vendredi 28 mai 2010

Vendredis du vin # 26: Les Copines aussi!

Les vins de copains, les vins de copains (!)... Oui mais, et les copines alors? Féministe je ne suis pas, non non non. En revanche, j’aime bien passer de bons petits moments avec mes copines. Et pour ça, j’ai trouvé le vin i-dé-al.

Le thème de ce dernier vendredi du vin m’est venu sur un coup de tête, une idée comme ça, sans doute fortement inspirée de la saison qui se prête particulièrement à ces moments de partage entre copains, aux apéros qui se prolongent, aux repas conviviaux, presque improvisés, vous savez ces petits plaisirs tellement simples, qui rendent la vie si gaie. Voilà, ces petits instants là nécessitent absolument un vin de copains. Par vin de copains, j’entends le vin de soif par excellence. Le vin frais, léger, pas prise de tête, qui se boit comme du jus de raisin, avec avouons le, ce brin d’ivresse en plus.

Il ne restait plus qu’à trouver la bouteille. Facile me direz-vous, surtout quand on a choisi le thème. Et bien non, détrompez vous. Parce que le problème avec ce genre de vin, c’est qu’une bouteille en appelle une autre, puis une autre, puis une autre,... Et à moins d’avoir été très prévoyants, très organisés, on est vite à court de munitions. Surtout en début de saison. Je vous rassure, depuis, j’ai fait le plein!

C’est donc en flânant dans une cave à la recherche de mon vin de copains pour ce Vendredi du Vin # 26 que je me suis retrouvée face à une jolie bouteille toute de rose vêtue me faisant un gros clin d’oeil: Les copines aussi... Une bouteille qui ne provenait pas de la région que j’avais en tête au départ (le Beaujolais!). Non, celle là venait de la Loire (et oui, encore!), mais, mais... un 100% gamay! Ah, le gamay noir à jus blanc, LE cépage du Beaujolais d’ailleurs, le cépage des vins de soif, des vins frais, des vins de plaisir, des vins que l’on boirait au goulot tellement c’est bon... Oui, j’adore le gamay! Une bouteille pour les copines, à base de gamay, c’était presque trop beau pour être vrai! Je me suis même demandée s’il n’y allait pas y avoir un piège. Ce vin, au packaging si chouette (c'est le cas de le dire), allait-il être bon? Alors je l'ai ouverte prudemment, tout doucement, le coeur battant la chamade (ça faisait un moment que j'avais envie de gamay, et en plus, je suis un peu idée fixe...). Couleur? Légère (tout à fait normal avec le gamay), rouge framboise. Nez? Ahhhh... Je recommençais à respirer. Ce nez! J'adore, mais vraiment j'adore! Comment décrire ce nez de gamay plein de fruits, plein de gourmandise, plein de je ne sais quoi que j'aime. C'est ma petite madeleine de Proust à moi ce nez. Donc, un bouquet de fruits rouges et noirs (griotte, cassis, mûre, myrtille,...), relevé d'une petite touche minérale. La bouche est très fraîche, avec une belle acidité, et une bonne longueur. C'est un vin tendu, droit, élégant, et à la fois gouleyant. Un vin qui assume son habillage décontracté avec beaucoup d'allure et de classe. Du sans faute. Bravo.

Bravo qui au fait? Bravo Christine et Joël Ménard, du Domaine des Sablonnettes. Oui, derrière cette bouteille, un domaine, Les Sablonnettes, implanté dans l'aire d'appellation Coteaux du Layon, à Rablay-sur-Layon plus précisément. Et puis un couple, un couple de vignerons consciencieux, attachés à leur terroir, et dynamiques. Consciencieux car dès la reprise de la propriété familiale en 82, ils cherchent à donner à leurs vins l'expression du terroir dont ils disposent, en le protégeant. Engagés ils le sont eux aussi: très tôt ils se sont lancés dans la culture biologique. "Ce vin Authentique et Naturel, ni chaptalisé, ni levuré, est le reflet véritable du Millésime et du Terroir où il est né...", indique l'étiquette des Copines Aussi. Dynamiques car ils ont su et savent encore s'adapter, évoluer. En diversifiant leur production par exemple: alors que la propriété ne produisait que des moelleux et liquoreux, des vins difficiles à vendre, le couple commence à produire des vins rouges à partir de 90, ainsi que des blancs secs. Dynamiques également, avec des étiquettes innovantes, qui décomplexent le vin, le rendent convivial, des étiquettes drôles même parfois, un brin provocatrices, joyeuses en tout cas (le vilain canard par exemple). Tout ceci avec des vins vraiment sérieux, vraiment bons. Christine et Joël Ménard sont ainsi devenus des références dans l'appellation. Enfin, dans la région on va dire, car comme Mark Angeli, la plupart de leurs vins sont désormais vendus en Vin de Table.


Dans le même esprit, j'aurais pu choisir Les Copains d'abord (grolleau, cabernet) ou Un Brin de Causette (cabernet). Je crois que je vais les goûter incessamment sous peu d'ailleurs. Mais là, c'est le gamay qui m'a fait craquer.

Attention, ne m'en voulez pas, mais je vais devoir lancer une série de clins d'oeil. Ca c'est l'effet copains/copines, qui engendre inévitablement des private jokes. Pour l'accord mets et vin, avec le gamay, on ne se prend pas la tête (d'ailleurs, dans l'idée, on ne se prend jamais la tête avec les vins de copains). Donc, si c'est une soirée entre copines (parce que Les Copines Aussi...), salades et cie (premier clin d'oeil), ça marche sans problème (même "juste une salade verte", deuxième clin d'oeil). Bon, et puis, on écoute de la musique non? Alors là... génération désenchantée oblige, une chanson s'impose pour soirée déjantée, souvenirs, souvenirs!


Allez, et puis comme le gamay, c'est quand même pas que pour les copines, j'accepte les copains avec leurs grillades, et du coup, on écoutera ça, parce que moi franchement, ça me donne la pêche!




Ben quoi? Et voilà, ça part en live, vive le vin, vive les copains, les copines aussi, et vive les vendredis, surtout les vendredis du vin!


Les Copines Aussi, Gamay Vendanges 2008, Les Sablonnettes, Vin de table de France, 7.50€, www.sablonnettes.com

vendredi 21 mai 2010

(H)asta siempre... Che Vogüé!


Si les Chambolle-Musigny sont bien de la dentelle, le Grand Cru Musigny (Mmmm... Musigny!) est quant à lui un vin à part. Car si, comme le décrit si bien Jacques M. en commentaire, Chambolle est une femme, Musigny est pour moi un homme. Je pense en particulier au Musigny Vieilles Vignes 99 du Domaine Comte Georges de Vogüé, déjà évoqué ici. Bien qu'il n'en manque pas, l'élégance n'est pas la première caractéristique qui me vient à l'esprit. C'est davantage la puissance de ce vin qui m'a marquée. Ce vin, d'une structure incroyable, d'une matière prodigieuse, a une bouche veloutée et croquante, à la fois soyeuse et puissante, d'une longueur exquise. Un vin qui interpelle, qui émeut, qui intrigue, qui en dit ni trop ni pas assez, qui demande à y revenir, qui séduit, charme, envoûte, rend fou amoureux. Ca c'est du très grand vin. Une espèce de bombe... Asta, oui vraiment, "à s'taper le cul par terre".
Il faut dire que le Domaine Comte Georges de Vogüé est une référence dans la région. L'origine du domaine actuel remonte à 1450, lorsque Jean Moisson, ancêtre du Comte Georges de Vogüé fit construire une chapelle. Grâce à la protection du Cardinal Rolin, fils de Nicolas Rolin (lui-même fondateur des Hospices de Beaune, et dont j'ai déjà parlé ici), cette chapelle devint d'ailleurs la première église paroissiale de Chambolle. Et qui dit église, dit vignes... Les vignes du domaine se sont ainsi transmises de génération en générations. Le Comte Georges de Vogüé a hérité du domaine à la mort de son père Arthur, en 1925. En 1987, c'est sa fille unique Elisabeth, Baronne Bertrand de Ladoucette, représentant la 20ème génération, qui devient gérante du domaine. Pour la gestion de ce beau domaine, elle a su s'entourer d'une équipe performante:
  • Eric Bourgogne est le responsable des vignes
  • François Millet, le chef de cave
  • Jean-Luc Pépin le responsable commercial.
Aussi bien Eric Bourgogne à la vigne que François Millet à la cave cherchent ensemble à extraire le caractère du terroir sur lequel les vignes reposent. J'ai bien aimé cette image décrite par Jean-Luc Pépin et retranscrite par The Wine Anorak ici: "Eric photographie le vin dans les vignes, et François développe la photo dans la cave".
Le domaine représente aujourd'hui environ 12,5 hectares sur la commune de Chambolle-Musigny, dont:
  • 7,2 ha en Grand Cru Musigny
  • 2,7 ha en Grand Cru Bonnes-Mares
  • 0,9 ha en Chambolle Musigny Premier Cru (Les Amoureuses, Les Baudes et Les Fuées)
  • 1,8 ha en Chambolle-Musigny
Comme dit Anne-Marie Gravelier, "les gens ici (sous entendu les bordelais, si si!) quand ils sont pétés dingues de Bourgogne, ils sont vraiment pétés dingues" (J'adore!). Bon, et bien je crois que je suis pétée dingue de Bourgogne!
Domaine Comte Georges de Vogüé, Chambolle-Musigny, Côte d'Or

mercredi 19 mai 2010

Piano, dentelle et pinot noir

Plus ça va, plus j'aime la Bourgogne. Et même si c'est grâce à un grand blanc de Bourgogne que j'ai commencé à aimer le vin blanc (et non, toutes les femmes ne préfèrent pas le vin blanc au vin rouge...), aujourd'hui j'ai vraiment un faible pour les rouges de cette région. Parce qu'un Bourgogne rouge, quand c'est grand, c'est vraiment grand...
Je ne sais pas où vous êtes vous, mais là tout de suite maintenant, je suis à Chambolle. Enfin Chambolle-Musigny. Ne pas oublier Musigny... Mmmusigny même. Ca c'est immense. Surtout celui du Comte Georges de Vogüé, un vin grandiose. J'ai une amie qui disait parfois d'un vin qu'il était "asta": "à s'taper le cul par terre" (j'adore!). Bon, et bien le Musigny (Mmmm... Musigny!) Vieilles Vignes Du Domaine Comte Georges de Vogüé, c'est asta! Mais ça y est, je dérive (ça c'est l'effet pinot noir), et l'on va bientôt me reprocher de parler chinois. Et ça, c'est justement ce que je ne veux pas. Donc, simplifions!
La commune de Chambolle-Musigny se trouve au coeur de la Côte de Nuits, entre Vougeot et Morey-St-Denis. Sur ce village, deux grands crus, dont un dont je viens de parler: Musigny, et Bonnes-Mares. Tout simplement magnifiques. Se trouvent également sur le vignoble de Chambolle 24 premiers crus (Les Amoureuses, Les Charmes, Les Baudes, Les Sentiers, ...). Superbes. Et "rien" qu' un Chambolle-Musigny Village (par exemple celui de... Roumier? Hmmm...) peut vous faire rêver. Parce que Chambolle, c'est magique. Un grand Chambolle, village, premier cru ou grand cru, vous emporte ailleurs, vous fait voyager, vous fait rêver. Vous le goûtez, le re-goûtez, vous ne cessez d'y revenir, parce que c'est bon, gouleyant, soyeux, subtil, c'est raffiné, élégant... Ah, l'élégance de Chambolle! Ce n'est pas pour rien que l'on dit des vins de Chambolle qu'ils sont de la dentelle. Oui, Chambolle, c'est la dentelle de Bourgogne, l'élégance du pinot noir, sa classe immense, et peut-être bien inégalable (...).
Qu'est ce qui confère ainsi cette finesse aux vins de Chambolle? Sans doute une proportion très importante de calcaire dans le sol. De nombreuses fissures également, des lignes de faille du Nord au Sud qui permettent ainsi un excellent drainage. Les grands crus de Chambolle, Musigny et Bonnes Mares sont quant à eux des vins plus puissants, plus charpentés, mais tout aussi élégants au vieillissement. Cette fois c'est la marne qui apporte ce caractère, et dans le cas de Musigny, une pente très raide.
Une fois que l'on sait tout ça, on n'a plus qu'à goûter, non? Non, malheureusement pas si simple. D'abord parce que, pour chaque appellation, le facteur humain est à prendre en compte. Or, le vignoble de Bourgogne est très morcelé. Sur un même climat, on peut donc avoir des qualités très variables d'un viticulteur à un autre. De plus, ce morcellement, ainsi que la petite taille des propriétés, rend les bouteilles difficilement accessibles.
Roumier, Mugnier, Groffier, Vogüé, Dujac sont des références dans la région de Chambolle. Je garde un excellent souvenir d'un Chambolle-Musigny Village du Domaine Georges Roumier, trouvé (par chance!) du côté d'Aix-en-Provence (ici). D'une très belle finesse, et d'une grande élégance. Goûté plus récemment, j'ai beaucoup aimé le Chambolle-Musigny 1er Cru Les Baudes de Sérafin Père et Fils. Une propriété plus confidentielle, à l'image de son discret propriétaire Christian Sérafin, mais aussi du fait de sa petite taille (5,5 ha), qui rendent les bouteilles plus rares (d'autant plus que 80% de ses vins sont vendus à l'export. D'ailleurs, cette bouteille avait été achetée en Angleterre, pour l'anecdote). Un vin un peu plus masculin, plus robuste, mais toujours élégant. Marqué par les fruits rouges, les épices, mais également la truffe, les sous-bois. Un joli vin, vraiment. J'ai également beaucoup apprécié le Chambolle-Musigny Les Clos de l'Orme 2002 de Sylvain Cathiard, où l'on retrouve encore une fois cette finesse, cette élégance, et puis cette buvabilité qu'ont les vins de Bourgogne.
Tiens, et pour rester un peu plus longtemps à Chambolle, on écoutera une musique tout aussi fine et élégante que les vins de ce village: Les variations Goldberg de Bach, par Glenn Gould (l'enregistrement de 1981 si possible, plus délicat, et les vins de Chambolle le valent bien): Que du bonheur! A la vôtre!


mercredi 12 mai 2010

Balade en Anjou avec Les Fouchardes 2003 de Mark Angeli

Et hop, encore une bouteille retrouvée dans la cave: un Anjou blanc Les Fouchardes 2003 de la ferme de la Sansonnière. Bouteille arrivée tout droit d'Aix-en-Provence, lieu de pèlerinage annuel pour contempler, voire arpenter la Sainte-Victoire. Et qui dit Aix-en-Provence dit passage obligé à la Cave du Félibrige: super cavistes, super sélection, super conseils. Super cave en fait, je vous recommande!
Retour dans la Loire donc, en Anjou cette fois, paradis du chenin blanc, également appelé localement pineau de la Loire. Plus précisément nous sommes là au Sud d'Angers, juste sous la Loire, dans cette charmante région vallonnée connue (et reconnue) pour ses vins doux (moelleux et liquoreux): les Coteaux de l'Aubance (autour de l'Aubance), ainsi que les Coteaux du layon (autour du Layon). Ce sont les deux appellations de liquoreux les plus étendues. Mais, toujours sur les rives du Layon, deux appellations ont encore été distinguées, pour leur conditions très particulières et le potentiel qu'elles ont à produire de très grands liquoreux: Quarts-de-Chaume(50 ha), et Bonnezeaux (100 ha). J'adore ce nom, si doux, glissant: Bonnezeaux... Et bien c'est au coeur de cette dernière appellation, sur ce terroir de schistes gréseux, sur la commune de Thouarcé, que se trouve la ferme de la Sansonnière de Mark Angeli.
J'ai bien dit "la ferme", pas le château ou le domaine, non: la ferme. Et qui dit ferme, dit paysan. Un "paysan polisson" même, puisque c'est ainsi que Mark Angeli aime se définir. Il faut dire que l'homme ne manque pas de personnalité. Mark Angeli est un original, un passionné proche de la nature, un pur et dur, un fou pour certains, un peu extrême pour d'autres, un engagé infatigable en tout cas, que rien n'arrête. Car pour lui être paysan, c'est s'engager. "Ce qui est intéressant surtout, c'est de savoir pourquoi on est là. On n'est pas là pour boire manger, regarder la télé et dormir, il y a peut-être d'autres choses à faire quand on est sur terre, notamment, et surtout à l'époque où on est, essayer de redresser le cours des choses en ce qui concerne la qualité des produits alimentaires".
Venu de Provence, absolument pas du métier, il se passionnait pour les vins liquoreux. Après avoir acquis un peu d'expérience en Sauternes, à La Tour Blanche et Suduiraut, il s'installe en 1990 à Thouarcé. Cet amoureux des liquoreux avait donc alors pour objectif de produire les meilleurs Bonnezeaux imaginables. Pour cela, il essaie différentes choses, en changeant un peu les donnes de l'appellation, comme la densité de plantation qu'il augmente, allant même jusqu'à atteindre 40 000 pieds par hectare (!), alors que la moyenne se situe entre 3000 et 5000 pieds. Très proche de la nature, il devient très tôt un adepte de la Biodynamie, comme son ami Nicolas Joly de La Coulée de Serrant. Il se dit "paysan solidaire", c'est à dire qu'il "accompagne" la nature, la soutient, afin que les vins expriment leur terroir le plus possible. Ce désir de refléter ainsi son terroir le pousse finalement à délaisser les liquoreux pour des blancs secs en appellation générique Anjou.
Aujourd'hui, Mark Angeli "accompagne" 12 hectares, dont 8 hectares sont consacrés à la vigne. Le reste? Des pommiers, des oliviers, des tournesols, du blé et autres céréales qui serviront à nourrir les animaux de la ferme: quelques bovins (dont deux Pie Noir bretonnes, "têtues comme des bretonnes", paraît-il...) qui en plus de fournir lait et viande permettront d'amender le sol si nécessaire, des poules, des abeilles, des chevaux pour labourer les vignes,... On comprend mieux le nom du domaine, plutôt inhabituel sur une étiquette de vin: La ferme de la Sansonnière. Car pas de doute, il s'agit bien ici d'une ferme, que l'on pourrait même qualifier de ferme en polyculture-élevage. Mark Angeli a pour ambition d'augmenter son troupeau de bovins pour produire davantage de lait, et faire un jour son fromage. Mais avec tout cela, on s'éloigne un peu de notre thème, alors revenons au vin. Tiens d'ailleurs, rouge, blanc, bulles? Les 3 (!): Rouge (les Gelinettes), blanc sec (La Lune et Les Fouchardes), blanc moelleux (Coteau du Houet), rosé (rosé d'un jour), crémant... La gamme est complète!
Les vignes sont donc conduites, comme le reste de la propriété, en biodynamie. La ferme de la Sansonnière est certifiée Demeter, et membre de l'association Renaissance des appellations. Les vignes ne sont pas palissées, les sols sont travaillés par des chevaux. La récolte se fait manuellement, avec plusieurs tries. Les blancs sont pressés directement, dans un pressoir vertical, et vinifiés en barriques. Ils ne sont ni sulfités, ni chaptalisés, ni levurés. Avec une philosophie d'interventionnisme minimum, les fermentations peuvent durer de 1 an à 2 ans. Une fois la fermentation alcoolique terminée, les barriques sont bien refermées afin de conserver le gaz carbonique qui s'est dégagé durant la fermentation. Le vin reste en fûts 6 mois supplémentaires, ceci permettant de laisser les particules en suspension se déposer naturellement. Une des spécificités des blancs secs de Mark Angeli est également que souvent, une deuxième fermentation, la fermentation malo-lactique a lieu. Ses blancs seront mis en bouteilles au terme de cet élevage, sans collage, ni filtration. L'apport de Soufre étant de plus en plus infime au fil des années, je crois qu'aujourd'hui il n'y en a plus du tout, c'est pourquoi Mark Angeli recommande de conserver ses bouteilles au froid. A noter aussi que, depuis 2006, Mark Angeli ne présente plus ses vins aux dégustations d'agrément: ils sont donc vendus en vin de table.
Bon, finalement, pourquoi je vous raconte tout ça? D'abord parce que j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir Mark Angeli. Ensuite, et chronologiquement c'était la première raison, parce que son vin m'a emballée. Sa cuvée Les Fouchardes 2003 était un pur bonheur. Avec sa belle robe ocre aux reflets bruns, le vin était tout d'abord assez fermé, peut-être un peu austère, mais mystérieux, avec un nez qui donne envie d'y revenir, encore et encore, qui interpelle. Puis au fur et à mesure il s'est ouvert, sur des notes de cire, de miel, mais aussi beaucoup de fruits (coing), et de fleurs blanches. La bouche est tendue, fraîche, mais à la fois ample, pleine, ronde, gourmande même avec une petite sucrosité. C'est un vin complexe, et j'aime parfois cette complexité, cette subtilité du vin, ce côté mystérieux, fascinant. Le genre de vin qui vous fait tomber amoureux du chenin. D'ailleurs c'est bien le cas!
Allez, on termine sur une petite citation de Mark Angeli? "La convivialité extrême, c'est quand vous arrivez à trouver le vin qui correspond à la personne que vous recevez. Il faut vraiment bien connaître les gens pour arriver à ça". Il faut aussi bien connaître les vins... Quand je vous dis qu'on n'a pas fini de déguster!
La ferme de la Sansonnière, Les Fouchardes 2003, Mark Angeli (Paysan à Thouarcé), Anjou

mercredi 5 mai 2010

Vendredis du Vin # 26: le thème!


Il paraît que c'est moi la présidente des Vendredis du Vin # 26, puisque Mathieu Turbide (Méchant raisin), président des Vendredis du Vin # 25 m'a gentiment désignée volontaire! Une 25ème édition bien réussie d'ailleurs, avec un grand nombre de participants et de belles découvertes. Vous trouverez la synthèse du président ici: sacré travail, soit dit en passant!
"Mes bras meurtris te tendent le flambeau, à toi toujours de le porter bien haut"... C'est vous dire si j'ai la pression! Devenue présidente d'un mois, j'ai donc l'honneur de définir le thème de ce Vendredis du Vin # 26, qui tombera le (vendredi!) 28 mai. Bon, autant quand il fait beau j'pète la forme, quand je bois des rieslings allemands j'pète les oeufs, autant là, à part des crêpes et du cidre, voire de la gnôle pour se réchauffer, je ne suis pas très inspirée... Enfin je n'étais pas très inspirée, mais merci les Vendredis du Vin, j'ai trouvé et ça m'a même redonné le sourire et un peu d'élan.
Alors, "va-t-on boire du rouge, du blanc, ou des bulles pour ce VDV 26?" se demandait Olif... Et bien c'est vous qui allez nous le dire, puisque le thème des Vendredis du Vin # 26 sera: "Les vins de copains!" (oui, avec le point d'exclamation, c'est comme "j'pète les oeufs", ça met de bonne humeur)
Mais au fait, c'est quoi un "vin de copains"? Le vin de copains, c'est le vin de soif, le vin gouleyant, le vin de plaisir, de partage, le vin convivial qu'on ouvre comme ça hop, à l'improviste, le vin qui convient aux initiés comme aux non-initiés, le vin qu'on boirait presque au goulot, le vin qui nous fait regretter, une fois la bouteille terminée, qu'il n'ait pas été en magnum,... A ne pas confondre avec le vin fait par les copains, ça c'est autre chose encore. Reste à savoir quel est VOTRE vin de copains... Réponse vendredi 28 mai, j'ai hâte!
D'ici là, je vous souhaite de belles dégustations... entre copains!

En parlant de copains, en voilà un qui est apparu pendant que j'écrivais ces quelques lignes...