dimanche 7 février 2010

J'ai demandé à la lune...


Il nous arrive parfois d'ouvrir une bouteille, et de constater, avec déception, que cette bouteille est fermée, sans expression, sans charme, sans défaut non plus d'ailleurs, mais laissant cette triste impression que l'on est passé à côté. Ca m'est arrivé dernièrement avec une bouteille de Mas Jullien 2005, un vin que j'avais pourtant déjà goûté, et adoré... Alors oui parfois, il s'agit de nous, parce que nous ne sommes pas toujours dans un bon jour, c'est vrai. Mais le vin étant un produit vivant, comme le prouve son évolution au cours des années, il y a un certain nombre de paramètres extérieurs qui en sont responsables. En cours d'élevage ou en bouteille, lorsqu'on déguste très régulièrement le même vin, on constate parfois des différences énormes d'une semaine à l'autre. Alors, simples phénomènes d'oxydo-réduction, variation de pression atmosphérique, ou... influence de la lune? Là est la question.
La lune, qui tourne autour de la terre, exerce sur elle une attraction, provoquant notamment le changement du niveau des mers: c'est le phénomène des marées. Ainsi, on pense que cette attraction gravitationnelle pourrait toucher d'autres éléments que les mers, comme les végétaux par exemple. En effet, depuis bien longtemps, de nombreux jardiniers et agriculteurs suivent les phases de la lune pour leurs méthodes culturales. Il est par exemple recommandé d'effectuer des semis lorsque la lune est croissante, de même que l'on peut réguler la vigueur d'une plante en choisissant de la tailler lorsque la lune est croissante (afin d'accroître la vigueur), ou lorsqu'elle est décroissante (afin de diminuer sa vigueur). Nous-mêmes pouvons ressentir des variations en nous, comme une pousse de cheveux plus ou moins rapide, ou une certaine nervosité en période de pleine lune (d'où l'expression ancienne "être mal luné", soit dit en passant...). L'agriculture bio-dynamique accorde beaucoup d'importance à la lune quant au choix des moments de pratiques culturales, s'inspirant de la théorie de Rudolf Steiner (à l'origine de l'anthroposophie, il posa les fondements de l'agriculture bio-dynamique en 1924): "si tu veux comprendre le point, observe la circonférence". Les sceptiques diront que seule les mers, par la masse d'eau qu'elles représentent, peuvent subir une telle influence, qui reste minime sur le reste. Minime, mais peut être pas nulle? Et dans ce cas, pourquoi le vin, composé majoritairement d'eau (qu'on se le dise!) comme les végétaux, ne subirait-il pas lui aussi l'influence de la lune?
Outre cette attraction gravitationnelle, ou force de marée, la lune exercerait également une influence selon sa position par rapport aux constellations du zodiaque. Ainsi, on distingue 4 catégories de jours:
  • les jours fruits: quand la lune passe devant les constellations du Lion, du Bélier, et du Sagittaire (en accord avec l'élément Feu), car les forces dominantes dans le fruit sont les forces de chaleur.
  • les jours fleurs: quand la lune passe devant les constellations du Verseau, des Gémeaux et de la Balance (en accord avec l'Air), car les forces dominantes dans les fleurs sont celles de lumière.
  • les jours feuilles: quand la lune passe devant les constellations du Scorpion, du Poisson et du Cancer (en accord avec l'élément Eau), car les forces dominantes des feuilles sont les forces d'eau.
  • les jours racines: quand la lune passe devant les constellations de la Vierge, du Capricorne et du Taureau (en accord avec l'élément Terre), car les forces dominantes dans les racines sont les forces de terre.
Ces distinctions de jours sont, encore une fois, largement prises en considération en agriculture bio-dynamique. Elles déterminent le moment le plus opportun pour effectuer telle ou telle pratique culturale. Mais on peut également penser que cette distinction de jours influencerait en partie la dégustation des vins. En effet, il aurait été constaté que certains jours seraient plus propices à la bonne dégustation, tandis que d'autres seraient néfastes. Plus précisément, les jours fruits seraient les jours idéaux pour déguster un vin, car ce sont les jours où le fruité est le plus évident. Les jours fleurs, qui mettent en valeur le parfum, et les jours feuilles, seraient moins propices. Enfin, les jours racines tueraient le fruit et les saveurs, les vins se goûtant donc beaucoup moins bien.
Comme souvent, j'aime avoir des preuves (Quelqu'un se porte volontaire pour une expérimentation?), mais la question m'interpelle, et j'ai tendance à avoir spontanément un peu envie d'y croire. D'ailleurs, je suis allée vérifier sur un calendrier lunaire... et bien figurez vous que mon Mas Jullien a bien été ouvert un jour racine... Alors, hasard, ou coïncidence?

11 commentaires:

Emmanuel Delmas a dit…

Coucou Anne Laurence,


Tiens, sur ce coup-là, je suis d'accord avec toi ! :-)
Récemment, j'ai dégusté les vins sur fûts, chez Jérôme G, vigneron très talentueux. Ce jour-là, les vins se goutaient mal. Fermes, durs, serrés, ils avaient en très grande majorité enclenché le frein à main.

Quelle déception ! Cela ne remet absolument pas en cause, le travail du vigneron, mais bien le fait, qu'à certains moments, la pression atmosphérique ou je ne sais encore quelle influence, joue un rôle qui semble important.

Le lendemain, les vins devaient admirablement se gouter. D'ailleurs, durant mon petit périple dans le vignoble alsacien, j'aurai l'occasion de regoûter les vins de Jérôme sous d'autres auspices.

Plus récemment encore, j'ai passé un super moment avec Arnaud Daudier de Cassini, de chateau Cassini, dont j'adOOre le vin qui a une approche très intéressante et m'expliquait en effet qu'il y avait des influences astrales, lunaires, qui exercaient un certain pouvoir vis à vis du vin.

Et, effectivement, j'ai eu droit de feuilleter un livret expliquant les influences de celles-ci, sous la forme d'un calendrier.

Tout ceci n'expliquant pas tout...néanmoins...cette hypothèse n'est pas à écarter.

A bientôt !

Iris a dit…

la pression atmosphérique, je veux bien y croire (et d'ailleurs je l'observe pou les soutirages et les mises en bouteille, comme beaucoup de vignerons), des phases plus au moins ouverts dans l'évolution des vins, c'est connu, aussi bien que des phases "plus ou moins ouverts" de nos papilles, même l'influence de l'éclairage, non parlons pas de notre humeur... mais de là à mettre la lune dans le panier - faut pas tomber dans tous les traquenards à la mode - moi, je dois l'admettre, cela me rends plutôt mal lunée, quand j'entends ces balivernes...

Domdom a dit…

Cela va devenir compliqué de déguster un vin.....

1-trouver la bouteille
2-savoir l'ouvrir a la date de sa pleine expression
3-savoir le servir (température de dégustation, carafage ou pas)
4-ne pas oublier son calendrier lunaire!!!

Perso, je crois en cela, j'ai fait plusieurs fois l'experience sur le même vin, aussi petit soit il!!, c'est flagrant!!

De toute façon, les jours de pleines Lune, il est reconnu que les urgences sont debordées, et qu'une ambiance particulière hante nos cités !(c'est verifié aussi sur plusieurs années d'observation)

Emmanuel D a dit…

La pression atmosphérique, a une influence. Pour le reste, je ne sais pas...non plus.

Rouge Blanc Bulles a dit…

@ Emmanuel: Décidément, on est de plus en plus d'accord! :) Comme toi, je ne sais pas... Mais je trouve cette réflexion intéressante.

@ Iris: Je suis loin d'être une fashionista du vin, il ne s'agit donc pas d'un "traquenard à la mode", mais bien d'une réflexion, d'une hypothèse, d'une idée que certains suivent de très près. J'aime comprendre la vision des autres. Je trouve qu'il est bien d'avoir des doutes, plutôt que des certitudes, c'est ce qui fait avancer... Même si au final, on a le droit d'être d'accord, ou pas d'accord.

@ Domdom: Merci pour l'expérience partagée. Mais non, ce n'est pas compliqué d'ouvrir une bouteille, juste passionnant!

Rouge Blanc Bulles a dit…

Et pour tout le monde, revenant juste d'une visite de Mas Jullien hier, je vous confirme que d'après eux Mas Jullien 2005 est une bouteille à oublier quelques années dans la cave... Mais qui promet beaucoup!

laurentg a dit…

Pour les 2005 d'Olivier Jullien, il faut encore être patient (le mourvèdre, précisément ?).

Rouge Blanc Bulles a dit…

Je dirais plutôt le millésime alors, non?

laurent a dit…

Montcalmès 2005, que j'aime beaucoup, n'affiche pas cette relative raideur (il contient pourtant 20% de mourvèdre et une majorité de syrah).

Il y a bien sûr le terroir, le style du vigneron, ...

laurentg a dit…

C'est moi qui souligne ...

Stuart a dit…

Plus important est 'l'atmosphère de dégustation. Un vin dégusté en dehors de son lieu de production subit forcément une variation plus important de critères propice à la dégustation qu'un vin dégisté sur place. Essayez de dégusté un vin aux tropiques ou simplement en bord de mer(La salinité et humidité de l'air rendent parfois le vin méconnaisable)

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