dimanche 28 mars 2010

Ca jazze à Palmer

Associer mets et vin est un art, celui de la sommellerie. Et l'art d'associer musique et vin, ça s'appelle comment?
A tous les vins que l'on déguste (boit!) peut correspondre une musique. Nette, précise, douce, légère, cristalline, contenue, aérienne, ou bien massive, expressive, explosive, puissante, profonde, magistrale... Magie de la musique, magie du vin... On peut pour chaque vin trouver la musique qui lui correspond.
Hier, avec un Morey-Saint-Denis Les Loups 2001 du Domaine des Lambrays, l'accord avec la Suite française n°6 de Bach était parfait.
Avec un Meursault Les Rougeots 2004 de JF Coche-Dury, j'aurais bien vu l'allegro du concerto pour piano et orchestre n°15 de Mozart (par Alfred Brendel si possible...). Grandiose comme ce vin, bouleversant, émouvant...
Avec la Cuvée Romain Pauc du Château 2006 La Voulte-Gasparets, je crois qu'étant donné l'affectif qu'il y a autour de ce vin, j'opterais pour My funny Valentine de Chet Baker!
Avec la cuvée Maxime (100% mourvèdre) du Domaine Borie de Maurel, j'aurais bien vu le Boléro de Ravel.
Tandis qu'avec un sublime Hermitage de Chave 90, j'écouterais volontier le concerto pour piano n°1 de Tchaikovsky (par Martha Argerich s'il vous plaît!). Une musique ample et profonde, puissante et subtile... comme le vin!
Et avec un Château Palmer 2009, qu'est ce qu'on écoute(ra)? On écoute(ra) du jazz. Mais pas n'importe lequel. Celui de Jacky Terrasson. C'est en tout cas ce qu'a choisi Thomas Duroux, directeur général du Château Palmer, passionné de musique et particulièrement de jazz. Pour le lancement de la nouvelle campagne primeur, il a eu l'idée (génialissime) de convier le pianiste à Palmer, pour que ce dernier improvise une musique inspirée par chacun des vins de Palmer: Alter Ego et Château Palmer. Un concert privé a ainsi eu lieu au château le mardi 23 mars dernier, que Sonia Moumen, sur son blog Carnet de Bordeaux, décrit remarquablement bien. D'ailleurs, je trouve que c'est tellement joliment dit que je vous livre ses propos pour décrire les deux musiques composées par le pianiste virtuose:
"Pour Alter Ego, Jacky Terrasson invente une musique affolée, qui galope, cavalcade, tourbillonne joyeusement. Intensément. Alter Ego offre, nous dit-on, "un fruit intense, croquant et juteux", il est un vin "spontané, plein de naturel", à la fois gourmand et suave. La musique de Jacky Terrasson aussi.
Pour Château Palmer, il est plus apaisé, plus ancré dans le sol, peut être plus en phase avec un vin de terroir, porteur d'une "extrême complexité... entre richesse aromatique et puissance des tanins". Plus chargée, la musique de Terrasson s'élève petit à petit, se fait passionnée, plus sensuelle, parfois mutine et finalement plus mélodique."
La musique de Jacky Terrasson nous emporte. Comme un verre de Palmer 2009...
En attendant que ces enregistrements soient en ligne, voici une petite vidéo qui retrace cette journée à Palmer avec Jacky Terrasson. Ca se passe de commentaire. C'est tout simplement superbe.

vendredi 26 mars 2010

Le Sancerre de Gérard Boulay

En ce moment à Bordeaux, c'est (un peu) comme en Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour ( :-) Merci le vent!). Les quelques rayons de soleil chaleureux qui apparaissent entre deux nuages nous font sentir les prémices du Printemps, et j'imagine déjà bien les apéros entre copains dehors sur la terrasse (on va bientôt pouvoir se remettre au rosé, d'ailleurs!). En attendant, même quand la nuit tombe encore un peu trop tôt, et qu'il pleut encore plusieurs fois par jour (aussi!), un bon Sancerre pour une soirée presque printanière, j'adore!
Gérard Boulay est installé, comme Pascal Cotat, sur la commune de Chavignol. Bien que les vignes appartiennent à sa famille depuis 1380 (!), il ne produit son propre vin, sous son nom que depuis 1995. Ses 11,5 hectares (dont 2 ha de pinot noir, le reste en sauvignon blanc) sont travaillés ou enherbés si nécessaire, pour lutter contre l'érosion.
La cuvée Sancerre 2008 est son entrée de gamme. Elle est issue de plusieurs parcelles de Chavignol, sur 2 terroirs distincts (rappel ici):
  • les terres blanches argilo-calcaires
  • les "caillotes", sols calcaires.
Les jeunes vignes des terroirs de Monts Damnés ou Cul de Beaujeu entrent également dans l'assemblage de cette cuvée. La méthode de vinification est classique, avec un interventionnisme minimum: pressurage en pressoir pneumatique, débourbage naturel, fermentations en cuves inox sans levurage, soutirage en fin de fermentation alcoolique, élevage en cuves inox sur lies fines, légère filtration avant mise en bouteilles l'été suivant.
Le Sancerre de Gérard Boulay 2008 a un joli nez d'agrumes, d'ananas, de pierre à fusil et de laurier. La bouche à l'attaque très fraîche et tranchante est d'une belle pureté, d'une belle minéralité. Dans le style "vif, minéral, tendu, pur et net", je suis fan aussi!
Note pour plus tard: goûter ses cuvées Monts Damnés et Clos de Beaujeu. Tiens, je vais voir de ce pas si j'en trouve.
Sancerre de Gérard Boulay 2008, 14€, (à Bordeaux chez Badie par exemple...)

mercredi 24 mars 2010

Rouge? Blanc? Liquoreux!

Alors, au vu de ces conditions, que penser du millésime 2009 en rouge, en blanc et en liquoreux?
En Rouge
Denis Dubourdieu rappelle que 5 conditions sont nécessaires à l'obtention d'un grand millésime de Bordeaux rouge:
  • 1 et 2: une floraison et une nouaison par temps chaud et sec
  • 3: une véraison homogène, se déroulant après arrêt de la croissance végétative de la vigne.
  • 4: une maturation complète (technologique et phénolique)
  • 5: de bonnes conditions de vendange.
Selon lui, si 2005 remplissait parfaitement ces 5 conditions, 2009 aurait moins bien rempli, sur certains secteurs, les conditions 3 et 4, car:
  • l'arrêt de croissance de la vigne avant la véraison aurait été moins franc et général que 2005.
  • Dans certaines situations, la vigne a trop souffert de la sécheresse du mois d'août au point que sa maturation en a été affectée.
Il est vrai que dans des conditions de sécheresse, comme 2009, on observe obligatoirement une certaine hétérogénéité. Hétérogénéité due à une sensibilité à la sécheresse plus ou moins marquée selon le terroir surtout, ainsi que selon l'âge des vignes, leur vigueur, leur charge. Hétérogénéité due également à la variabilité des précipitations d'un secteur à l'autre.
Ainsi, Denis Dubourdieu dit du millésime 2009 en rouge qu'il est GRAND. Juste grand, pas exceptionnel. Pourquoi? Parce qu'il distingue un millésime exceptionnel (comme 2005, grand sur l'ensemble de la région) d'un millésime permettant de produire des vins d'exception (essentiellement sur les grands terroirs). On a là la vision du "professeur" qui se livre à l'exercice difficile de l'évaluation globale d'un millésime sur l'ensemble de la région. Jacques et Eric Boissenot (grands oenologues conseils du médoc, il faudra que je vous en reparle un jour) semblent toutefois assez d'accord avec cette analyse. Pour eux, là où c'est réussi, c'est exceptionnel. Mais ce n'est pas exceptionnel partout. Jacques Boissenot, pendant les vendanges rapprochait 2009 de 1982. Enfin, David Pernet, se basant sur les conditions climatiques du millésime, compare 2009 à 2000.

En blanc
Pour les blancs, les conditions de réussite d'un millésime diffèrent des rouges. "La réussite des vins blancs secs de garde nécessite des raisins sucrés, suffisamment acides, peu tanniques et riches en précurseurs d'arômes. Un climat trop chaud et des sols trop secs après la véraison sont défavorables"rappelle Denis Dubourdieu. Les nuits relativement fraîches d'août et septembre ont permis de préserver (un peu) l'acidité et le fruit des blancs. Cependant les températures du mois d'août ont été trop élevées pour que le caractère typique du sauvignon soit réellement mis en valeur. Ces températures élevées ont également entraîné une dégradation de l'acidité dans les baies, ainsi les blancs 2009 se caractérisent davantage par leur puissance que par leur fraîcheur.
Pour Denis Dubourdieu, 2009 est ainsi un BON millésime en blanc (mais pas grand). Pour David Pernet "les blancs seront puissants, mais moins aériens qu'en 2008".

En liquoreux
Pour les liquoreux, ce sont les conditions d'installation de Botrytis Cinerea, champignon responsable de la pourriture noble qui vont faire toute la différence. Les pluies du 18 au 20 septembre, suivies de brumes et brouillards matinaux, ont permis au champignon de s'installer sur des raisins déjà très mûrs, dans des conditions tout à fait exceptionnelles. La longue période ensoleillée et sèche qui a suivi a permis d'en tirer le meilleur parti. Pour Denis Dubourdieu, 2009 est une "véritable illustration de la légende de Sauternes". C'est selon lui un millésime PRODIGIEUX en liquoreux.

Voici donc pour les données scientifiques (objectives?), permettant de mieux appréhender le millésime. Les dégustations primeurs la semaine prochaine donneront déjà un petit aperçu du potentiel de 2009. Le reste, l'avenir nous le dira...

Sigalas-Rabaud 2009, en cours d'élevage...

mardi 23 mars 2010

2009: Flash Back

Pour bien comprendre le millésime 2009 à Bordeaux, il faut se remettre un peu dans l'ambiance. Flash back*:
  • 2009, c'est d'abord un hiver rude, froid et pluvieux, marqué par une terrible tempête massacrant la forêt des Landes.
  • 2009, c'est également un printemps humide, avec un mois d'avril très pluvieux. Ce printemps humide aura permis une bonne maturation des oeufs de mildiou, dont la pression sera très forte durant le début de campagne. Puis, le mois de mai sera marqué par des orages violents, et surtout, surtout, de terribles averses de grêle (les 9, 11, 13 et 25 mai... Oui, ça fait beaucoup) qui ravagèrent une partie du vignoble. Au total, 15 000 hectares de vignes ont été touchés, avec des pertes de récolte allant de 30% à 100%... C'est énorme. Et c'est terrible.
  • et puis, 2009, ce fut un mois de juin aux conditions météorologiques plus clémentes. Ainsi, la floraison et la nouaison, 2 critères très importants pour la qualité d'un millésime, se passèrent dans de bonnes conditions, c'est à dire par temps chaud et globalement sec, surtout dans les zones tardives.
  • 2009 ce fut un mois de juillet plus chaud que la normale (températures maximum comparables à 2005), mais normalement ensoleillé et arrosé par rapport aux moyennes trentenaires (2 fois plus arrosé que 2005 et 2008). La véraison, précoce, débuta fin juillet.
  • 2009 ce fut un mois d'août plus ensoleillé que la normale, très chaud (plus chaud que 2005) et exceptionnellement sec. Ces conditions entraînèrent une maturation technologique avancée des baies (augmentation des sucres, et baisse d'acidité), mais une maturation phénolique très lente (accumulation et affinement des tanins et anthocyanes). Sur certains terroirs, la sécheresse a entraîné des blocages de maturité (encore plus sur jeunes vignes ou sur vignes trop chargées). Les précipitations orageuses de la première semaine d'août ont permis de relancer un peu l'activité physiologique de la vigne, ces précipitations restant très variables d'un secteur à l'autre (de moins de 5 mm dans le médoc, à 70 mm dans le sud des Graves). Les nuits, relativement fraîches (18 nuits à moins de 15°C) ont permis de protéger le fruit, de limiter la baisse d'acidité des blancs, et d'accumuler les pigments des rouges (anthocyanes).
  • 2009 ce fut un mois de septembre également chaud et sec, permettant une concentration du raisin. Les nuits se rafraîchirent davantage. Le petit épisode pluvieux du 18 au 20 septembre fut profitable au gonflement des baies qui commençaient à flétrir, et à l'évolution des tanins. Cet épisode, suivi de brumes et brouillards matinaux, permit également l'installation de la pourriture noble pour les liquoreux.
  • Enfin, 2009, ce furent des conditions de rêve pour les vendanges, permettant d'attendre (et d'atteindre!) la maturité phénolique pour récolter les rouges.
Au vu de ces conditions, que penser du millésime 2009 à Bordeaux, en rouge, en blanc et en liquoreux?
Je vous le dirai demain! ;-)

* D'après les rapports de Denis Dubourdieu (viticulteur, professeur universitaire, oenologue conseil) et David Pernet/SOVIVINS (conseiller viticole, spécialisé en expertise de terroirs).

lundi 22 mars 2010

"Nouveau né"

Depuis que je vis à Bordeaux, j'ai appris, au fil des années, que le dernier millésime était toujours le meilleur ( :-) ). N'étant arrivée dans cette région qu'au début du XXIème siècle, j'ignore comment c'était au siècle précédent, mais j'ai également pu constater qu'on avait régulièrement des "millésimes du siècle" . Car, rappelez vous, il y a eu 2000. Puis 2003, annoncé comme un grand millésime dès le mois d'août, avant qu'on ne se rende compte que le principe typiquement français qui consiste à dire que "la vigne doit souffrir pour donner le meilleur d'elle-même" avait ses limites. Ensuite 2005. Maintenant 2009. Certains y verront un aspect mercantile: le meilleur millésime est celui qui est à vendre. Je souris gentiment. Moi j'y vois surtout de la passion.
J'y vois la passion de celui qui revit chaque année, avec le nouveau millésime, la magie du métier. La passion de celui qui voit, dans une bouteille, le fruit de ses labeurs, le fruit d'une année de travail, incluant les angoisses du vigneron (le gel, la grêle, la pression des maladies, ...), causées par la météo, toujours inquiétante, qui rappelle que l'homme ne peut pas tout maîtriser, mais juste composer avec ce que la nature lui donne. J'y vois beaucoup d'affectif, d'amour même, celui d'un géniteur pour son dernier né. Un dernier né avec qui il redécouvre chaque étape de la création. Un dernier né avec qui il apprend à faire connaissance en goûtant, et re-goûtant, afin de mieux le comprendre, de mieux l'apprivoiser, et d'adapter ses choix techniques. Un dernier né encore tellement vulnérable, tellement dépendant de celui qui l'a fait, pas encore stable, pas encore détaché, pas encore prêt à affronter le monde.
C'est pourquoi, selon moi, le dernier millésime est souvent le meilleur.
A une semaine du coup d'envoi des primeurs, j'avais envie de me replonger dans le millésime 2009. Pour bien comprendre le millésime 2009 à Bordeaux, il convient de se remettre un peu dans l'ambiance. C'est ce que je vous propose de faire... demain!

mercredi 17 mars 2010

Les Monts Damnés

Ce que j'aime avec le vin, c'est (entre autres!) qu'il nous fait voyager. Hop, en quelques jours, il nous fait passer du Languedoc (La Voulte-Gasparets) à la Corse (Domaine Leccia), de la Corse à l'Italie (Prunotto), de l'Italie à la Loire (j'y arrive...), et zou on repart en Espagne (je n'ai pas même pas eu le temps encore de vous parler de mon faible pour les Fino...). C'est aussi ça qui rend le vin magique!
Bref, juste remise de mon périple dans les Corbières avec Romain Pauc (:-)), me voilà partie dans la Loire, à Sancerre, plus précisément sur la commune de Chavignol (vous savez, ces petites crottins de chèvre délicieux), grâce à un Les Monts Damnés 2007 du Domaine Pascal Cotat.

Plus on goûte de vins, plus on sait ce qu'on aime, ce à quoi on est sensible. Certains apprécient les blancs ronds, gras et fruités. Moi j'aime ceux qui sont vifs, tendus, minéraux, purs, nets, précis (je sais, ça fait beaucoup, je suis TRES exigeante, et de plus en plus! :-)). Les Monts Damnés 2007 de Pascal Cotat a ainsi fait mon bonheur. Son nez, peu expressif au départ, est assez complexe, avec des arômes de buis (arôme variétal du sauvignon blanc, qui ne plaît pas à tout le monde d'ailleurs), mais aussi de pêche, de tilleul, et (très important) de pierre à fusil. En bouche, l'équilibre est superbe, avec une bonne acidité donnant plein de fraîcheur, et une minéralité qui se fait bien sentir. Un vin tendu, vif, droit, pur... J'adore!

Sancerre est avec Pouilly-Fumé l'appellation la plus à l'Est du vignoble des vins de Loire, se rapprochant ainsi, géographiquement, de la Bourgogne. Pourtant, si la Bourgogne est, pour les blancs, la grande terre de prédilection du chardonnay, Sancerre et Pouilly-Fumé sont les royaumes du sauvignon blanc. L'appellation Sancerre, dont bénéficient plusieurs communes situées autour du village éponyme haut-perché (photo), couvre une surface d'environ 2800 ha. Bien que les blancs représentent près de 80% de la production, il existe également des Sancerre rouges (13%), élaborés à partir de pinot noir, ainsi que des Sancerre rosés. Les vignes de l'appellation Sancerre se situent à une altitude allant de 200 à 350 mètres.

Si tous les Sancerre blancs sont élaborés à partir de ce beau cépage qu'est le sauvignon blanc, les expressions de ce dernier vont varier selon le type de sol sur lequel il est installé. Ainsi, on distingue à Sancerre 3 types de sol:
  • Les terres blanches, à l'ouest du vignoble, qui renferment davantage d'argiles, donnant des vins plus robustes.
  • les terres argilo-silicieuses, plus à l'est, sur les collines autour de Sancerre. Ces terres contenant beaucoup de silex donnent des goûts typiques de pierre à fusil, et font en général des vins très fins.
  • entre les 2, plutôt dans les bas de pentes, les Caillotes, terres calcaires très pierreuses, donnant des vins plus légers, sur le fruit.

Parmi les terres riches en silex, celles des collines de la commune de Chavignol donnent les vins les plus fins. Sur cette même commune, on distingue plusieurs grands terroirs, ou "climats" pour reprendre le terme bourguignon, comme La Grande Côte, Les Monts Damnés, Cul de Beaujeu... Les pentes sont variables d'un climat à l'autre, la plus impressionnante étant celle de Culs de Beaujeu.
Le Domaine Pascal Cotat est un domaine d'une toute petite surface (moins de 2 hectares) qui produit de belles bouteilles sur quelques uns de ces climats de Chavignol. On peut parfois confondre le Domaine Pascal Cotat avec celui de son cousin François Cotat, qui produit également de grands vins sur cette commune. Il faut dire que jusqu'en 1990, il n'existait qu'un seul domaine, dirigé par deux frères, Francis et Paul, respectivement pères de Pascal et François. Le Domaine Cotat a été l'un des premiers de Sancerre a avoir une approche parcellaire des vins, en vinifiant chaque climat indépendamment (Grande Côte, Monts Damnés...). Bien que le domaine d'origine soit aujourd'hui scindé en deux, les cousins ont gardé la même philosophie. L'idée est d'obtenir les vins les plus représentatifs de leur terre d'origine, avec un interventionnisme minimum (vins non collés et non filtrés notamment, d'où une turbidité assez élevée). Depuis, beaucoup de producteurs ont suivi cette approche terroir, comme le Domaine Gérard Boulay, ancien coopérateur, qui produit sur cette commune également de très beaux vins sous son propre nom depuis 1995. Il reste encore tant de belles choses à découvrir...
En tout cas voilà, dans un style vif, minéral, tendu, pur et net, Les Monts Damnés 2007 de Pascal Cotat, je suis fan!

Domaine Pascal Cotat, Les Monts Damnés 2007, AOC Sancerre
Environ 25€ (la Winery, par exemple...)

mercredi 10 mars 2010

La Cuvée Romain Pauc... et moi

L'approche du vin n'est pas quelque chose d'objectif. Je l'ai dit, redit, et je le répète encore.
Il y a les vins qu'on a envie d'aimer parce qu'on aime les hommes (et les femmes!) qui les ont fait. Il y a les vins qu'on a envie d'aimer pour l'endroit où ils sont produits et la beauté du métier. Il y a ceux qu'on a envie d'aimer pour le souvenir qu'ils évoquent. Car le vin, comme la musique, ou un lieu particulier, est aussi un marqueur du temps.
Alors j'ai envie de vous parler de la Cuvée Romain Pauc du Château La Voulte-Gasparets, en précisant que non, je ne suis absolument pas objective, parce que ce vin évoque précisément de beaux souvenirs pour moi. Mais voilà... J'aime ce vin! (Il va peut être bien falloir que je réfléchisse au lien avec cette bouteille, comme l'a fait Hervé Bizeul avec son terroir ici ;-))
Belle journée ensoleillée, Hortensias qui bourgeonnent, reprise des travaux du jardin... Mais toujours froid. Grrr... C'est quand le Printemps??? Alors pour remédier à ce froid, à ce (trop) long hiver, envie de la chaleur (juste dosée) d'un vin du Sud (encore et toujours! Demain j'arrête...). Tiens, un Corbières: la Cuvée Romain Pauc 2006, du Château La Voulte-Gasparets était simplement parfaite. Comme je vous l'ai dit, j'aime ce vin pour les souvenirs qu'il évoque pour moi. J'ai tout de même essayé d'être la plus objective possible...
Au départ, le vin était fermé, avec un nez marqué par la réduction (animal... et vraiment, je n'aime pas ça!). Pourtant, derrière ce "masque", une certaine virilité, un charme indéniable (ah, le charme c'est subjectif, je vous l'accorde), m'ont attirée, m'ont donné envie d'aller à la rencontre de ce vin, de lui laisser le temps de s'oxygéner un peu (et il en avait grandement besoin). Il faut dire que nous avons là un vin composé de 50% de carignan... d'où les muscles, et le premier abord un peu dur! Il est complété par 25% de grenache (la gourmandise), 15% de mourvèdre (ouf!) et 10% de syrah. Bref, au bout de quelques temps, le vin s'est ouvert, révélant des arômes de violette, de garrigue, d'olive noire, de pierre à fusil même. Une très belle palette aromatique, complexe et complète, fine. La bouche est équilibrée, pleine, avec une jolie finale sur ces arômes gourmands.
Pour moi, la Cuvée Romain Pauc de la Voulte-Gasparets est un vin qui parle, qui interpelle. Un vin plein de personnalité, de cachet, de typicité. Un vin plein de charme, et de subtilité. Et moi je suis tombée en esclavage...

Château La Voulte-Gasparets, Cuvée Romain Pauc, 2006
Fiche technique ici, environ 22€, en vente... où vous trouvez!
Attention... à ouvrir plusieurs heures à l'avance!!!

lundi 8 mars 2010

Des blogs de femmes, pour les femmes... Vive les femmes!

Il paraît qu'aujourd'hui, c'est la journée de la femme. Je dis bien "il paraît", parce qu'en réalité, je n'ai jamais vu la différence entre cette journée et les autres (je me fais avoir là ou pas? ;-)).
Mais qu'à cela ne tienne, puisque c'est la journée de la femme, j'en profite pour vous donner quelques adresses de blogs que je suis (très) régulièrement. Des blogs DE femmes, et POUR les femmes. Parce que ces blogs sont esthétiques, que les photos sont belles, qu'ils donnent plein d'idées. Parce que c'est frais, léger, pétillant, et que ça fait du bien. Et tout simplement, parce que c'est chouette d'être une femme!
Bon, je m'arrête là, mais il y en a encore tant d'autres... Bienvenue dans la blogosphère des femmes créatrices, bricoleuses, inventives, débrouillardes... Et vive les femmes!