jeudi 14 janvier 2010

Bordeaux!


Dans les bonnes résolutions de l'année 2010, il y a: ranger mes affaires au fur et à mesure, prendre davantage de notes quand je déguste un vin, écrire plus de billets... Non! C'était une blague... Inutile de dresser une liste, que je ne tiendrai pas, d'une part je me connais, d'autre part mon temps n'est toujours pas extensible! En revanche, il y a quand même une résolution qui me tient à coeur: parler davantage de Bordeaux. Parce que j'en ai marre de ce racisme anti-bordelais. J'en ai marre de ces idées reçues, de cette supériorité que certains affichent en dédaignant Bordeaux, comme si c'était ringard, has been. J'en ai marre qu'on dise tout et n'importe quoi sur Bordeaux. J'en ai marre d'entendre ou de lire que les Bordeaux sont trop chers, trop boisés, trop uniformes, trop ceci, trop cela. J'en ai marre d'entendre ou de lire que les bordelais sont arrogants, fermés, hautains, etc. Vraiment, j'en ai MARRE!
Certes, à Bordeaux, il y a eu, et il y a encore malheureusement (trop) de mauvais vins. Mais pas plus qu'ailleurs, en proportion. Certes à Bordeaux il y a des cons (sorry!). Mais pas plus qu'ailleurs. Pour autant, est-ce une raison pour tirer des conclusions navrantes sur une région entière? Est-ce une raison pour tenir des propos stériles, inutiles, mesquins. Arrêtons de dénigrer Bordeaux, et les bordelais. Il y a à Bordeaux un vrai beau terroir, et de vrais grands vins "de terroir". Il y a à Bordeaux, des gens simples, passionnants, qui savent se remettre en question (grande preuve d'intelligence), des gens qui avancent, qui font des choses, qui progressent, qui créent. Allez rencontrer, écoutez, lisez, des Jean Gautreau, des Jean-Paul Jauffret, des Jean-Michel Cazes, pour l'ancienne génération, vous parler de ce qu'ils ont fait à Bordeaux, et pour le monde du vin en général. Allez rencontrer, écoutez, lisez, des Thomas Duroux, des Jean-Michel Laporte, pour la nouvelle génération des Grands Crus, qui vous diront comment ils voient les choses aujourd'hui, quels sont leurs challenges, leurs priorités. Allez rencontrer, écoutez, lisez, des Sylvie Courselle, des Stephane Dupuch, des Thibault Despagne, des Vincent Levieux, pour les Bordeaux, qui dépensent une énergie considérable pour défendre leur appellation. J'en cite quelques uns au passage, mais il y en a tant d'autres... Car oui, ça existe ça, à Bordeaux.
On accuse aujourd'hui Bordeaux de beaucoup de maux. Il y a eu des erreurs de faites, certes. D'une part un certain laisser-aller, on ne peut pas le nier. Aujourd'hui c'est fini. Si une génération a pu s'asseoir sur ses lauriers, la nouvelle génération, celle qui est en place aujourd'hui, a tout à reconstruire. Elle le sait, et se bat. D'autre part, il y a des prix parfois écoeurants pour certains grands châteaux, peut être, mais puisqu'il y a des acheteurs, c'est ce qu'on appelle la loi du marché. Et puis enfin il y a certainement eu des errements techniques. Trop de désherbants (J'étais la première à bondir de rage en voyant les vignes désherbées avant le travail des sols dans certaines propriétés dans les appellations les plus prestigieuses du médoc, pour que l'on ne voit pas un brin d'herbes dans les vignes), trop de bois, trop d'extraction etc... Oui, il y a eu ces errements. Comme dans les autres régions. Peut être même plus, Bordeaux étant, qu'on le veuille ou non, à la pointe en matière de recherche et d'innovation (en partie sans doute grâce aux Grands Crus), avec ce que cela comprend de bon et de moins bon. Aujourd'hui, c'est révolu. Aujourd'hui, toutes les propriétés que je connais font extrêmement attention à leur environnement, cherchent à préserver leur terroir et en extraire la typicité. Beaucoup font de la culture bio sans le revendiquer, un peu comme Patagonia a toujours été une marque éco-responsable, sans jamais le médiatiser, juste par philosophie.
Bordeaux reste un leader pour la France, je continue à le penser quand je vois l'image que Bordeaux a à travers le monde. En France Bordeaux dérange, Bordeaux agace, parce que comme tout leader, Bordeaux n'a pas droit à l'erreur. Mais c'est dommage de garder des oeillères, et de ne pas voir le Bordeaux d'aujourd'hui.
Oui, on pourrait en effet émettre un avis critique sur ce qui a été fait par les générations précédentes, et qui se faisait encore il y a peu de temps. Mais ce serait ne pas prendre en considération le fait que le contexte était simplement différent. On juge Bordeaux aujourd'hui pour des erreurs passées, comme on pourrait juger une génération entière, pour avoir surproduit, surconsommé, sur-pollué, dans un contexte d'abondance et d'insouciance. Simplement parce que le contexte a changé, et qu'en prime on a non seulement l'expérience des anciens, mais aussi le recul nécessaire. Mais est-ce là le vrai débat? Pourquoi cet acharnement à critiquer le passé quand la réalité d'aujourd'hui est si différente.
Alors voilà, cette année, je vais essayer de parler davantage de Bordeaux, et tant pis, on dira même que les bordelais ne boivent que des Bordeaux (ce qui est FAUX, ai-je besoin de le préciser? Et en plus, de toutes façons, je ne me considère toujours pas bordelaise, mais encore bretonne!). En réalité, j'ai peu parlé de Bordeaux dans ce blog, sans doute parce que ma curiosité et ma soif d'apprendre m'ont poussée à chercher des vins d'autres régions que celle où je vis, et que je connais mieux du fait d'y avoir travaillé. Sans doute aussi parce que nous avons choisi d'oublier nos bouteilles de Bordeaux pour les faire vieillir en caves, par goût pour les vieux millésimes à Bordeaux. Alors peut être que je parlerai plus d'hommes, à voir, après tout, tout est lié...! En tout cas, c'est décidé, vous verrez plus de Bordeaux sur Rouge Blanc Bulles!

(Photos prises dans le vignoble de Saint-Emilion, en Avril 2006...)

7 commentaires:

Géraldine a dit…

Bravo pour cette prise de position! Vous avez le mérite d'exprimer vos opinions, vos goûts, vos coups de coeur et vos coup de gueule. C'est courageux et ça rend votre blog d'autant plus intéressant.

Emmanuel D a dit…

Bonjour Anne laurence,

Je passe complètement par hasard, et pour la 1ère fois sur votre blog. (par cruel manque de temps, j'avoue).
J'ai lu votre article, et je dois dire qu'à un moment donné, j'ai eu le réflexe de regarder, la date de parution. Soit, 3 jours après mon billet concernant effectivement, les vins de Bordeaux.

http://www.sommelier-vins.com/article-de-vrais-beaux-vins-a-bordeaux-cela-commence-a-exister-42704767.html

Peut-être, est-ce le fruit du hasard, mais il se peut que vous ayiez réagi suite à la lecture de celui-ci.A moins que...non, ce fut le hasard.

Pour ma part, je ne partage pas totalement vos points de vue, concernant les vins de Bordeaux.

Je tenais juste à préciser, que mon billet se voulait plus constructif qu'un simple "coup de gueule". Il y a de l'espoir, à Bordeaux ! Beaucoup d'espoir.

Comme vous le soulignez, de vrais vignerons se remettent au travail de la vigne. 80% du travail se fait bien à la vigne. Mais pour cela, il faut être amoureux de sa vigne, ne pas user d'herbicides, et de pesticides, ni d'engrais chimiques...le terroir à Bordeaux, est particulier...

Dégustant très souvent, pour ma curiosité personnelle, et surtout professionnelle (au restaurant, et pour la sélections de Votresommelier.com, et des besoins de divers clients.) des vins de Bordeaux.

Que d'ennui...sauf, bien entendu, lorsque le temps pâtine ses vins qui deviennent magnifiques. Entre 12 et 20 ans.

Je reste néanmoins persuadé, que Bordeaux a besoin de moteurs. Mieux vaut qu'ils regardent du côté des Cassini, Fonroque, Briard, Noguès, Mirabeau...et de tant d'autres, qui révèlent l'image de vins remarquables de jus,plupeux, engendrés par des sols enfin épurés, sains, à force de volonté, et de gros labeur à la vigne.

Et ne surtout pas regarder ce qui se passe chez de gros négociants, ou de propriétaires, collectionnant les châteaux, et domaines, aux vins souvent vulgaires, et grossiers, qui emplissent les étals des grandes surfaces.

Je pense, au contraire, qu'il y a, à Bordeaux, un réel problème. Ils ont voulu croire qu'ils pouvaient le cacher. Mais, ils ont réussi à l'identifier, et certains ont pris les devants. Encourageons-les, oui ! Mais seulement ceux qui prennent la peine de se remettre en question.

J'ai gouté de très jolis vins à Bordeaux, j'en ai cité quelques-uns. Mais ils ne sont pas encore la panacée. Ils le seront sans doute d'ici une dizaine d'années, dès lors que les sols seront assainis de ces traitements systémiques, presque systématiques.

Ce n'est pas pour rien, que les jeunes se détournent de Bordeaux, la jeune génération j'entends, celle de 18/35 ans. Donnant 25 heures de formation à la dégustation par mois, je constate aisément cet état de fait. Tout comme le fait que les vrais bons cavistes, à Paris, s'en détournent tout autant. (Ceux qui prennent le risque de ne vendre que ce qu'ils aiment).Pour notre sélection de Bordeaux, notre double comité de dégustation, a éprouvé un mal de chien pour trouver de beaux vins de Bordeaux, signés par de belles silhouettes, non dénaturés par le bois.
Quelle appréhension à chaque fois...

Je pense, qu'il ne faut surtout pas omettre ces états de fait. Cela n'est certainement pas par jalousie, ou par une quelconque rancune, vis à vis des vins de Bordeaux, que j'ai écrit cette page...
mais bien, parce qu'il est frustrant de constater que Bordeaux mérite bien plus de considération !

Cela se mérite, et j'estime qu'il y a de l'espoir, mais aussi beaucoup de travail à fournir.
Est-ce si mal de l'écrire, Anne Laurence ?

A bientôt ! (pkoi pas au salon des vins de Loire, Lundi prochain...mon petit doigt m'a dit que...)

Emmanuel D

Rouge Blanc Bulles a dit…

Bonsoir Emmanuel,
Merci de votre visite!
Bien que mon billet soit une réaction à ce que je peux lire ou entendre fréquemment sur Bordeaux, votre billet en a en effet été le déclencheur. C'est en vous lisant que je me suis dit que je me devais de parler davantage de cette région, que j'affectionne. Pourquoi ne pourrait-on pas parler de ce qu'il y a de bien à Bordeaux, de ce qui se fait de bien, finalement?
Il y a beaucoup de choses dans ce que vous dites, et bien entendu, je ne suis pas d'accord avec tout. C'est ce qui fait la richesse des discussions, et plus généralement la richesse de l'Homme. Tous les goûts sont dans la nature, heureusement d'ailleurs. Je crois pourtant que sur le fond nous sommes d'accord, peut être que l'on ne l'exprime pas de la même façon.
Nous aurons peut être en effet l'occasion de nous croiser à Angers... Alors à très bientôt!

Baraou a dit…

Je vais ajouté mon avis au point de vue d'Emmanuel... Je suis bordelais et malheureusement les "grands crus" bordelais ne sont pas des exemples de respect des sols ni de modestie ; par contre de nombreux "petits" vignerons et des valeurs montantes sont peut-être les moteurs, les leaders de demain. Il faut donc parler de Bordeaux !!!

Candide a dit…

Tous les gouts sont dans la nature et doivent se respecter, qu'ils soient bons ou mauvais. Internet permet maintenant à n'importe qui d'exprimer son opinion en ayant un peu l'illusion de s'adresser à la terre entière !
Et c'est ainsi que cohabitent, dans la blogosphère, le meilleur et le pire. Exprimer son goût et essayer de le faire partager, pas de problème.
Par contre, aller beaucoup plus loin en "balançant", sans apporter la
moindre preuve sérieuse, des accusations (les viticulteurs bordelais qui pourrissent leur sol !) ou en extrapolant un pannel personnel (les "cours" -objectifs, bien sûr- donnés à quelques jeunes) pour affirmer catégoriquement que les jeunes français se détournent des vins de Bordeaux, ça, par exemple, Mr le sommelier, ce n'est pas correct.
Ce n'est pas digne. Vous n'avez pas besoin de ça.
Prenez le temps de venir à Bordeaux rencontrer des chercheurs, des profs, des oenologues etc...,faites le tour du vignoble (sans oeillères ni parti pris, participez aux dégustations organisées par des groupes de viticulteurs des plus intimes jusqu'au Cercle Rive Droite, allez vous promener dans les vignes et dans les chais... Vous verrez !
Vous verrez que la conscience environnementale est bien plus réelle, ici, que vous le pensez. Vous verrez des vignes mal tenues, mais de moins en moins, et vous en verrez beaucoup qui sont "comme elles doivent être", vous goûterez beaucoup de jolis vins, faits avec des raisins sains et mûrs comme le prônait Emile Peynaud. Vous en goûterez aussi qui ne sont pas au niveau ou encore (de moins en moins) qui cachent leur faiblesse derrière le bois. Vous goûterez peu de vins bio, parce qu'à Bordeaux, hélas, quand on connait bien notre climat, on sait que le vrai bio n'est possible qu'une année sur...10 ?
Par contre vous verrez qu'on peut quand même s'attacher à protéger le sol et le fruit sans être bio.
Il y a encore des progrès à faire à Bordeaux, mais ...
Les Grands Crus n'ont jamais été aussi bons. D'accord, ils sont très chers !
Les "petits" crus de grande qualité (rivalisant avec les grands) sont de plus en plus nombreux. Dommage qu'il ait fallu attendre un peu longtemps. Aujourd'hui, les progrès que je mentionne pour Bordeaux, existent partout : en Val de Loire, en Languedoc, en Côtes du Rhone....
Mr le Sommelier, vous qui faites un si beau métier, vous n'avez rien à gagner à "flinguer" un patrimoine historique. Nos gouvernants s'en chargent ! Parlez nous de ce qui va bien -ou de ce qui va mieux-, faites découvrir et aimer, avec fierté, à vos clients, les richesses nouvelles ou anciennes de nos vignobles. Ils préfèreront toujours partager avec vous le miel plutôt que le fiel.
PS : pourquoi voulez vous détourner vos clients des gros négociants et des propriétaires de plusieurs domaines ? Vous avez peut-être eu de mauvaises expériences ? Alors, goutez les vins de Jean-Michel Cazes, de la famille Despagne, des Neipperg, Vauthier, Lurton... etc...et les propriétés et marques du négociant/producteur Dourthe ou de JP Moueix. Et bien d'autres !

Emmanuel Delmas a dit…

Bonjour,

Je tiens tout de suite à préciser, que je ne "flingue" personne. Et je parle bien de certains vignerons qui font du très bon, à Bordeaux.

Et je persiste à dire que nombre d'amateurs se détournent de Bordeaux. Beaucoup de lassitude de leur part, tout comme d'ailleurs de la part de nombreux amateurs et autres pros du vin, amoureux, tout comme moi des beaux vins, jsute francs, nets, juteux.

Je vais insister sur un autre point important, je ne suis pas de ceux qui défendent les vins natures, et autres bios, à tout va. Je n'apprécie pas les esprits parfois étriqués qui accompagnent certains des défenseurs de ce type de "breuvages". Mais il m'arrive d'en apprécier vraiment, quand ils sont bien "encadrés".

Mes goûts ont évolué, et comme chacun aimant le fruit, le jus, la franchise émanant d'un travail du vigneron auprès de sa vigne dont il est sincèrement amoureux. Poétique, imagé, ou idéaliste ? Je ne le pense pas.

J'insiste sur un autre point, celui qui me permet de penser que les vins de Bordeaux, ne devraient pas être bus si tôt. Bousculés, souvent, dans leurs stades juvéniles, encore marqués par leurs élevages, tout ce que aime, le fruit, les beaux tanins restent en retrait.

Ces sensations de puissance, parfois même d'extraction ne répondent plus aux attentes des consommateurs (d'une grande partie) qui désormais s'extasient devant des vins avant tout élégants.

Déguster un beau vin de Bordeaux à maturité est une chance, un privilège et souvent un plaisir chargé d'émotions. Néanmoins, ces vins ne sont pas à la portée de tous. Le rapport avec le vigneron semble distendu, pour le consommateur, qui, bien souvent n'a pas accès à ces vins post 2000 n'aide ni le vigneron, éloigné de ceux-ci, ni le consommateur, se sentant perdu.

Exemple, tout bête: Un GCC de St Julien dégusté sur le 1997 concluait une dégustation de vins rouges, de qualité classique, en compagnie d'une 20aine de participants. Ils se faisaient, tout comme moi d'ailleurs une fête. Je les ai laissé, complètement apprécier, sans intervenir. Je me devais de rester neutre.
Leur conclusion: Bof...pas d'émotion. Du bois. Et quelques-uns me rétorquer:
"Mais, au fait, Emmanuel...on a à aucun moment parlé du fruit, avec ce vin..."
Je ne leur ai rien répondu. Les vins dégustés précédemment leur avait procuré manifestement plus de plaisir.
Les 5 autres se situaient entre 10 et 15 euros. Pour eux, cela était cohérent. Le St Julien nous avait couté 38 euros.Là, ils ne comprenaient pas.

Ce n'est qu'un hasard, certes, nous ne devons pas faire de généralités, mais il y a un moment, où l'on n'a plus le droit de faire comme si tout allait bien. Il y a un moment, où notre rôle en tant que prescripteur, passionné (et ça, croyez-le, je le suis !), et professionnel, vous devez absolument prendre vos responsabilités, et parfois monter au créneau. Simplement, il faut savoir être constructif.

Et si vous lisez l'article, que j'ai écrit avec le coeur, la passion, et aussi un peu de raison, vous comprenez que je salue le travail de vignerons bordelais, qui me font penser, qu'en effet il y a un grand espoir !

Je n'hésite pas non plus à en mettre en "coups de coeur" lors de mes Dégust'Express, chaque Mercredi quand un me donne du plaisir !
Je n'hésite pas non plus à souligner la finesse des vins du chateau Martinat, lors d'une dégustation de vins de toutes régions françaises.

Se taire, jouer l'autruche, je respecte ce choix. Mais parfois, il est nécessaire de se poser des questions.

Croyez-le, Candide, j'ai conscience de ma responsabilité et de la prise de risques que je prends en éditant un tel article (qui se veut constructif), mais vous ne pouvez pas, en tant que passionné, passer sous silence, vos interrogations.

(A suivre...tout de suite après...manque de place !)

Emmanuel D a dit…

(La suite...)

J'ai dégusté récemment encore, les vins Despagne, que je connais à travers les dégustations, j'ai d'ailleurs écrit un article à leur sujet, notamment ce Girolate que j'apprécie particulièrement. Les Lurton également, un article leur fut consacré voilà déjà quelques années. J'ai même rencontré et filmé en personne, Bernard Magrez. J'ai souligné l'extraordinaire plaisir que j'ai à chaque fois de déguster le Fonroque 2005 de JL Moueix ! Je reçois d'ailleurs après demain, un vigneron de Bordeaux, qui souhaite me faire déguster ses vins. Il sait très bien ce que je recherche, il a confiance, et j'ai confiance en ses vins. Un autre vient également sur Paris, et passera à la maison.

Je passerai à Bordeaux dans quelques mois. Et sachez que je ne supporte pas les gens obtus, étriqués. Je ne peux donc pas l'être, non plus. j'ai eu l'impression plutot désagréable d'avoir été jugé sans même avoir été écouté une seule fois.

Vous voyez, je ne suis jamais rétif à déguster les vins bordelais. Et pas que ceux que j'aime, et sans à-priori. Jamais. Jamais ! Mais je n'accepte pas d'être exigeant avec les vins en règle général, et de devoir me montrer indulgent vis à vis de vins que j'ai dû mettre dans l'évier, tant ils étaient ...@"&éé&&"&"""@@@ !
Mouton 03, Angélus 02...par exemple. C'est Hon-teux !

Seulement, maintenant, j'ai un rapport différent avec le prix et le plaisir apporté. Si moi je l'ai, les consommateurs l'ont davantage! Et si ces consommateurs, avaient tout comme moi, la chance de déguster tous les vins que je dégustais, de toutes régions, alors, ils seraient encore davantage exigeants envers les vins de Bordeaux, Candide.

Pour revenir à ces particpants à la dégustation, je leur ai parlé des vins de Damien Briard, du Fonroque, des vins de D Bertram, de Cassini...et je sais que ces vins-là, ils les auraient porté aux nues, tout comme je le fais, car, ces vins sont portés par le fruit, la pulpe, parfois même de la profondeur, sans la marque d'élevages outranciers. Ces futurs amateurs, sont malgré tout repartis avec une envie incroyable de découvertes, ils ont compris ce qu'était un bon vin, sans fioritures. C'est ce qu'ils recherchent. Ils en trouveront à Bordeaux, ils le savent...mais ils ont conscience de la tâche ardue que cela impliquera de leur part. Mais, ils auront à coeur de l'accomplir, Candide ! Car, ils sont amoureux du vin.

Je ne fais de procès à personne. Simplement, le consommateur a le droit d'être pris au sérieux.

Concernant les gros négociants, j'ai gouté de belles choses. Je suis d'accord, mais attention, ceux que vous citez ne sont pas les premiers venus, non plus. néanmoins, tout porte à croire, qu'un vrai vigneron, amoureux de sa terre, et pouvant s'en occuper à sa guise, et donc faire de la haute couture en quelque sorte, proposera toujours un vin meilleur.

Si vous êtes sur Paris, je ne sais où vous habitez, alors, j'aurai plaisir à vous convier à la maison, en présence d'un vigneron bordelais, et nous gouterons les vins tous ensemble. Sans préjugés. Par la suite, nous dégusterons les quelques vins de Bordeaux que j'aime !
Mieux encore, si un vigneron bordelais, que vous aimez tout particulièrement passe sur Paris, alors, nous les gouterons ensemble. Quand je passerai à Bordeaux, je vous inviterai à passer la journée en ma compagnie et surtout ce celle d'1 ou 2 vignerons, de mon choix, et je vous suivrai chez les vôtres.


Et, là, vous comprendrez, je pense un peu mieux, à quel point j'aime le vin, et à quel point, je pense ne pas être le sommelier arrogant qui semble transpirer à travers vos écrits plus hauts, Candide.

N'hésitez surtout pas ! Mes coordonnées sont sur mon blog, et je suis sincèrement un garçon très cool. ;-)

Cordialement,

Emmanuel

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