mercredi 31 août 2011

Tu seras mon fils... mouais c'est ça ouais!

Hop-là, hop-là, un mois de vacances, ça ne se fait pas? Et ben si, je l'ai fait. Avec une bonne déconnexion en prime, vous ne m'en voudrez pas?
Alors voilà, les vacances sont terminées, on s'est bien reposés, ressourcés, on est complètement reboostés, youpi c'est la rentrée! Ah tiens, et si on allait au ciné...
Tu seras mon fils... Tu seras mon fils, un film de Gilles Legrand, sorti il y a tout juste une semaine. Deux acteurs principaux, Niels Arestrup et Lorànt Deutsch. Un sujet: la transmission d'une propriété viticole d'un père à son fils. Ca se passe à Saint-Emilion, à Clos Fourtet précisément. On se dit joli décor, forcément (superbe vignoble, propriété absolument charmante), un film sur le vin (tout de même!), mais un sujet qu'instinctivement, entre nous, je sentais un peu bateau. Mais voilà, sans les avoir lues dans le détail, les critiques sont très bonnes. Alors pourquoi pas? Et puis zut, ça se passe quand même dans le vignoble bordelais, si ça se trouve c'est super chouette pour Bordeaux! (euh... oui mais non)
Je suis donc allée voir ce film, à reculons certes, mais vous le savez quand on va voir un film à reculons, il arrive souvent que l'on soit agréablement surpris. Et bien, comment dire... Oui mais non! Aucune agréable surprise donc, bien au contraire. De jolis paysages (à Saint-Emilion, ça aurait quand même été un comble de ne pas avoir de belles images), un jeu d'acteurs plutôt correct (je ne suis pas non plus complètement emballée, mais j'ai tendance à me dire que ce n'est pas tellement de leur faute...), et donc, ceci expliquant cela, un scénario... calamiteux. Franchement nul, sans intérêt, exagéré, hyper exagéré même, lourd. Très lourd. Pesant même. Pénible. Au fur et à mesure que le film avance, on s'ennuie terriblement, et on se demande comment il va pouvoir s'en sortir avec une fin correcte. Ben... il ne s'en sort pas en fait. C'est nul jusqu'au bout.
Et le vin dans tout ça? Un milieu bordelais présenté comme arriéré, une caricature d'il y a cinquante ans peut être. Ca mettra bien de l'eau dans le moulin des détracteurs de la région. Dommage pour tous ces jeunes bordelais qui se donnent bien du mal pour montrer que Bordeaux, c'est fun aussi, et qu'il faut un peu arrêter les idées reçues. Certaines pratiques débilissimes (comme ça on pourra bien imaginer qu'on peut mettre n'importe quoi dans le vin, au cas où ce n'était pas déjà assez confus dans la tête des gens). Et enfin, le pompon, une approche de la dégustation qui est tout ce que je déteste. Moi qui cherche (tant bien que mal) à décomplexer le vin, à le rendre plus accessible, à le rapprocher de l'homme aussi, on comprend à travers ce film que la dégustation est un art réservé aux initiés, aux professionnels, qu'il faut avoir un bon nez et beaucoup d'entraînement pour apprécier le vin. On décrypte les arômes (et c'est tout d'ailleurs) un peu à la façon des gouttes de Dieu. Sauf que les gouttes de Dieu, ça donne soif. Là non. Pas du tout.
Enfin si, en sortant on a quand même envie de boire un petit verre pour noyer tout ça. Hop, un bon petit rosé de Provence, piou ça fait du bien.
Tu seras mon fils n'est pas un film sur la transmission père-fils. C'est un "téléfilm" sur fond de haine dans un cadre doré. Et c'est moche.
Surtout ne gardez pas cette image du vin. Il y en a tellement de plus belles à côté. Et moi j'ai encore plein d'histoires à vous raconter. Ca tombe bien, c'est la rentrée!