 3 soeurs, restées célibataires... Le vignoble de Juffer représente au total 32 hectares, au milieu desquels se trouve un joyau de 10,5 hectares, partant du bas de la colline et montant jusqu'au cadran solaire situé à 200 mètres d'altitude: le Juffer Sonnenuhr (Sonnen= soleil, uhr=horloge, le cadran solaire!).
Pour visualiser le vignoble de Juffer, il faut imaginer des coteaux plus ou moins raides (pour Juffer Sonnenuhr pente à 80%), face au Sud, plongeant dans la Moselle. Cette dernière devient alors un miroir, puisque les coteaux se reflètent dans ses eaux, mais également le soleil, procurant ainsi aux vignes un double ensoleillement. Ceci explique d'ailleurs certainement la présence de nombreux cadrans solaires sur les rives de la Moselle. A cette exposition idéale, s'ajoute un sol constitué de schistes, permettant l'acquisition et la rétention de chaleur. Du fait de sa constitution, ce sol est stable et très bien drainé, puisque l'eau de pluie traverses les schistes en profondeur. On a là tous les critères qualitatifs pour la production de superbes rieslings. C'est la raison pour laquelle, le vignoble de Juffer est le plus prestigieux vignoble de Brauneberg.
Ainsi, le domaine familial Fritz Haag, créé en 1605, représente 7 hectares de Rieslings, sur les vignobles de Juffer et Juffer Sonnenuhr uniquement. Wilhelm Haag, a repris le domaine à 20 ans, en 1957, son père Fritz tombant subitement malade. Depuis 2005 c'est son fils Oliver, aidé par sa femme Jessica, qui gère le domaine Fritz Haag. Il entend poursuivre dans la même direction que son père, avec la même philosophie: produire un vin fin, fruité et délicat, au caractère de Riesling marqué par son terroir. Ca a l'air bien parti!

jeudi 24 septembre 2009

Une journée avec Sylvie Courselle, du Château Thieuley

Sylvie Courselle a repris avec sa soeur Marie la propriété familiale, le Château Thieuley, AOC Bordeaux Supérieur. Alors que Marie, 33 ans, gère la production depuis 2002, c'est Sylvie, 31 ans, qui en assure la commercialisation depuis 2005, avec une énergie débordante. Car Sylvie ne s'essouffle jamais, n'a peur de rien, ne recule pas devant l'imprévu. Sylvie se défonce, s'éclate, croque la vie à pleine dent!

Avec Sylvie, rien n'est jamais conformiste. Bien qu'elle assure la commercialisation du Château Thieuley, situé à La Sauve dans le vignoble de Bordeaux, et malgré son attachement extrême à la propriété familiale, Sylvie a choisi de faire sa vie au pied des falaises de l'Hortus, dans les Coteaux du Languedoc, où elle a rejoint son mari François Orliac. Sylvie et François se sont connus durant leurs études à l'Ecole d'ingénieur en Agriculture de Purpan. Cependant, de par son activité professionnelle, Sylvie partage ses journées entre l'Hortus, Thieuley, et les nombreux voyages qu'elle effectue pour vendre son vin... Les emplois du temps de Sylvie n'ont donc rien de routinier.
La journée de Sylvie commence en général de très bonne heure, comme l'a décidé sa petite fille de 20 mois. A croire que l'énergie se transmettrait chez les Courselle de mère en fille... Quand on connaît Marie-Joëlle Courselle, la maman de Sylvie, il n'y a plus de doute. Dès le matin, la pression monte. Sylvie a toujours un planning très chargé, le temps doit être optimisé au maximum. Ce souci d'organisation et de planification est sans doute lié à son passé de joueuse de tennis à haut niveau. Malgré des entraînements quotidiens intenses, Sylvie a poursuivi une scolarité normale, ce qui l'obligeait à être très organisée dans sa gestion du temps. C'est à 18 ans qu'elle a fait le choix d'arrêter le tennis, pour se consacrer à ses études. Elle a alors intégré son école d'ingénieur, puis complété sa formation par un diplôme d'oenologue obtenu à la faculté d'oenologie de Bordeaux.
Quand elle est à l'Hortus, Sylvie travaille depuis chez elle. L'organisation de ses voyages lui prend beaucoup de temps, puisqu'elle parcourt le monde entier pour vendre ses vins et promouvoir le Château Thieuley. Elle visite ainsi régulièrement ses clients, et prospecte de nouveaux marchés. Au total, Sylvie passe plus de deux mois par an à voyager. Le reste de son temps, elle répond à des "appels d'offre", autrement dit des demandes de vins émises par des négociants, elle s'occupe d'une bonne partie de l'administratif, prépare les opérations commerciales (comme les Journées Portes Ouvertes, un EVENEMENT à ne pas manquer à Thieuley!), organise le traitement des commandes, réalise les fiches techniques, les plaquettes commerciales, newsletters et autres, répond aux journalistes, organise des visites de la propriété ...
Elle rejoint en général François, pour un déjeuner en famille, autour d'une grande tablée, au Domaine de l'Hortus. Là elle peut discuter avec les frères et soeurs de François, travaillant tous sur la propriété familiale, de différentes techniques de production, différentes stratégies commerciales. Sylvie s'en inspire, ou s'y oppose. Car avec son caractère fort, sans aucun doute hérité de son père, Sylvie est parfois dans l'opposition... C'est aussi ça Sylvie! Malgré tout, Sylvie s'enrichit toujours de ce qu'elle apprend au contact des autres. Ses différentes expériences professionnelles atypiques pour une bordelaise pure souche témoigne d'une grande ouverture d'esprit: vinifications à Chalk Hill en Californie (Sonoma Valley), chez Chivite en Navarre, à La Gardine en Châteauneuf-du-Pape, puis oenologue conseil dans le Languedoc pendant deux ans. De là à dire que Sylvie n'est pas chauvine, il y a un pas... Partout en France et dans le monde, Sylvie est fervente défenseuse de Bordeaux ("Il n'est pas bon mon Thieuley?"), et à Bordeaux des Coteaux-du-Languedoc.
Sylvie délaisse parfois la table familiale pour se rendre à son cours de Pilates, car pour Sylvie, le sport est essentiel. Plus qu'un mode de vie, c'est une passion, qu'elle partage avec François. Tous deux aiment le sport: les sports extrêmes, les sports d'endurance et de montagne, le tennis bien sûr, et le rugby pour Sylvie en plus, en bonne purpanaise.
Lorsqu'elle est à Thieuley, les journées de Sylvie sont plus polyvalentes. Là, plus de rôle bien défini. Préparer les commandes, charger les camions, livrer les restaurants et caves, apporter des échantillons à droite à gauche, déguster différents lots en vue d'un assemblage, recevoir pour un déjeuner ou dîner arrosé au Thieuley. Bien entendu, tout cela décrit une journée hors vendange. Pendant les vendanges, Sylvie est au chai, remonte les vins, pige, entonne, soutire, déguste et redéguste... Il faut dire qu'à Thieuley, les dégustations peuvent être agitées.
Entre Francis, le père, et ses deux filles, les avis sont parfois divers. Pas évident, pour Sylvie et Marie, d'apporter leur touche personnelle, quand on marche derrière les traces d'un père qui a tout bâti lui-même, et construit une forte renommée autour de son vin. Pourtant, Sylvie et Marie ont fait le choix de reprendre la propriété, avec le désir de faire aussi bien que leur père. Dans un contexte difficile comme aujourd'hui, elles y arrivent remarquablement bien. Sylvie sait se battre.
Le soir, Sylvie reprend son rôle de maman pour s'occuper de sa petite fille. Souvent en déplacement, elle en profite un maximum quand elle est avec elle.
Les soirées chez Sylvie débutent obligatoirement par un bon apéritif, Thieuley ou Bergerie de l'Hortus, le choix est difficile. Sylvie et François se partagent les fourneaux, avec chacun leurs spécialités, aux saveurs différentes, à l'image de leurs vins. Ils aiment recevoir, ouvrir de bonnes bouteilles, souvent à l'aveugle, pour partager quelques instants de bonheur avec leurs amis. Ses plus beaux souvenirs en matière de vin sont une Côte Rotie La Mouline 82 de chez Guigal, bue en famille lors d'un repas de Noël, et un Haut-Brion 89 bu pour le mariage civil d'amis très proches. Car pour Sylvie l'émotion autour d'un vin est lié au vin en lui-même, mais aussi beaucoup au moment où la bouteille est bue.
Durant cette soirée avec Sylvie, comme tout au long de la journée, on entend des éclats... Des coups de gueule parfois (fort caractère oblige), mais surtout, surtout, des éclats de rire. Car Sylvie aime rire et faire rire. Sylvie sourit à la vie, et la vie lui sourit.

mardi 22 septembre 2009

Une journée avec...

J'ai quitté il y a quelque temps maintenant le Médoc, y laissant le petit monde de la production qui m'entourait, ces gens qui ont fait partie de mon quotidien pendant plusieurs années. Le Médoc est une presqu'île, est-ce pour cette raison qu'on a ce sentiment que c'est un monde à part? Quand on apprend à le connaître, on a du mal à le quitter. Ca a été mon cas.
Alors de temps en temps, j'y retourne, pour retrouver mes copains, et faire comme si c'était comme avant. Je m'imprègne à nouveau de ce métier passionnant que nous avons partagé, des doutes émis en permanence, des questions posées sans jamais avoir vraiment la réponse, des angoisses liées aux aléas climatiques, des difficultés de gestion des ressources humaines, et bien d'autres choses encore... Beaucoup de fous rires aussi, c'est essentiel dans ce métier.
Le milieu de la production est un petit univers. Comme celui du négoce. Pour celui qui ne travaille pas dans le vin, tout cela constitue "le monde du vin". En réalité, ces différents petits univers ne se connaissent pas si bien non plus.
C'est ainsi qu'une idée m'est venue. L'idée de vous faire découvrir tous ces métiers, et surtout ces hommes et femmes qui composent "le monde du vin". "Derrière chaque bouteille il y a un homme". Oui, le facteur humain est important dans le vin. Pas seulement pour la production, mais à toutes les étapes. C'est pourquoi j'ai envie de partager avec vous quelques moments passés en compagnie de passionnés, d'amoureux de la terre et du vin, de gourmands de la vie. De la production à la commercialisation, j'ai envie de vous faire comprendre mieux leur activité, adaptée à leur personnalité, en vous emmenant passer "une journée avec" eux.
Je vous souhaite de joyeuses lectures à venir.
A suivre...

lundi 21 septembre 2009

Citation du jour

"Au fond du vin se cache une âme."

Théodore de Banville (1823 - 1891)

jeudi 17 septembre 2009

Sushis Chablis

Durant les périodes de flemmitude repos bien mérité, la bonne option pour bien dîner (quand même), c'est le plateau de sushis commandé chez Sushishop (pour ceux qui ont la chance d'en avoir un près de chez eux). C'est l'option qui a été choisie ce week-end... Mais, Les Gouttes de Dieu oblige, il fallait quand même ouvrir une bonne bouteille (on ne va pas se laisser abattre!). Habituellement, on aime assez bien les Riesling allemands avec ce type de cuisine. Mais les premiers tomes nous emportant dans l'univers magique de la Bourgogne, notre choix a porté sur une bouteille de Chablis Premier Cru "Vaillons" 2004 du Domaine François Raveneau. Un délice! Un nez très subtil de fleurs blanches et de pêche, relevé d'une délicate minéralité, une bouche longue et douce. Un vin tout en finesse... J'adore!
Petit rappel sur Chablis? Après quelques révisions sur la Bourgogne (les calcaires kimméridgiens, les climats, la classification des vins...), retour sur sa partie Nord, le petit vignoble de Chablis, situé dans le département de l'Yonne (89). Sur les 2500 hectares que représente le vignoble de Chablis, un seul cépage autorisé: le merveilleux Chardonnay, LE grand cépage des blancs de Bourgogne. Le vignoble se divise en 4 appellations:
  • Petit Chablis: sols constitués de calcaires plus récents du Portlandien. Les Petit Chablis sont à boire dans les 2 ans.
  • Chablis et Chablis Premier Cru: sols calcaires formés au kimméridgien (Jurassique supérieur) renfermant de nombreux fossiles marins. Les Chablis sont en général consommés plutôt jeunes, alors qu'il est préférable pour les Premier Cru d'attendre 2 à 3 ans de bouteille. Il existe 40 climats de Premier Cru.
  • Chablis Grand Cru: 7 climats situés côte à côte sur une même pente où le kimméridgien est affleurant par endroits, faisant ainsi bénéficier les vignes d'une exposition au soleil spécifique, et d'un sous-sol très riche. Ces 7 climats sont: Blanchot, Bougros, Les Clos, Grenouille, Les Preuses, Valmur et Vaudésir. Les Chablis Grand Cru sont à consommer après au moins 5 ans de bouteille, et sont d'une très longue garde.
(Petite carte du vignoble, spécialement pour Sylvie.)
Le Domaine François Raveneau est, avec le Domaine Dauvissat, le plus prestigieux domaine de Chablis. Sa petite surface (7,5 hectares) combinée à sa grande renommée, font que toute la récolte est réservée d'avance, et qu'il est donc difficile de se procurer des bouteilles. Cependant, on y arrive quand même, la preuve, cette bouteille de Premier Cru "Vaillons" 2004, trouvée dans la prestigieuse cave bordelaise Badie. Inutile de préciser que pour avoir atteint une telle renommée, le Domaine est conduit d'une main de maître, dans un souci de perfection. Depuis que François Raveneau a pris sa retraite, ce sont ses fils Jean-Marie et Bernard qui assurent la gestion du domaine familial. Pour préserver fuit et minéralité, le Domaine Raveneau utilise très peu de bois neuf (achat de moins de 10% de fûts neufs chaque année). Les vins du Domaine Raveneau peuvent se conserver très longtemps... à condition de les oublier dans sa cave!

Deux vieux viticulteurs californiens se rencontrent puis, attablés dans une taverne de Napa Valley, sur le ton de la confidence, l'un de déclarer:
”Sais-tu ce que je viens d'apprendre?
Du Chablis, ils en font aussi en France!»
J'ai trouvé cette petite histoire sur le blog du Grand Jury Européen, et je ne sais pas vous, mais moi ça m'amuse beaucoup!

mardi 15 septembre 2009

Les Gouttes de Dieu


En période de grosse fatigue, je suis submergée par une flemme terrible, et les livres s'accumulent sur ma table de chevet. Alors qu'une évasion à travers un bon livre me ferait le plus grand bien, impossible de m'aventurer vers quelconque lecture, je bloque.
- Le Cygne Noir, de Nassim Nicholas Taleb? Besoin de concentration, pas maintenant.
- Sur la trace de Nives, de Erri de Luca? Je le lirai, je l'ai promis, mais là… comment dire… pas maintenant non plus. Une lecture lente, contemplative, ce n’est pas ce qu’il me faut.
- Les rêves de mon père, de Barack Obama? Pas maintenant non plus.
Etc...
Alors hier, j'ai jeté un coup d'oeil sur la pile de livres de l'autre table de chevet, et parmi les nombreuses lectures en cours de l'absent, j'ai déniché un petit livret, au format idéal pour la soirée: le manga Les Gouttes de Dieu, consacré au vin.
J'en avais beaucoup entendu parler, j'avais même vu mon mari plongé dans ces livrets, levant juste la tête pour me demander ce qu'on allait boire le soir... Même notre petit bout, du haut de ses 20 mois, me disait, en me montrant la photo d'une bouteille de Vosne Romanée "Cros Parantoux" 99 sur la quatrième de couverture du volume 2, "à boire" (Plus contagieux que la grippe?). Bref, je n'avais pas encore été inspirée par cette lecture, jusqu'à hier... Et je trouve ce manga absolument génial!
Les Gouttes de Dieu connaissent, depuis leur parution en 2005, un succès énorme. Au japon, les 21 tomes déjà parus se sont vendus à 6 millions d'exemplaires. Mais Les Gouttes de Dieu ont également dopé l'intérêt des japonais pour le vin, et in fine leur consommation (des chiffres extravagants circulent même à ce sujet). En France, les 9 volumes édités par Glénat se sont vendus à 350000 exemplaires. Jacques Glénat, en bon connaisseur, tient à en vérifier lui-même la traduction.
Le scénario, écrit par les frères et soeurs japonais Yuko et Shin Kiyabashi (connus sous le nom de plume de Tadashi Agi) emporte le lecteur dans l'univers magique et fascinant du vin. A sa mort, le très célèbre oenologue Yutaka Kanzaki laisse un testament: sa cave extraordinaire reviendra à celui de ses deux fils qui résoudra 12 énigmes, correspondant à 12 vins. Il découvrira alors un 13ème et mystérieux vin, inconnu de tous: "les Gouttes de Dieu"... C'est alors que commence une vraie chasse au trésor... "L'essentiel étant de mener à une meilleure compréhension du vin par une connaissance joyeuse et non hautaine et au partage de la table et à l'ivresse des mots qu'elle engendre. Et pourquoi pas, en rêvant un peu, parvenir à mieux défendre notre culture, historique du vin..." écrit Philippe Bourguignon, dans la préface du second volume. Pour en voir un extrait du premier volume, c'est ici.
Cet ouvrage est une initiation au vin pour certains, un approfondissement pour d'autres, une gourmandise pour tous, une ode au vin et une invitation à la découverte de son univers captivant.
A lire SANS modération!

mercredi 9 septembre 2009

Tour de blog

Premier "Tour de blog", ou tour d'horizon des différents sujets qui animent actuellement le monde vinicole de la blogosphère.
L'une des principales polémiques (je reviendrai plus tard sur une autre, qui me tient particulièrement à coeur), est celle sur le "vin bio", suite à l'interview du célèbre dégustateur Michel Bettane (co-auteur avec Thierry Desseauve de nombreux guides) à ce sujet dans L'Express (pour voir l'article complet, clic).
Il faut dire que le titre de cet article a tout pour faire réagir: "Le vin bio n'existe pas!" Et je peux vous assurer que pour faire réagir, il fait réagir. La blogosphère se déchaîne, s'enflamme, s'excite, s'agace, s'énerve, s'irrite (exemple ici, ou ). Le tout avec (trop) souvent une agressivité étonnante et regrettable, car elle focalise le débat sur l'auteur, et non sur son contenu. Il est vrai que Michel Bettane ne mâche pas ses mots dans cette interview, un tantinet provocatrice. Il y explique pourquoi l'engouement actuel pour les vins bio l'agace. En résumé, voilà ce qu'il dit :
  • Le vin bio n'existe pas (!!!). Ca fait rugir réagir, mais ce n'est finalement qu'une question de forme. Ce que veut dire Michel Bettane, et ce en quoi ce qu'il dit est juste, c'est qu'il n'existe aucun cahier des charges sur un processus de "Vin Bio". Il existe des raisins bio, et donc des vins élaborés à partir de raisins issus de l'agriculture biologique, mais pas de "vins bio".
  • Il n'existe pas de vin qui ne soit pas "naturel", puisque le vin est le produit de "la fermentation naturelle d'un fruit qui l'est tout autant". Michel Bettane semble agacé par le fait que l'on qualifie de "naturel" ou d'"authentique" les vins dits bio par opposition aux non bio qui seraient alors... artificiels?
  • Il existe de nombreux vins reconnus comme exprimant remarquablement bien leur terroir qui ne sont pas élaborés à partir de raisins issus de l'agriculture biologique, contrairement à ce que certains (et j'insiste sur le mot "certains") fervents défenseurs du bio sous-entendent.
  • Un vin sans soufre n'est pas plus "digeste" qu'un vin "légèrement protégé pour une conservation plus sûre en bouteille". L'ajout de soufre a pour but d'éviter certains développement microbiens néfastes à la qualité d'un vin. C'est donc, dans une juste mesure, dans l'intérêt du consommateur final.
Alors oui, Michel Bettane est un peu maladroit (maladresse ou provocation?) quand il emploie certains qualificatifs ("illuminés" notamment...), mais est-ce une raison pour faire preuve d'une telle agressivité? Chacun n'a-t-il pas le droit d'avoir sa propre opinion?
La raison pour laquelle Michel Bettane s'exprime sur ce sujet, c'est qu'il existe aujourd'hui un réel engouement des journalistes et amateurs pour les dits vins bio, les vins sans soufre etc. C'est un droit. Mais cet engouement va parfois au détriment de la qualité même du vin. On oublie de juger le vin lui-même, on juge l'esprit de celui qui le fait. (Remarquez, c'est souvent lié, mais c'est une autre histoire, tiens j'en parlerai une autre fois.) Et souvent, bien trop souvent, les viticulteurs "traditionnels" (oh que je n'aime pas cette dénomination... L'homme évolue. Le viticulteur aussi!) sont montrés du doigt, et, il faut le dire, un peu pris pour des imbéciles. Et quand on est de l'autre côté de la bouteille, les pieds dans les vignes, les mains dans le moût, la tête dans les étoiles (la passion!), je peux vous assurer qu'il y a de quoi s'agacer. Aujourd'hui, tout viticulteur respectable est bien entendu soucieux de l'environnement, qu'on se le dise!!! Le métier de vigneron est un métier de passionnés. C'est ce qui fait que parfois c'est un peu explosif. C'est un métier d'amoureux de la nature, et cette nature, tout le monde veut la préserver. Chaque viticulteur respecte son terroir, et veut qu'il se reflète au mieux dans le vin qu'il produit. J'en avais déjà parlé dans un autre billet, mais je le redis "et si on faisait un peu confiance aux bons viticulteurs?".
Je trouve vraiment regrettable qu'il se mette ainsi en place aujourd'hui une petite guerre entre les défenseurs du bio et les "traditionnels". Ne peut-on pas accepter que l'on puisse avoir des idées différentes, des choix différents, des goûts différents? C'est ça aussi le respect de l'autre.
J'aime beaucoup, pour rester un peu dans le même registre, les propos de Jean-Luc Thunevin sur son blog, "coup de gueule" contre la tendance actuelle de certains journalistes français à faire de l'anti Parker, de l'anti Bettane, de l'anti "vin trop travaillé", de l'anti Bordeaux... Tendance journalistique, et blogueuse...
En conclusion, je me souviens d'un des leitmotiv de Denis Dubourdieu lorsque j'étais sur les bancs de la faculté d'oenologie "la première chose que l'on exige d'un vin, c'est qu'il soit NET". Pour y arriver, chacun sa méthode.
Et, ironie du hasard, en relisant l'article de L'Express, un bandeau publicitaire apparaît "Et si vous mettiez un peu de Feng Shui dans votre vie?". Tiens c'est vrai ça...

lundi 7 septembre 2009

De Terre et de Vins...


La nouvelle édition tant attendue du magazine Terre de Vins est parue en kiosque il y a quelques jours (au prix de 5€).
Pour la petite histoire, ce magazine avait été lancé par Midi Libre en 1999, à l'occasion de Vinexpo. Terre de Vins était alors un trimestriel, spécialisé sur les vins du Sud de la France (très joli magazine d'ailleurs, déjà à l'époque). En 2007, Le Monde cède le capital de Midi Libre au Groupe Sud-Ouest. Les dirigeants des deux quotidiens régionaux décident alors de donner un nouvel essor au magazine. Terre de Vins, désormais édité à Bordeaux, n'est plus dédié aux seuls vins du Sud mais au VIN tout court, de France ou d'ailleurs. Ce très beau magazine a pour ambition d'être LE magazine français de référence en vin, "le magazine des plaisirs autour du vin, et d'un certain art de vivre" comme le résume Rodolphe Wartel, rédacteur en chef.
On y trouve:
  • un résumé de l'actualité viti-vinicole
  • des conseils, des sélections
  • des portraits de vignerons
  • des évasions, des escapades, des voyages
  • de belles photos, des recettes de cuisine, des idées...
Bref, de quoi rêver autour du vin... Une belle réussite, un très beau magazine pour ce premier numéro.
J'aime beaucoup la conclusion de Rodolphe Wartel "Car Terre de Vins sera le magazine élégant et intime que vous laisserez ostensiblement sur la table du salon. Curieux et épicurien, il sera attentif à ceux qui veulent partager, et peut être aimer. Terre de Vin est tiré. Maintenant il faut le lire." A bon entendeur...
Pour découvrir quelques pages du magazine, c'est ici.
(Il existe également un site www.terredevins.com, que vous aurez peut être la chance de pouvoir visionner, avec les mac, ça ne semble pas fonctionner pour le moment, dommage!)
Allez, bonne lecture!

vendredi 4 septembre 2009

Après la pluie le beau temps... Dans l'autre sens ça marche aussi.

Oups, il pleut, j'en connais qui vont être contents! Les vignes bordelaises ont soif, très très soif... Je sais, en bon français on dit toujours que la vigne doit souffrir pour donner le meilleur d'elle même. C'est vrai, mais il y a des limites. Un stress hydrique trop important peut également bloquer la maturité des raisins... La vigne est tout de même une plante, et elle a donc besoin d'eau. Pas évident de déterminer le juste équilibre, comme pour tout. Mais en France, c'est la nature qui décide (l'irrigation est interdite), c'est peut être mieux ainsi. Encore une fois les différences de terroir vont se révéler. Affaire à suivre...
Toujours est-il qu'il pleut, et dans notre petit foyer composé à 50% de bretons, quand il pleut, on dit que c'est un temps à manger des crêpes! Et qu'est ce qu'on boit avec les crêpes? Du cidre, évidemment ! (des bulles Emilie, des bulles!)

Le meilleur cidre que je connaisse, c'est le Sidre Brut, d'Eric Bordelet (et croyez moi, pourtant, j'aurais préféré que ce soit du cidre breton... N'est ce pas Emilie?). Cet ancien sommelier, qui a acquis une belle expérience auprès de grands noms de la restauration, comme L'Arpège (le grand Alain Passard, j'adore!), a repris le domaine familial en 1992, avec pour objectif de faire un cidre "haute couture". Situé sur la commune de Charchigné, aux confins de l'Orne et de la Mayenne, sur les coteaux du Massif Armoricain, terroir complexe composé de vieux schistes, le domaine compte 19 hectares de pommiers et poiriers (pour le poiré) multi-centenaires. Le Sidre Brut est composé d'une trentaine de variétés de pommes différentes, douces, amères, aigres... Quelques noms de variétés, comme ça, juste pour le plaisir: Kermerien (Ah, vous voyez qu'on retrouve la Bretagne!), Douce Moène, Fréquin Rouge, Damelot, Sang de boeuf, Petit Moussette, Saint Martin, Moulin à vent, Groseille, Tête de Brebis, Gros cul, Juliana... Il faut préciser que pour l'élaboration du cidre, la diversité de terroirs et de variétés crée la complexité, la finesse. Les pommes sont récoltées manuellement, en cagettes, de Septembre à Décembre selon la variété. Elles sont alors entreposées plusieurs jours, en vue d'une déshydratation du fruit, et donc une concentration naturelle. Puis les différentes variétés sont assemblées, légèrement broyées, et délicatement pressurées. Après débourbage, la fermentation se fait de manière traditionnelle, en cuves ou en fûts. Eric Bordelet, qui a choisi un mode de culture biologique pour l'exploitation de ses vergers, n'ajoute aucun sucre durant la fermentation (autrement dit pas de chaptalisation), pour un cidre 100% naturel.
Ce cidre aux bulles délicates est d'une très belle pureté aromatique, et d'une grande finesse. Je vous recommande également son Poiré, excellent, et toujours surprenant quand on ne connaît pas.
Avec 5,5% d'alcool, on pourrait presque en abuser. D'ailleurs, pour mon fidèle anonyme qui fait référence à un célèbre navigateur breton dans un autre post, petite citation de lui, juste comme ça: "Je suis étonné que la justice se contente d'un alcootest qui donne le nombre de grammes d'alcool dans le sang sans indiquer le cépage et le millésime. Que fait la police?" O. De Kersauson
En vente chez les cavistes, à environ 7€. (Les bordelais peuvent en trouver chez Badie par exemple).
Allez, bonnes crêpes!

mercredi 2 septembre 2009

De la rentrée, de choses, et d'autres...

Retour de vacances, grand ménage de rentrée, grands questionnements... Continue, continue pas? Alors on pense, on réfléchit...
Les vacances? Entre mer et montagne, le plein d'air pur et de paysages merveilleux.
De belles lectures, en particulier deux:
- Etat d'urgence, de Michael Crichton, pour relativiser certaines craintes d'aujourd'hui, et aider à lutter conte la pensée unique.
- Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows (recommandé par ma conseillère lecture préférée, bien avant que ce livre ne soit au top des classements des ventes), pour le plaisir de lire quelque chose de beau et simple, de simplement beau, rien que du bonheur, et le bonheur, ça fait du bien.
Quelques bouteilles aussi, quand même, avec une affection particulière pour Magdelaine 98, Tertre Roteboeuf 98, Pavie 90, La Turque 98 (et oui, tant pis pour le Cabernet Sauvignon, je me rattraperai, c'est promis).
Les vacances c'est également l'occasion de faire le plein de famille, le plein d'amour et de tendresse. C'est aussi le temps des retrouvailles d'amis pas vus depuis longtemps, et que l'on revoit "comme si c'était hier" (ça, c'est la vraie amitié). Et puis c'est le temps des rencontres, de gens avec qui on se sent proches dès le début et que l'on regrette de ne pas avoir connus plus tôt, de personnalités que l'on écouterait relater leurs expériences des heures entières.
J'ai toujours dit que je puisais mon énergie chez les autres, que les gens autour de moi étaient mon moteur. Aujourd'hui plus que jamais. Alors à vous tous qui me lisez, MERCI. Rouge Blanc Bulles continue.