mercredi 28 avril 2010

Je suis dans le jardin... et je bois de la mondeuse!

Et oui, les notes de Robert Parker sont bien sorties hier. De belles notes, bien hautes, vraiment bien hautes, qui risquent d'avoir quelques conséquences sur les prix des bouteilles... Sur l'image de Bordeaux aussi, comme toujours. L'histoire ne serait-elle bien que Répétition? A méditer...
Le beau temps se prolongeant, je suis de moins en moins derrière mon écran, et de plus en plus dans le jardin... Et vous savez de quoi j'ai envie quand je suis dans le jardin? De Beaujolais! Le vin plein de fruit et de fraîcheur, le vin de copain, le vin plaisir, une petite madeleine de Proust pour moi! Le seul problème, c'est qu'en ce moment, je n'en ai pas... Alors je me console avec une mondeuse de Savoie, celle des fils de Charles Trosset cuvée Prestige des Arpents 2007, parce que ça dans le style vin de plaisir, j'adore! Vous connaissez?
Arbin est un petit village (moins de 200 hectares) de Savoie, situé dans la Combe de Savoie plus précisément, au sud de Chambéry. Dans cette petite vallée de l'Isère, dont le micro-climat est propice à la culture de la vigne, on compte plusieurs crus, parmi lesquels les Chignin-Bergeron en blanc (élaborés à partir du cépage rhodanien roussane, appelé ici bergeron) et les Arbin en rouge sont les plus qualitatifs. Car Arbin est également une appellation de vin rouge, ou plus exactement un cru de l'AOC Vin de Savoie, élaboré à partir d'un seul cépage: la mondeuse. Y aurait-il un lien de parenté entre la mondeuse et la syrah (notez d'ailleurs que ces deux cépages sont féminins, alors que la plupart sont masculins)? On le dit, oui. En tout cas, les notes de violette et de poivre que ce cépage peut parfois développer le laissent à penser (Et quelque part, ça me rassure, parce que je vous avoue que la première fois que j'ai goûté un Arbin, j'ai pensé à un Rhône. C'était un Arbin de Louis Magnin, un régal!). Les vignes en appellation Arbin sont adossées au massif des Bauges, sur des coteaux exposés Sud-Est, dont les sols sont constitués d'éboulis argilo-calcaires.
Dans l'Arbin des fils de Charles Trosset, cuvée Prestige des arpents 2007, ce n'est cette fois ni le côté violette, ni le poivre que j'ai senti, mais plutôt un nez de pierre à fusil prononcé, de fruits rouges. Un nez qui m'a rappelé certains Beaujolais. Un vin d'une belle fraîcheur, d'une belle pureté aussi, le vin buvable par excellence, j'adore! A noter que c'est une très belle réussite, pour un millésime apparemment difficile. Le Domaine Charles Trosset, devenu Les fils de Charles Trosset, est un petit domaine de 4 hectares, tenu par deux frères: Louis et Joseph Trosset. Les sols de la propriété sont travaillés, les vinifications se font au parcellaire, de manière traditionnelle, puis les vins sont assemblés en vue de l'élaboration de trois cuvées: Harmonie, Prestige des Arpents et Confidentielle. L'élevage variera selon ces trois cuvées: Harmonie sera mise en bouteille dès novembre, Prestige des Arpents après environ 8 mois d'élevage, et Confidentielle, cuvée la plus concentrée, après 10 mois.
Bon, si vous me cherchez, je suis dans le jardin, et je bois de la mondeuse... avec modération, oui oui oui!
Arbin Mondeuse Les Fils de Charles Trosset, cuvée Prestige des Arpents, AOC Vin de Savoie, environ 15€

5 commentaires:

laurentg a dit…

Bien aimé :
* prestige des arpents 2002
* le chai des moulins confidentiel 2005 (moins convaincu par cette cuvée sur 2006).

Il est facile de confondre la mondeuse avec le gamay ou la syrah (Crozes ou St-Joseph) : j'en ai souvent fait l'expérience.

Un très beau souvenir : Chignin Mondeuse A&M Quénard VV 2007 !

Rouge Blanc Bulles a dit…

Ouf, je suis rassurée, si même un champion d'Europe de dégustation confond la mondeuse avec une syrah ou un gamay... L'honneur est sauf! De chez André et Michel Quénard, j'ai juste goûté un Chignin-Bergeron, dont j'ai un très bon souvenir! C'était il y a quelques années (le temps passe...), il faudrait que je m'y remette.

laurentg a dit…

De bonnes roussannes en Savoie, en effet, parfumées ... (un air muscaté, de pinot gris ou de viognier).

Encore ce soir : Côtes-du-Rhône Clape (syrah) pris pour une mondeuse (et hop, 10 points de perdus).

Et aussi une belle série de Bordeaux 96 pour voir un peu où ils en sont (Pontet-Canet et Canon-la-Gaffelière s'en sont plutôt bien sortis).

Au delà des confusions, pas graves en dehors de certains exercices de style : l'importance du plaisir ressenti (à découvrir, à goûter, à partager, ...).

Et vous l'exprimez fort bien, Anne-Laurence !
:-)

Chignin-Bergeron Quénard (A&M) 2005 : 14,5/20 - 30/4/07
Nez musqué pour des odeurs de chewing-gum, de guimauve, d’abricot, de menthe. Bouche claire, expressive, entêtante, fruitée et florale sans trop de retenue. Finale un peu molle, limitée, qui complète le tableau organoleptique finalement satisfaisant d’un Condrieu réussi !

karin a dit…

euh je dois dire que je ne connais pas et ca me donne envie d'un apéro entre amis...mais ou est le jardin??

Rouge Blanc Bulles a dit…

@ Karin: Là est la question... Je crois qu'en cherchant bien, tu devrais trouver! (Cependant attention au temps, la bretonne n'aime pas la pluie, non non non!)

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