jeudi 21 juillet 2011

En rébellion... Vite, direction la Part des Anges!

En rébellion. Oui, en rébellion. En rébellion contre les commerçants qui ne devraient pas en être. Ceux qui feraient mieux de rester dans leur bureau (voire placard...) plutôt que de déballer leurs théories sur les touristes, ou leurs pseudo-analyses des gens, à la limite du fascisme. En rébellion contre les cons, donc, on peut le dire.
Oh, comme j'étais en colère en sortant de ce beau magasin d'ameublement de Pont-Aven. "L'idée d'un éclectisme culturel", lit-on, sur le site du magasin. Eclectisme culturel, oui peut-être, mais pas ouvert à tous... En voilà une drôle d'idée...
Pont-Aven, c'est cette jolie bourgade du finistère sud, où Gauguin, tombé sous le charme de la ville, fonda l'école de Pont-Aven. Mouvement dans lequel il entraîna de nombreux impressionnistes, à l'exception de Van Gogh, mais ça, c'est une autre histoire... Alors depuis, Pont-Aven, c'est la ville des galeries de peinture. On trouve autant de galeries que de vendeurs de babouches dans le souk de Marrakech, c'est vous dire. Bon, c'est aussi la ville des galettes: les Traou Mad, ou galettes... de Pont-Aven, un délice! Bref, Pont-Aven est devenu un peu une ville musée, et comme beaucoup de villes musées on a tendance à y aller les jours de mauvais temps (ça arrive, parfois, même en Bretagne... :) ). Alors forcément, les jours de mauvais temps, à Pont-Aven, il y a foule!
Hormis ces nombreuses galeries, et la biscuiterie Traou Mad, il y a à Pont Aven un beau magasin d'ameublement. Enfin il y avait. Bon non, il y a toujours, mais maintenant, c'est décidé, je n'y mettrai plus les pieds. Parce qu'entendre le discours du propriétaire des lieux ( qui fait aujourd'hui surtout office de vigile, posté à l'entrée, dévisageant chaque nouvel arrivant en se demandant si oui ou non le tiroir caisse est susceptible de faire gling) décrire son analyse des gens autour, pour expliquer pourquoi seul le bas du magasin est désormais ouvert aux visites, et que pour le reste il faut montrer patte blanche. Et de nous expliquer que depuis qu'il applique sa "méthode" son chiffre d'affaires n'a pas baissé. Et de faire ses commentaires sur les gens avec des sacs à dos, les femmes qui entre elles n'achètent jamais rien, qui oublient de mettre leur parapluie dans le porte parapluie etc. Quand je pense que j'ai vu ce magasin évoluer, grandir, à mesure que moi aussi je grandissais. Petite, j'y achetais de petits objets, quand ce n'était encore qu'un tout petit magasin qui vendait des cadeaux (des gommes, des bibelots, des savons, etc). Plus grande, j'y achetais des meubles (rien que ça) bien que, de toute évidence, je n'aie pas la tête de la cliente type. Ah, comme ce genre d'attitude me désole... Ne jamais oublier d'où l'on vient...
... Mais savoir aussi où l'on va! Alors, forts de cette dernière résolution, nous, petits "touristes" en Jean baskets, nous en sommes allés silencieusement. L'un pensif, limite amusé par la bêtise humaine. L'autre excédée. Mais silencieusement quand même. Direction cette petite cave toute mignonne qui se trouve un peu plus loin, et que nous avions repérée à Noël déjà, La Part des Anges. Charles, avec son accent british comme on aime, nous avait accueillis la bouille en large. Sophie n'était pas là. Cette fois, si, et nous avons pu avoir la confirmation de ce que Charles nous avait dit de l'ancienne journaliste, regrettant son absence le jour de notre première visite : une caviste vivante et passionnée, enthousiaste, amoureuse du vin, respectueuse des hommes. Une femme pleine de charme en plus. Un couple super. Ouf! On en oublie les vieux schnocks. Que la vie peut paraitre plus belle avec des gens comme ça!
Une bien jolie sélection dans cette cave où il fait bon vivre. Des vins racontés avec énergie et passion (tout donne envie!), patience aussi, dans une boutique chaleureuse à l'ambiance cosy (sans doute ces jolies étagères en bois), un accueil tip top. De vrais commerçants, qui aiment les gens, qui s'intéressent aux autres, qui aiment leur métier aussi. Ca fait vraiment plaisir.
En rébellion, c'était le nom d'un vin, un 100% pinot noir fait dans le Languedoc par Bernard Alias. D'après Sophie c'est très chouette, c'était tentant comme ça, mais on aime tellement le pinot noir en Bourgogne... Bon, on goûtera le prochaine, fois, car le nom m'a beaucoup plu, vous l'aurez peut être remarqué! :) En attendant, on a craqué sur d'autres bouteilles. De toute façon, on y retournera, c'est certain.
A la Part des Anges, on voyage de bouteilles en bouteilles, en contemplant la sélection, en discutant avec Charles ou Sophie. De temps en temps, quelques inscriptions sur les bouteilles, quelques mots, qui parlent. On y resterait des heures dans cette cave. Ca tombe bien... il pleut! Yec'hed mat!
La part des Anges, 10 rue des Abbés Tanguy, 29 930 Pont Aven.

vendredi 1 juillet 2011

Les Chamois du Paradis. Sans chamois, mais au paradis.

Vous êtes dans le fin fond de la campagne, dans un endroit paumé, à l'abri du monde, assez loin de la civilisation, on peut le dire.
Il est 20 heures passées, et il fait encore 30°C à l'ombre. Vous fondez derrière les derniers rayons de soleil. Brûlants.
Vous contemplez ce vieux chêne pluricentenaire que vous aimez tant, et le magnifique paysage qui s'ouvre à vos yeux. Nature, sauvage, vrai, authentique. Vert. Un peu jaune à certains endroits. Un paysage du mois d'août, mais nous sommes en juin (ne soyez pas étonnés, j'écris toujours en décalage).
Vous entendez les oiseaux (j'aime), parfois les guêpes ou les mouches (j'aime pas), et puis encore les oiseaux, et même les grillons (j'adore). Et si vous tendez bien l'oreille, vous entendez (à peine) le doux murmure d'un souffle d'air discret dans les arbres. Oh, zut, un avion qui passe, à croire qu'on n'est pas seuls au monde finalement.
Vous grignotez du melon, du jambon (espagnol!), du chorizo. Et puis un vieux Comté aussi.
Parce que vous savourez un Côtes du Jura, Les Chamois du Paradis, de Jean-François Ganevat, 2004. De délicates notes de citron, de tilleul, de noisettes. Une toute fine touche de curry, quand même, mais très très fine, sans masquer le reste. Une bouche très fraîche, citronnée, pure, droite. Une belle minéralité, au nez comme en bouche. Une très belle structure, élancée, ciselée. Un délice.
Vous pensez à votre ami Christian, si attentionné, qui vous a offert cette bouteille. Merci Christian. "Les Chamois du Paradis", et si c'était un peu ça, le paradis?
Vous savez que demain, il fera encore plus chaud, et que ça risque même d'être intenable.
Mais là, comme ça, tout de suite maintenant, vous souriez, et vous vous dites que la vie est belle.
Santé!
Le Domaine Ganevat, dont j'ai déjà eu l'occasion de parler ici, se situe à Rotalier, dans le Jura. Jean-François Ganevat s'y est installé en 1998, et y cultive ses 8,5 hectares en biodynamie. Les Chamois du Paradis est une cuvée produite en 2004, de Chardonnay sur un terroir de schistes et d'argiles, sur la commune de Grusse. Cette cuvée, vinifiée traditionnellement, a été élevée 5 ans en demi-muid, avec ouillages réguliers. Un joli texte sur ce domaine ici, et sur ce vin (par Christian himself). Et maintenant, à vous de goûter!